DES DIFFÉRENTS ÂGES DE L’ÉDUCATION DE L’ENFANT

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L’éducation, quelle que soit la forme qu’elle prend, est avant tout la transmission de ce que nous sommes à notre progéniture, à notre descendance. Qu’elle soit organisée dans un système rigoureux ou ouverte à la pratique quotidienne, l’éducation de par son importance dans la survie de toute société, est le centre de de toute organisation sociale. Elle est donc bien structurée de façon visible ou tacite. Elle est surtout enroulée autour du temps. On n’éduque jamais sans tenir compte de l’âge de celui à qui est destiné l’enseignement qu’on doit donner. Et dans toutes les sociétés du monde, les différents âges de l’acquisition de l’éducation, sont identiques, à quelques différences d’un à deux ans au maximum. Selon Amadou Hampaté Bah, pour qu’un être humain soit totalement socialisé par le biais de l’éducation, il lui faut environ vingt-huit ans.

De zéro à sept ans c’est le préapprentissage. En Afrique précoloniale et partout ailleurs dans les sociétés traditionnelles, l’enfant est sous la conduite de la mère. Grâce à la tendresse et à l’amour qu’elle lui donne, elle prépare l’enfant à s’habituer à l’existence humaine et à s’apprêter à acquérir son mode de fonctionnement. À cet âge, vu la fragilité physique, spirituelle, intellectuelle, sensitive et sensorielle, et tout ce qui se rapporte à l’enfant, son éducation doit se faire avec beaucoup de précautions et avec une grande délicatesse et une patience dont seule est capable la femme, plus précisément la mère. D’où l’appellation très expressive « d’école maternelle » de cette période éducative dans le système éducatif moderne. Même si aujourd’hui, on préfère le terme « préscolaire » pour désigner cette étape éducative.

AGE MATER ET PRIM

À partir de sept ans, l’enfant commence son apprentissage des activités de la vie sociale selon le métier du père dans l’Afrique précoloniale. Et cela jusqu’à l’âge de quatorze ans. Cette période correspond à l’école primaire dans le système éducatif moderne. À partir de quatorze, l’âge de l’adolescence, l’enfant entre dans la période initiatique. Et cela, en général, jusqu’à l’âge de dix-huit à vingt ans. On enseigne à l’enfant le mode de fonctionnement de la société et d’autres aspects de l’existence humaine, en dehors du travail et des besoins primaires. On lui inculque les valeurs civiques et morales à travers des épreuves d’endurance physique, morale et spirituelle. C’est la période où se forge la personnalité de l’enfant et où apparaissent les changements physiologiques les plus importants de sa vie. Il acquiert les caractères sexuels secondaires qui le prédisposent à la procréation, à la reproduction humaine. Donc, les rites initiatiques ont pour mission de prendre en compte tous ces éléments qui transforment totalement sa vie. À sa sortie de l’initiation, l’enfant, selon son comportement durant cette période primordiale, s’ouvre à la vie adulte dont le départ est le mariage. Dans l’éducation moderne cette période correspond à la période de l’éducation secondaire qui se fait en deux étapes: le premier cycle couronné par le BEPC. Et le second cycle couronné par le BAC.

AGE SEC ET SUP

À partir de vingt ans l’enfant est désormais apte à jouer son rôle social. On commence à l’installer progressivement pour qu’il soit un membre à part entière de la société. Cette période s’achève autour de vingt-huit ans et trente ans. Cela correspond à la période universitaire ou la période des études supérieures et de la formation professionnelle et qualifiante de l’éducation moderne. Comme nous le constatons, que ce soit en Afrique traditionnelle ou dans le système éducatif moderne, les différentes périodes d’apprentissage tournent autour de sept ans ; un peu moins, un peu plus, selon les capacités de l’apprenant et selon les sociétés.

ATTENTION AU PHÉNOMÈNE DU BAC ANTICIPÉ

Aujourd’hui, par snobisme et surtout par ignorance, on inscrit les enfants au CP1 dès l’âge maternel de trois ans ou quatre ans. On oublie souvent que physiquement et intellectuellement, l’enfant n’est pas encore prêt pour supporter cette étape de son parcours éducatif. Souvent on est surpris des échecs ou du dégoût de l’enfant pour l’école quand il en est saturé à un âge où il aspire à autre chose. Heureusement qu’il y a encore des pays sérieux qui veillent sur l’éducation de leurs enfants en respectant scrupuleusement les différents âges prévus pour les différentes étapes de l’éducation.

Nos frères qui ont émigré au Canada avec leurs enfants, ont été confrontés à la rigueur du système éducatif de ce pays. Tous leurs enfants qui ne respectaient pas les différents âges éducatifs, ont été soumis au respect des normes prescrites sans ménagement. Ici, on ne sait au nom de quels besoins éducatifs, on détruit nos enfants au lieu de leur permettre d’apprendre en fonction de l’âge requis. On veut créer des génies qui à la longue deviennent de petits diables pour leurs parents et contre toute la société. Ailleurs, quand on détecte chez un enfant des prédispositions particulières, des capacités supérieures à celles de son âge, on l’envoie après des tests rigoureux, dans des écoles spécialisées, créées pour ce type d’enfants. On comprend dès lors pourquoi nous sommes toujours à la traîne des autres nations.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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