ENVIRONNEMENT: LE « BROUTAGE » DE L’ADMINISTRATION FORESTIÈRE IVOIRIENNE

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Depuis 2014, les institutions internationales ont enfin fini  par faire comprendre aux Ivoiriens qu’ils n’ont plus de forêts. D’un couvert forestier de 16 millions d’hectares au début de l’année 1900, le pays ne dispose plus que de 03 millions d’hectares aujourd’hui. Les causes de cette déforestation ont été le plus souvent attribuées à l’agriculture extensive avec 33 % de taux et à l’exploitation forestière, 18 %. Le reste étant attribué à l’urbanisation galopante, au développement des infrastructures économiques, etc.

À première vue, cela semble vrai car les données relèvent d’études sérieuses.

Mais un regard plus perspicace montre un étrange « brouteur » qui n’est autre que l’administration forestière.

Chargée de protéger et de développer de nouveaux espaces forestiers, cette administration, par ses différentes structures techniques, a le plus souvent encouragé les pratiques de la déforestation illicite afin de tirer le maximum de profits personnels. Ainsi, elle a souvent fermé les yeux sur l’exploitation illicite du bois et protégé les opérateurs indélicats. Elle a cautionné l’entrée massive des populations dans les zones dites classées et en fait aujourd’hui un moyen de chantage.

L’exemple le plus récent de cet étrange « commerce » est celui de Mignoré, village situé dans la commune de Vavoua. En effet, après l’épisode de l’exploitation forestière chaotique par la société NSBF dans le village de Attanou, département de Bocanda en 2017 et surtout de l’exploitation clandestine de l’or qui a causé un chaos environnemental dans la région,  c’est au tour des paysans des forêts classées de Vavoua, précisément dans le village de Mignoré d’en faire les frais.

Au début du mois de mars 2018, apportant la nouvelle selon laquelle le gouvernement donne un mois aux occupants de ces forêts pour quitter leurs plantations, une délégation composée du Préfet, de responsables de la SODEFOR et d’agents des Eaux et Forêts de la localité a demandé à ces milliers de paysans réunis ce jour-là, de payer chacun la somme de 20 000 FCFA. Cette somme devrait leur permettre d’éviter une expulsion imminente. Ces paysans sans aucune défense ont exécuté et un deuxième mois supplémentaire leur a été gracieusement accordé ce même jour par ladite délégation.

Témoin de cette scène indigne, j’ai regardé impuissant cette administration « brouter » ses propres parents, ses propres frères, ses propres enfants sans le moindre remords.

J’ai compris à la fin que le « broutage » est devenu de plus en plus difficile en forêt, car de forêts il n’en existe plus en Côte d’Ivoire. Vivement que les organisations internationales nous viennent en aide comme d’habitude pour la reconstitution et la gestion de nos forêts, puisque là encore nous sommes apparemment incapables de nous montrer à la hauteur du défi.

                                                                                                     Par BOGNAH BLÉ

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