DU «PLÔPLÔ» BAOULÉ AU «MAPLÔ» NOUCHI: QUEL RAPPORT?

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Connaissez-vous le phénomène du plôplô chez les Baoulé? Selon Nanan Angama Achmy qui pose cette question et y répond dans le Groupe Facebook Nouvelle De Mon Pays (NDP), le plôplô est une malédiction provoquée par le fait que deux frères, deux cousins, deux sœurs ou deux cousines couchent avec la même fille ou le même garçon. Cette malédiction peut tuer l’une des personnes impliquées.

Ainsi, lorsque l’un des frères ou des sœurs tombe malade et que l’autre intervient dans son traitement, le plôplô peut entraîner sa mort. Pour éviter cela, dès que les parents apprennent qu’il y a eu plôplô, une cérémonie est organisée afin de conjurer le sort. Elle consiste à fendre un cabri vivant en deux parties égales. L’auteur du plôplô, celui ou celle qui a couché avec les deux sœurs ou frères, fend le cabri que ces derniers tiennent par les pattes…

En lisant ce texte, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien entre ce plôplô baoulé et le maplô nouchi. D’abord, vous l’aurez compris, pour la simple et bonne raison que les deux mots se terminent par la même syllabe –plô. Mais au-delà de cette similitude impliquant les signifiants, et sans doute pour cela aussi, les signifiés se rejoignent dans l’idée d’avoir des rapports sexuels. À la seule différence qu’il s’agit d’un rapport interdit dans le plôplô. Tout plôplô implique donc un maplôli mais quiconque maplô n’est pas d’emblée coupable de plôplô.

Et c’est peut-être pour exorciser le mot lui-même que le nouchi a remplacé le premier plô- par ma-, afin que du plôplô au maplô, l’acte sexuel cesse d’être une source de malédiction. Pour autant, on n’est pas passé de l’enfer au paradis car il y a dans le verbe nouchi maplô quelque chose qui ne fait pas très sérieux, une sorte de trivialisation de l’acte sexuel. Autrement dit, pendant que le rapport sexuel apparaît sacralisé dans le plôplô à la lumière de la malédiction qu’il entraîne, il se trouve banalisé dans le maplô où tous les coups semblent permis.

On a parfois besoin de bien tendre l’oreille pour entendre ce que laissent sous-entendre les mots qui murmurent dans nos langues et, de façon insidieuse, influencent nos pensées et nos conduites.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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