EST-CE UN CRIME QUE DE PRÉVENIR LES SIENS CONTRE LE MAL ?

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La question de la fraude est au centre des débats actuels à cause de l’ampleur que prend ce fléau pendant les examens scolaires à grands tirages. Chacun y va de son raisonnement, et on choisit les arguments et exemples pour les étayer.

En effet, lorsque nous nous appuyons sur l’actualité de notre pays, la fraude et ses différentes manifestations sont devenues la voie royale de réussite sociale, économique, financière, politique, scolaire, universitaire, professionnelle, religieuse, et j’en passe. Nous y sommes tous englués jusqu’au cou, sans espoir de rédemption de si tôt. L’entêtement avec lequel les candidats ont affronté les surveillants pendant le déroulement du Bac et du Bepc, montre que la fraude est en passe d’être revendiquée par nos enfants comme un droit à l’éducation. Beaucoup de surveillants ont manqué de peu de se faire lyncher par les candidats, pour avoir pris des candidats en possession de téléphones contenant le corrigé de l’épreuve du jour.

EXAMENS À GRANDS TIRAGES, TRICHERIE À GRANDS TRUCAGES

Voilà ce à quoi nous sommes exposés désormais. Tout semble indiquer que les enfants ont des soutiens solides en haut lieu, qui les protègent et couvrent leurs arrières. Aux alentours des centres d’examens, dans les maquis, dans les cités universitaires et autres lieux de concentration académique, les groupes se forment pour distiller sur WhatsApp les différents corrigés, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Ce n’est plus un fait caché.

Cependant, sommes-nous, nous enseignants, obligés de faire comme les autres, étant donné que toute la société semble s’y plaire ? Pourquoi serions-nous des gens à part dans une débâcle collective où chacun trouve son compte ? Ce sont là, quelques-unes des nombreuses interrogations qui secouent le milieu enseignant aujourd’hui.

Les positions sont diverses, parfois même opposées. Certains pensent que nous devons nous comporter comme la grande majorité jusqu’à ce que le chaos total nous rappelle tous, sans exception, à l’ordre. Pour cette raison, ils tirent à boulets rouges sur tous ceux qui veulent les raisonner et les ramener à une attitude plus responsable. Pour eux donc, il n’y a ni morale ni leçon qui tiennent. Malheureusement, quand ils sont pris, ils crient à l’injustice face aux peines qui leur sont infligées, pendant que d’autres fraudeurs se pavanent et paradent au su et au vu de tous ceux chargés de punir les manquements aux normes établies.

D’autres enseignants, par contre, estiment que nous pouvons encore nous maintenir en dehors de cette pagaille dans laquelle tout le monde ne bénéficie pas de la même protection devant la répression de notre justice. Le bon sens voudrait qu’on marche droit quand on n’a pas de protecteurs dans la haute sphère de la hiérarchie socio-politique. Nous connaissons le traitement réservé aux enseignants, sous le fallacieux prétexte qu’ils sont éducateurs ; comme si les autres adultes de la société sont exempts de toute tâche éducative et de toute responsabilité parentale.

Mais, face à cette situation de traitements inégaux, et en attendant de vivre dans une société plus consciente de ses responsabilités, de là-haut jusqu’en bas, une seule voie s’offre à nous : celle de la prudence et de l’abstinence. »Parfois la peur et la prudence ont le même symptôme. », disait un personnage de l’œuvre, Soundjata, l’épopée mandingue. Quand on n’a pas les moyens de sa politique, on est tenu de faire la politique de ses moyens.

Et ce message, chaque fois nous le véhiculons partout où besoin est, pour éviter de voir les enseignants brandis comme des trophées de guerre, pendant que les vrais fraudeurs se la coulent douce et nous narguent. Notre credo est qu’il faut éviter de se justifier plutôt que d’avoir à le faire. Oh, nous sommes loin d’être des saints. Seulement notre souci premier est de prévenir les nôtres contre toute situation qui plonge nos familles dans l’incertitude du lendemain.

« Quand on a pour totem le poisson, on ne pose pas son piège dans l’eau. », disent les anciens.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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