ÉCOLE IVOIRIENNE: ALLONS LENTEMENT CAR ON EST PRESSÉ (1ère Partie)

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Depuis l’ère de la floraison tous azimuts des écoles maternelles et leurs scolarités concurrentielles, de nombreux parents, frappés du snobisme du citadin, s’empressent d’inscrire leurs rejetons; à 4 ans, ils se retrouvent au CP1 quoiqu’ils ne soient pas forcément des surdoués et à 10 ans, ils leur forcent le destin des collèges. Quel est donc l’agenda réel de ces parents? C’est évident. Pouvoir se vanter de la précocité de leur progéniture et s’en exclamer orgueilleusement devant amis et connaissances. C’est simplement de la vanité inutile. Il est vrai que certains enfants, dès l’âge de 4 ans, se révèlent particulièrement éveillés et doués. Pour ces cas particuliers, par dérogation, on peut permettre que les parents les inscrivent au CP1. Mais pour les autres enfants, pourquoi devrait-on se précipiter?

Il est aussi bon de savoir que la dynamique de la pédagogie n’est pas assimilable à une course de vitesse mais plutôt à une course de fond avec des obstacles à franchir. C’est le franchissement méthodique de ses obstacles qui garantit une éducation de qualité aux enfants d’un pays. En d’autres termes, on doit aller lentement si vraiment on est pressé. C’est en cela que l’institution qu’est le ministère de l’éducation nationale, garant politique des finalités de l’école, doit avoir le dernier mot et imposer les recrutements au CP1 à 6 ans de façon effective. Je dis bien de façon effective. Quand dans plusieurs écoles du pays, plus de la moitié des élèves ont 14 ans en troisième et 17 ans en terminale, on peut bien remonter à l’âge de leur recrutement au CP1. Point n’est besoin de dire qu’avec ces élèves, c’est toujours poussif, même très poussif. Lire correctement, même en 3ème, est difficile pour certains, reformuler une idée est difficile, construire l’introduction d’un sujet est presqu’une mission impossible. Nous sommes là en français, les spécialistes des autres disciplines pourront faire leurs témoignages par eux-mêmes; je les côtoie régulièrement et je sais qu’ils ne divergeront pas avec moi. C’est une question de vécu quotidien parce que c’est un enseignant qui écrit ces lignes.

DES DIFFÉRENTS ÂGES DE L’ÉDUCATION DE L’ENFANT

Quand nous autres, nous nous échinons à produire ces modestes réflexions, ce n’est pas dans le but de dénigrer l’État et remettre en cause de façon absolue tout ce qui est fait par nos autorités. Tout ne peut pas être mauvais. Toutefois, qu’on permette de tirer la sonnette d’alarme quand la pente est glissante. Il y a certains esprits désinvoltes qui m’ont traité d’ignorant relativement au premier post sur le même sujet. Peut-être, je ne doute point de mon ignorance car je ne prétends pas avoir la science infuse et ces publications que je fais, ces cris de cœur qui sont l’expression du profond amour que j’ai pour mon pays et le devenir intellectuel de ses enfants ne devraient laisser aucun citoyen indifférent; alors, si moi, un ignorant, je pleure l’école de mon pays, les érudits peuvent au moins réfléchir sur la question de façon efficiente. On le sait, je le sais, les initiateurs du projet PEC (Programme d’Enseignement Ciblé) sont tous à la Vie Scolaire, un démembrement du ministère, au 6ème étage; c’est bien mais cette raison est suffisante pour que nous autres, ici au rez de chaussée, sur terre, nous ayons la juste mesure des problèmes de l’école ivoirienne. On pourrait revisiter avec fruit cette antique anecdote du mathématicien Thalès et de la servante de Thrace.

Pour ma part, dans mes petites recherches sur le sujet, j’ai été étonné (au sens philosophique bien sûr) par les travaux de Jean Piaget. Nous lui avons même dédié à Abidjan un établissement et nous semblons ignorer la pertinence de ses réflexions scientifiques qui auraient pu faire avancer les choses.

Suite: ÉCOLE IVOIRIENNE: ALLONS LENTEMENT CAR ON EST PRESSÉ (2ème Partie et Fin)

Par Fréderic GNÉZÉ

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