DU BAOULÉ «TCHÊ» AU NOUCHI «TCHÊLÊ» OU «TCHRÊ»

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Il est établi que le dioula et le baoulé sont les deux langues ivoiriennes les plus pourvoyeuses de mots à notre argot national. Pour des raisons que nous avons évoquées dans de nombreuses publications sur ce site, et sur lesquelles il n’est pas nécessaire de revenir.

Le mot «tchêlê» ou «tchrê» est un cas intéressant de baouléisme dans le nouchi. Selon le Dictionnaire en ligne du nouchi que je paraphrase, il signifie servir quelque chose en très petite quantité à quelqu’un.

Ainsi, c’est toujours sur un ton de mécontentement ou de plainte, sans forcément perdre sa bonne humeur, qu’on entendra une personne dire, par exemple: «Ils m’ont tchêlê…»; «Pourquoi pour moi est tchrê comme ça? »; etc.

Il y a dans ces deux exemples l’idée de partage, mais d’un partage inéquitable entraînant de la frustration chez l’une des parties en présence. Or en langue baoulé, «tchê» veut dire «partager».

En nouchi, on assiste à une extension sémantique qui veut que «tchêlê» ou «tchrê» signifie «mal partager», «partager en ceintrant quelqu’un». Ce qui fait du verbe «ceintrer» le synonyme presque parfait de «tchêlê» dans le langage quotidien des Ivoiriens.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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