SILANG 2019 : ATTOUNGBLAN.NET RENCONTRE LE DR YAO N’GUETTA (2ème Partie)

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Attoungblan.net: Parlez-nous à présent de cet engagement pour la promotion de nos langues qui est finalement ce qui vous identifie le plus dans l’opinion. À quand remonte-t-il exactement?

Dr. Yao N’guetta: Comme je le dis souvent, dans ce que nous sommes actuellement par rapport aux pays qui dominent le monde, nous sommes un peu comme mal assis à côté de nous-mêmes… Nous passons toutes nos vies à travailler pour les autres, à produire pour les autres. Nous transpirons, nous saignons pour les autres. Je suis professeur d’espagnol. Nous passerons tout notre temps ici, si nous avons la chance, jusqu’à la retraite. C’est comme le cultivateur qui fait des buttes, et puis à un moment donné il se redresse, il a déposé 50, 100 buttes. Ah, j’ai bien travaillé ! Mais ce n’est pas dans son champ.

SILANG 2019: ATTOUNGBLAN.NET RENCONTRE LE DR YAO N’GUETTA (1ère Partie)

Allez sur internet actuellement, tapez « gouro », « agni », « bété » ; il n’y a pratiquement rien. Pendant ce temps, les autres ont quasiment tout fait. Il faut poser n’importe quelle question sur l’Espagne, sur l’Amérique, la France, il y aura toujours quelque chose qui a été déjà fait. Pendant ce temps, nous avec tous les étudiants que nous avons, nous n’investissons pas dans ce que nous sommes, dans ce qui est pour nous.

Moi je suis parti en France avec une idée forte de mon grand-père. J’ai eu la chance de porter son nom, c’est ma source d’inspiration. Au moment où je devais aller pour la France la première fois, il m’a appelé et m’a dit : « Mon homo, où que tu ailles n’oublie pas ta langue, n’oublie pas ton nom… »

Je suis comme l’escargot qui avance avec sa coquille sur le dos. Un escargot séparé de sa coquille, il est mort ; il doit marcher avec sa coquille. Je disais à mes étudiants que quand j’étais à l’université en France, en prenant les cours, je faisais toujours un encart à côté pour y consigner ce que les cours m’inspiraient par rapport à moi-même. Ce n’est pas une question de chercher des notes, non. Ça c’est un autre aspect. Mais la pensée, l’idée, la vérité qui vient d’être dite, comment je pouvais la reconvertir, en quoi cela pourrait m’inspirer quelque chose par rapport à moi.

J’ai donc commencé avec les moyens de bord. Je ne suis pas linguiste mais j’ai quelques valeurs de linguistique. Le peu que je sais me permet de faire des choses. Surtout que moi j’ai un fond, parce que je suis né au village. Mon grand-père n’a pas été à l’école, mon père non plus ; je suis né au village. Je suis sorti du village à 16 ans seulement. Quand je suis arrivé à M’bahiakro pour la première fois, il y avait des amis qui venaient de Bongouanou. On se retrouvait tous les samedis, dimanches et les jours de congé pour pratiquer la langue. Je n’ai pas perdu ma langue. Je suis allé en France avec la conscience de ce qui m’appartient et que ce que je cherchais là-bas c’était des outils pour mettre en valeur ce qui est à moi.

Suite: SILANG 2019 : ATTOUNGBLAN.NET RENCONTRE LE DR YAO N’GUETTA (3ème Partie)

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