DIMBOKRO – UJECODI: OPÉRATION VILLE PROPRE

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Dans toutes les sociétés, la jeunesse représente une force vive, riche des aspirations propres. Elle constitue un groupe décisif, capable de raisonner et d’agir avec maturité. Sa participation ne peut être reléguée à un avenir incertain. Il est inopportun de limiter son rôle dans un intervalle de temps comme nous le voyons dans les faits alors qu’officiellement les politiques la place au cœur de leurs programmes de gouvernement, car la société a besoin de son concours.

Il est nécessaire de dépasser l’idée selon laquelle les jeunes, un jour, hériteront de la Terre. Pourquoi projeter leur rôle dans le futur quand la réalité sociale, politique, économique les appelle maintenant ? En réalité, ils ont aujourd’hui un rôle important à jouer dans l’édification de notre société surtout avec les nouveaux enjeux et défis du développement. C’est à juste titre que la jeunesse communale de Dimbokro, regroupée au sein de l’UJECODI a décidé de se faire entendre et de s’exprimer pour que soit reconnue la valeur de son apport dans le processus de développement de la commune.

Au-delà du simple appelle à la participation de ses activités, il s’agit d’une véritable leçon de civisme et de patriotisme d’une jeunesse qui en a marre de la saleté et du manque de politique pour rendre à la ville, son éclat d’antan. L’UJECODI de Franck Hervé Kouassi est en train de démontrer à la population, aux cadres et élus, et surtout aux autorités municipales qu’elle est active et entend se positionner comme un acteur incontournable dans le devenir de la cité. N’est-ce pas bien à cette jeunesse qu’il faut donner les moyens pour poursuivre ses actions de développement ?

En effet, depuis l’élection de monsieur Franck Hervé Kouassi à la tête de l’Union Communale de la Jeunesse de Dimbokro, les lignes ont commencé à bouger. La rénovation du siège de l’UJECODI et l’opération en cours, « Opération ville propre » en sont les témoins visibles de cette renaissance.

Concernant l’insalubrité urbaine à Dimbokro, quelle est la situation actuelle sur le terrain au point de constituer une activité principale de l’UJECODI ? Est-ce une leçon que la jeunesse entend donner au maire et à son équipe ? Est-ce une alarme que cette jeunesse lance à l’endroit de toutes les forces vives de la ville en général et plus spécifiquement aux politiques dont les postes politiques constituent la seule motivation ? Quelles sont les conséquences de l’insalubrité sur la santé de la population locale, l’environnement et quelles sont les entraves qu’elle entraîne sur le développement durable ? À qui la faute ? Quelles sont les solutions à proposer?

Le problème de l’insalubrité urbaine, nous le savons tous, est récurrent et se situe au cœur de toutes les préoccupations politiques., récurrent dans nos sociétés, elle nécessite une attention particulière de tous. Si elle a eu le courage d’initier cette activité, l’initiative de l’UJICODI devrait avoir l’adhésion de tous et principalement les cadres et élus locaux, car la propreté d’une ville fait sa fierté. Comme nous avons l’habitude de le dire, aucun politique ne fera le bonheur d’une population à sa place si elle-même n’est pas consciente pour s’impliquer véritablement dans les actions entreprises.

Siège rénové de l’UJECODI

En matière d’insalubrité, les différents maires qui se sont succédés ont tenté d’une façon ou d’une autre de résorber le problème. Cependant, certains problèmes structurels n’ont pas permis de juguler tous les problèmes auxquels était confrontée la ville. Du coup, d’énormes efforts restent à consentir. Il est donc nécessaire que chacun, à l’action de l’UJECODI pour que cette opération connaisse un succès.

Les actions menées par cette jeunesse malgré les moyens limités ont pour objectif d’assurer sa pleine participation à la vie sociale de la ville en tant que partenaire utile et à part entière. Elle adhère à un contrat social qui demande une implication de tous. Elle ne demande que son autonomie à travers cette activité. De ce fait, tous, devons l’aider à mener à bien cette bataille au service du développement de Dimbokro. Les autorités locales, tout comme les opérateurs économiques, les politiques, cadres, hommes d’affaires, individus…., tous devons répondre « oui » à son appel et l’encourager à développer des compétences utiles et durables comme cette activité de lutte contre l’insalubrité de la ville. Cette approche se doit d’être holistique de façon à toucher l’ensemble de la jeunesse, sans distinction de partis politiques, d’appartenance ethnique ou religieuse car la jeunesse appartient à la communauté tout entière et non à un groupement bien déterminé.

La protection de l’environnement à Dimbokro, comme partout ailleurs, soulève la question de la pollution entraînée par les déchets urbains. Ces déchets urbains sont des détritus de toute nature : liquide, solide ou gazeuse. Ce sont les ordures ménagères, cendres, débris de verre ou de vaisselle, feuilles, balayures et résidus de toutes sortes déposés dans les récipients individuels ou collectifs placés devant les maisons ou à l’entrée des voies inaccessibles aux camions, les eaux usées domestiques, les excréta.

Si certaines actions ont été entreprises depuis des décennies, certains quartiers continuent d’être des éternels abonnés à la saleté : Commikro, Dioulakro, Blèdy, Sokouradjan. La cité, abusivement apellée Riviéra et naguère enviée s’ajoute à cette liste sombre. Beaucoup de « poches de résistances » dans ces quartiers continuent de résister, têtues qu’elles sont à toutes les politiques mises en place pour les éradiquer.

Les conséquences de la pollution par les déchets urbains sur l’environnement et la population locale. Les effets de l’insalubrité et des déchets urbains sur l’environnement et la population de Dimbokro sont importants. L’insalubrité dégrade le cadre de vie. Elle pollue l’air par l’incinération et le stockage des ordures qui entraîne aussi une augmentation de l’effet de serre un réchauffement climatique dans une ville déjà abonnée à la chaleur. Elle pollue le sol et contamine l’eau de consommation à travers la nappe phréatique.

Les conséquences sur la santé vont donc de pair avec cette contamination. En effet, nul n’ignore que l’insalubrité est la cause de nombreuses maladies et aussi des affections, ce qui fait de cette problématique une véritable question de santé publique. Parmi ces maladies le paludisme est la première cause mortalité chez les enfants avant cinq ans, et également la première cause d’absentéisme scolaire et professionnel.

La municipalité de la ville de Dimbokro est-elle en mesure d’enrayer le fléau du paludisme sans l’intégration véritable de la thématique de l’insalubrité et l’assainissement de l’environnement qui demeure par conséquent le milieu des vecteurs du paludisme ? A cela s’ajoute des maladies destructrices comme le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie, les parasitoses… Les affections respiratoires sont à ne pas négliger et nous les rencontrons de plus en plus en pratique hospitalière.

Les responsabilités sont partagées

M. Franck Hervé Kouassi, président de l’UJECODI donnant l’exemple

Dans un premier moment, la responsabilité incombe aux pouvoirs publics pour leur absence de suivi, c’est-à-dire les autorités municipales de la ville en charge de la question. En effet, dans les cahiers de charges, la mairie doit veiller au maintien de la propreté de la ville, par le ramassage des ordures, le nettoyage des espaces publics qui sont du ressort de la structure etc… Ensuite, vient la population elle-même. En effet, la population n’est pas éduquée au respect de l’environnement. Elle pense que toute la responsabilité retombe sur la mairie, ce qui est, à mon sens anormal dans la mesure où la propreté doit faire partir des comportements individuels et communautaires. L’exemple le plus frappant réside dans les campements et villages. En effet, dans ces lieux, les femmes balaient leur cour. Mais elles étendent cette tâche à l’extérieur des bâtiments, font la jonction avec les autres cours voisines et le résultat est surprenant. Il est vrai que la ville présente un autre aspect : grandeur, occupations diverses. Cependant, ces arguments ne doivent pas constituer un obstacle dans la lutte contre l’insalubrité.

Les méthodes de lutte contre les déchets urbains

Comme je l’ai souligné au niveau des responsabilités, la municipalité doit être en première ligne dans la lutte contre l’insalubrité à Dimbokro. Au niveau des autorités municipales, il s’agit de mettre en avant les possibilités et les filières de traitement des déchets ménagers. Il faut mettre des mécanismes en place pour le recyclage et la valorisation à travers un meilleur suivi du ramassage des ordures. En outre, elle doit organiser des rencontres avec ls présidents des associations de quartier, et procéder à l’éducation des populations dans la perspective de la Communication pour le Changement de Comportements. En outre, la municipalité doit pérenniser et renforcer ses activités concernant les dépôts de déchets inexistants aujourd’hui dans la ville. Elle doit améliorer les infrastructures urbaines et les ‘inputs’ concernées par la problématique. Ainsi, des poubelles doivent être déposées à des endroits bien déterminés afin de permettre à la population le stockage adéquat des ordures ménagères qui faciliteront le ramassage aux services de la mairie.

Le problème de l’insalubrité relève, à mon sens, plus d’une prise de conscience et d’un acte de patriotisme, de civisme et de responsabilité qu’une loi qui n’existe que pour ceux qui croient en son efficacité. Dans une perspective de développement durable, il s’agit de mieux consommer, de trier, de recycler, de moins jeter afin de réduire massivement les volumes de déchets. A l’époque du premier maire, Koné Samba Ambroise, et durant le mandat de son prédécesseur Amon Léon, ces infrastructures existaient. Le président du conseil régional actuel, Monsieur N’guessan Koffi Bernard a fait l’effort de renouveler les camions de ramassage des ordures quand il succéda à Amon Léon. Il avait même renouvelé les poubelles dans toute la ville et procédait à des nettoyages réguliers.

L’insalubrité causée par les déchets urbains et les eaux usées constitue un grave danger pour toutes les populations. L’une des conséquences visibles et connues de tous est la prolifération des mouches, et surtout des moustiques qui ont un grand impact sur la santé publique avec le cas paludisme qui cause chaque année de nombreuses victimes.

Voici une liste non exhaustive de quelques symboles de la ville qui en souffrance :

Des jeunes nettoyant un marché

Le cimetière des martyres : ce lieu quasi abandonné par les autorités de la ville, fait partie des patrimoines historiques qui devait être constamment gardé propre. Ailleurs dans d’autres pays, elle serait inscrite sur la liste des patrimoines mondiaux à conserver jalousement et servirait de site touristique. La cité : quartier autrefois bien entretenu est envahi par les herbes et les déchets de toutes sortes

Le stade Koné Samba Ambroise : portant le nom du premier maire de la ville, ce stade est abandonné par les autorités de la ville et a vu l’une de ses tribunes s’écrouler définitivement. C’est un véritable gâchis. Le quartier résidentiel : envahi par les herbes et ordures de toutes sortes, ce quartier qui devrait être une vitrine en termes de propreté et de modèle de propreté présente plutôt un visage de désolation. Le boulevard de l’indépendance : la tribune, jamais entretenues par les autorités de la ville a vu la tribune s’écrouler sous le poids de l’abandon et de l’indifférence totale. Le boulevard de l’indépendance a vu une partie envahie par les eaux usagées et les ordures ménagères sans aucune intervention des autorités de la ville, pourtant fils de la région. Le jardin public situé au centre-ville : clôturée par la municipalité, son embellissement reste à désirer. Ce jardin croule sous le poids des herbes car aucune politique de nettoyage n’a vu le jour depuis la construction de cette clôture.

Le grand marché : le désordre commence par les abords de ce marché. Elle constitue la première curiosité de tout visiteur qui arrive à cet endroit précis de la ville. En effet, comment la municipalité peut-elle tolérer un tel désordre ? Pourtant, il existe certaines places non encore occupées à l’intérieur. Le désordre savamment organisé par les commerçants est tellement criard que les voies aux alentours sont quasiment inexistantes. Le grand marché de Dimbokro ressemble fort étrangement au marché Gouro, en termes de désordre et d’installations anarchiques par l’occupation des rues et des trottoirs qui souffrent énormément de l’encombrement. Commerçants, vendeurs ambulants, magasins etc… ont fini par faire disparaître la beauté de ce cadre qui complétait la beauté de la ville sans que cela n’émeuve les autorités municipales. La pollution atmosphérique occasionnée par le gaz rejeté par l’usine Olam vient compléter la liste des malheurs qui frappent la ville de Dimbokro.

Les hôtels Sieto : A quoi cela sert de réaliser des œuvres et les laisser pourrir ? ici, je puis dire que les hôtels sieto ont été un investissement à perte et leur état de délabrement actuel est le résultat de la méchanceté des fils de la région plutôt préoccupés par les querelles intestines et les postes politiques juste pour paraître.

L’opportunité de l’activité « Opération ville propre » tient au fait qu’elle vient en soutien à l’action de la Mairie de la ville en charge de régler le problème de l’insalubrité. Dirigée par M. Bilé Diéméléou, cette mairie fait également quelques efforts visibles dans le processus de renaissance d’une ville qui ne demande qu’à retrouver sa place de ville de rêve depuis que la seule usine qui était le moteur de l’activité économique a fermé ses portes. Récemment la population a accueilli avec joie l’installation de trois feux tricolores pour régler la circulation. Mais ces actions sont insuffisantes face au problème existant. Il faut faire donc encore plus.

Les limites de l’action de la jeunesse

L’action entreprise par la jeunesse est une action noble. Le problème de l’insalubrité soulève une question sociale longtemps négligée par la population parce qu’elle ne mesure pas ses impacts sur sa santé et les politiques qui doivent débourser d’énormes sommes pour résorber le problème. En entreprenant cette action, l’UJICODI résout la question en partie. En effet, les poubelles serviront à ramasser les ordures, ce qui constitue un début de solution. Cependant, comment résoudre la question des herbes qui jonchent les rues et ruelles de la ville ? Comment résoudre la question des espaces publics occupés par les herbes et les installations anarchiques ? Aujourd’hui, plus qu’hier, les défis liés à la problématique de l’insalubrité à Dimbokro sont nombreux. Nous espérons que les autorités municipales saisiront ces actions nobles de l’UJECODI, la perpétueront pour le bonheur de la cité du soleil.

Par YAPI Michel

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