ET SI C’ÉTAIT TON HISTOIRE? (2ème Partie)

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UNE JOIE AMÈRE…

Contre toute attente, un homme du nom de Sylla entendit les pleurs de l’enfant et s’approcha. Il lui demanda d’où il venait. L’enfant lui donna toutes ses coordonnées et, il s’avéra que l’homme était un collègue de travail de son père. Il le ramena à Sarala à moto. Abdoulaziz put passer l’examen final de CM2. Le jour de la proclamation des résultats, sa deuxième marâtre vint le réveiller. Elle lui dit qu’il ne devrait même pas se fatiguer pour aller prendre son résultat car ce serait un échec de toutes les façons.

Le petit garçon, tout triste, se mit à pleurer à chaudes larmes. Pour lui, c’était fini, son père allait le battre à mort. Il fugua pour trouver refuge dans un champ de manguiers où il passa trois jours et trois nuits en compagnie des animaux sauvages. Pourtant, le directeur de l’école le cherchait pour le récompenser car il était le 2ème de sa promotion, avec le même nombre de points que le premier. C’était la disposition alphabétique des noms et prénoms qui le classait 2ème. Le directeur parvint à informer le père d’Abdoulaziz, M. Soumaïla.

Heureux d’être le père d’un enfant studieux, le père informa ses deux épouses de la bonne nouvelle. L’une d’elles lui dit qu’il y avait forcément une erreur dans le résultat. Pour elle, Abdoulaziz n’avait pas la capacité requise pour être parmi les 5 premiers. Il leur demanda où se trouvait son fils. Personne ne voulait répondre. Il haussa le ton. C’est alors que la deuxième femme lui dit qu’il avait fui de la maison en compagnie d’un groupe de vagabonds. Elle ajouta que l’un des enfants avait dit qu’ils se rendaient à Mankono à pied.

ET SI C’ÉTAIT TON HISTOIRE? (1ère Partie)

Le père décida d’aller à la recherche de son fils aîné, son héritier. Impuissant face à la soif, et, affaibli par les piqûres de moustiques et d’autres insectes, l’enfant avait décidé, de son côté, d’aller affronter la colère de son père. Une fois à la maison, sale et puant, ses autres frères et sœurs le fuyaient. Il prit un bain froid. Son petit frère vint l’informer qu’il était admis à l’examen d’entrée en 6ème et que le directeur le cherchait pour le récompenser. Abdoulaziz resta sans voix, il n’en revenait pas. Il voulait à tout prix voir son père pour s’en rassurer. Son petit frère lui dit à voix basse que son père était allé à sa recherche à Mankono.

 «Quoi?», s’écria-t-il, «qui lui a dit que j’étais allé à Mankono?» Le petit frère répondit: «C’est tantie méchante-là hoo!» Abdoulazize éclata en sanglots, son frère le regardait tristement. Quelques instants après, il alla voir le directeur de son école qui lui expliqua tout. Ce dernier décida de l’accompagner à Mankono dans sa voiture, une Mercedes Benz ancien modèle. Sur le chemin, après 20 kilomètres, le directeur constata un accident dans le sens inverse. Il freina. Tous deux descendirent pour se renseigner. Un vent froid secoua sur tout le corps de l’enfant… La victime était son père; il reconnut sa moto, ainsi que son badge professionnel.

Abdoulaziz se jeta sur le corps ensanglanté de son père en pleurant de toutes ses forces. Il demandait à son père de se réveiller, mais en vain, le père était dans un coma profond. Les secours le transportèrent d’urgence à l’hôpital de Mankono. Il avait les deux jambes fracturées et trois côtes brisées. Après une semaine dans le coma aux soins intensifs, il revint à lui et demanda à voir son fils. Ses deux épouses étaient déjà présentes et attendaient avec impatience son réveil. Le médecin appela. Une fois au chevet de son père, il se mit à pleurer, le voyant cloué sur le lit et ne pouvant même pas bouger un membre. Le père avait fait une hémorragie interne, et, il devait subir une intervention chirurgicale dans l’immédiat. Ses jours étaient comptés…

Suite: ET SI C’ÉTAIT TON HISTOIRE? (3ème Partie et Fin)

Par KOUASSI Souleymane Kouamé

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