« ENSEIGNANTS COMPÉTENTS, PERFORMANTS ET ENGAGÉS, ASSURANCE D’UNE ÉCOLE DE QUALITÉ. »

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Voilà le thème de l’année scolaire 2019-2020. Selon Mme le ministre, le gouvernement veut replacer l’enseignant au centre de l’action éducative. Cela me surprend quelque peu, parce que l’enseignant n’en est jamais sorti. Ce sont eux qui, par contre, ignorent pour des raisons qui leur sont propres, la place de l’enseignant au sein du système éducatif. Si, par un regain de reconnaissance, ils réussissent à voir la place réelle de l’enseignant au sein de l’action éducative, nous ne pouvons que nous en réjouir, pourvu que cette reconnaissance soit accompagnée de mesures concrètes de réhabilitation du corps enseignant. Cela passe tout simplement par la vérité. Et la vérité est que l’enseignant n’a plus les moyens d’être compétent, performant ni engagé afin d’assurer une école de qualité.

Nous voyons partout la construction des écoles d’excellence, ou la transformation d’écoles déjà existantes en écoles d’excellence. Mais, depuis combien d’années ce pays n’a-t-il pas construit de nouvelles écoles de formation pour les formateurs? L’ENS (Ndlr : École Normale Supérieure) date du début de l’indépendance. Elle est à ce jour la seule école de formation des enseignants du secondaire. Et ils n’en sont pas les seuls pensionnaires. Ils la partagent avec d’autres acteurs du système éducatif. Or la qualité de la formation est strictement liée au nombre de personnes à former. Aujourd’hui, que ce soit pendant la formation théorique, ou la formation pratique sur le terrain, les étudiants sont en nombre excessif. Cela joue énormément sur la qualité de la formation reçue. Quand un professeur encadreur doit suivre plusieurs élèves-professeurs en des endroits différents, alors qu’il doit continuer à former ceux qui sont en formation théorique, il le fait mal, ou souvent, il ne le fait pas du tout. Nous en sommes témoins sur le terrain, particulièrement pendant ces dernières années.

POUR L’ÉCOLE IVOIRIENNE, IL FAUT PLUS AGIR QUE PRIER

Les CAFOP (Ndlr : Centre d’Animation et de Formation Pédagogique) ne sont pas non plus en adéquation avec la demande de formation. Je peux certainement me tromper. Mais, on n’en a pas construit depuis une vingtaine d’années. Alors que depuis vingt ans, la population scolaire a énormément augmenté. Voilà des réalités qui doivent être prises en compte, quand on veut des enseignants performants et compétents. Maintenant, si en plus de ces deux qualités, ces deux exigences sus-citées, l’on veut des enseignants engagés, il faut leur fournir les moyens de cet engagement qui doivent être déclinés en meilleures conditions de vie et de travail. Cela est loin d’être atteint.

En effet, l’effectif moyen dans les établissements secondaires est d’environ quatre-vingts élèves. Au Lycée 2 de Daloa nous en avions autour de cent en Sixième, l’année dernière. Quand on a plus de trois classes avec un tel effectif, l’enseignement, on a beau être engagé, est au rabais et le rythme d’évaluation n’est pas respecté. Et ce n’est pas le seul obstacle à la réalisation d’un enseignement de qualité. Aucun établissement secondaire ne dispose de matériel pédagogique et didactique suffisant pour assurer un enseignement de qualité. D’ailleurs, tous les laboratoires sont devenus des archives de produits et d’instruments d’expérimentation. C’est donc à juste titre que tous les tandems dans l’enseignement des sciences expérimentales ont été rompus.

De l’autre côté, quand vous vivez dans un environnement impropre à la préparation de l’action éducative, vous n’avez pas, malgré votre bonne volonté, les ressources pour être engagé. Et les propos de Mme le ministre concernant les revendications des enseignants, qu’elle place dans un simple registre d’humeurs, ne sont pas motivants pour amener l’enseignant à être engagé. Donc, pour nous résumer, nous dirons que l’enseignant a été toujours là où il doit être: au centre de l’action éducative. Ce sont les gouvernants qui l’ont volontairement ignoré. S’ils reconnaissent que l’enseignant est le moteur de l’action éducative, ils doivent créer l’environnement professionnel et social qui y sied.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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