ÉCRIRE EN LANGUE IVOIRIENNE (16) : LA GRÈVE 2018-2019 RÉSUMÉE EN FRANÇAIS TERRE À TERRE

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Au début quand ça a commencé ils ont dit que nous n’avons pas de légitimité, nous avons signé une trêve sociale qui nous interdisait de faire une grève. Alors, pour eux, on est allés chercher tous les documents de la trêve sociale et on leur a dit de montrer notre signature dedans, leur expert, tonton Kouyaté, est venu fouiller il n’a rien trouvé.

Après ils ont dit que notre grève est à relent politique. On est manipulé par certains partis de l’opposition pour faire tomber le pouvoir. Alors on a mis nos revendications dans un carton pour aller déposé devant eux là-bas. Cette fois ils sont venus avec des inspecteurs (IGEN) et des témoins (ISEPPCI et SYNESCI). Ils ont inspecté nos différents points de revendications dans les moindres détails il n’y avait ni relent, ni politique dans la liste de nos revendications pour en faire même un groupe de mots (relent politique), nos revendications étaient tous portées sur des besoins sociaux et pédagogiques des enseignants légitimes aux yeux de tous.

À un moment ça mentait sur eux… La RTI est rentrée en jeu, chaque lundi il fallait qu’elle annonce la rentrée des classes. Elle a fait ça pendant 3 mois. Dans le même moment ils ont suspendu nos salaires, brûlé ou caillassé les véhicules de plusieurs camarades parmi nous, menacés d’autres dans plusieurs villes du pays les obligeant à fuir leur localités, emprisonnés d’autres, ils ont fait des ponctions disproportionnées, des suspensions de salaire à la holalala. Finalement même c’est eux qui politisaient notre grève

Aux dernières nouvelles pendant que les élèves étaient à la maison, la RTI disait qu’ils sont au cours. Les élèves se sont alors fâchés, ils sont tous partis devant la RTI là-bas pour dire faut pas ils vont mentir sur eux, que depuis 3 mois eux ils sont à la maison, parce que les profs sont en grève, les policiers aussi quand ils ont entendu Gbagbo ils ont sauté sur lui pour l’envoyer à la MACA, alors que c’était pas le vrai, c’était juste le porte-parole des élèves indignés. Voilà drap toute l’opinion est stupéfaite, djaa la RTI mentait depuis 3 mois. Après donc 3 mois de lutte acharnée on a réussi à se faire entendre, on a légitimé notre lutte auprès de l’opinion nationale et internationale. Vous savez nos gars-là ils aiment pas quand la communauté internationale est contre eux oh…

Rapidement ils ont envoyé beaucoup de ministres comme ça pour nous recevoir, leur porte parole nous a demandé ce qu’on veut. On dit que carton de revendications là est devant eux, ils n’ont qu’à regarder dedans. Ils disent bon OK mais on a qu’à se retrouver à Bassam parce que la salle qui est là est trop petite, là-bas y a bon vent de la mer, ça va nous permettre de bien réfléchir et prendre des décisions qui vont arranger toutes les parties.

Pour la première fois Gouvernement, ISEPPCI, SYNESCI et nous (COSEFCI) on était ensemble, on était d’accord sur les mêmes points. C’est main dans la main nous sommes arrivés à Bassam.

À Bassam toutes parties s’étaient accordées sur plusieurs points de nos revendications. Malgré que L’ISEPPCI ait dit qu’on a qu’à laisser les autorité décider si on doit plus faire cours de mercredi (tout le monde a crié ayiii même SYNESCI).

Après Bassam, nos autorités disent qu’ils vont saisir nos revendications sur lesquelles on s’est entendu là dans ordinateur, imprimer et puis envoyer ça au Premier Ministre. Ils nous ont dit faut même pas on va s’inquiéter même le Premier Ministre va gérer ça au bout d’un mois vous-même vous serez surpris.

Chers amis depuis un mois-là est fini hein la rentrée même nous a trouvé on attend toujours la surprise de nos autorités.

Voilà en quelques lignes le résumé de tout ce qui s’est passé l’année dernière. Tous sommes d’accord pour que nous enseignants soyons engagés, que nous travaillions de jour en jour à être plus compétents pour former des citoyens de qualité dans une école de qualité, mais cela ne peut se réaliser si nos besoins légitimes sont bafoués, ignorés.

Cette année on risque d’aller frapper à la porte du Premier Ministre pour dire tonton c’est comment, papier qui est sur ton bureau tu as lu c’est comment ? Vous-même vous avez dit que c’est légitime donc c’est comment ? Ou bien vous voulez qu’on remette tout sur le tapis ?

Par KOUBI Seri Fils

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