ENFIN, J’AI TROUVÉ «GAGAMOU» POUR VOUS…

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Que ne ferait-on pas, que n’inventerait-on pas, quand on est parent, pour calmer un enfant trop agité. Lorsque toutes les recettes sucrées en la matière en viennent à montrer leur limite, on brandit alors l’arme fatale de la peur. Surtout la nuit qui, grâce à son obscurité naturelle, se prête bien au jeu : « Si tu continues de pleurer, je vais appeler Gagamou… »

Gagamou (ou Kakamou), c’est l’opposé de Papa Noël dans l’imaginaire populaire. Pendant que le vieillard à la barbe blanche vient une fois par an pour récompenser les enfants sages, le monstre sans visage, lui, est disponible tous les jours de l’année pour effrayer les vilains garnements.

En passant ce samedi matin devant l’INSAAC (Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle) à Cocody (Abidjan), j’ai vu cette sculpture géante qui m’a fait immédiatement penser à Gagamou. Parmi les nombreux Gagamou qui existent, il y en a forcément un qui ressemble à ça; j’en suis convaincu. Et ce ne serait même pas le plus laid.

En effet, la laideur est la caractéristique principale de Gagamou, c’est avec cette arme terrifiante qu’il parvient à calmer les tout petits. Mais sous cette apparence monstrueuse se cache un cœur fondant, plein d’amour. Car Gagamou est la traduction en mythe populaire ivoirien du fameux «qui aime bien châtie bien». Voici sans doute le point commun avec Papa Noël malgré le fossé qui sépare les deux personnages.

DES CHANSONNETTES POUR ÉDUQUER LES ENFANTS (1ère Partie)

Pourtant, cette face de Gagamou, seuls les parents et les plus grands la voient. Les enfants, eux, ne connaissent que le monstre mystérieux dont la simple évocation éveille en eux une peur d’autant parfois plus difficile à contenir qu’ils ne savent pas réellement ce qu’il leur fait ainsi peur. Alors, à ma fille de bientôt quatre ans qui adore les contes, j’ai récemment raconté cette histoire:

Une nuit, au clair de lune, Gagamou surprend une bande d’enfants chantant et jouant au tam-tam. L’ayant aperçu de loin, les enfants abandonnent tout et se dispersent dans une débandade poussiéreuse. Contre toute attente, Gagamou les appelle et les persuade de revenir car il ne leur veut aucun mal. Méfiants, les garnements reviennent un à un. Une fois à nouveau rassemblés autour de leurs instruments, il leur demande de jouer au tam-tam. Gagamou se met alors à danser comme jamais personne ne l’a fait sur la terre. Jusqu’à l’aube…

Gagamou qui danse avec les enfants? Depuis, ma fille redemande le conte comme si elle peinait à y croire. Peut-être se dit-elle dans le brouillard épais de l’innocence: «Non, Gagamou, le méchant Gagamou que je connais ne saurait être si sociable, si bon danseur, même dans un conte…». Si c’est vraiment le cas, eh bien tant mieux! Car Gagamou est aussi réel que le Père Noël; il cesse d’exister dès que les enfants cessent d’y croire.

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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