DÉPIGMENTATION VOLONTAIRE: L’AUTO-SUICIDE?

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De nombreuses personnes ont recours à la dépigmentation volontaire pour éclaircir la teinte naturelle de leur peau. Cette pratique repose sur l’usage de produits détournés de leur usage médical ou de produits illicites. Quels sont les dangers liés à la dépigmentation volontaire de la peau ?

Complications cutanées

Du fait d’une véritable immunodépression cutanée induite par les corticoïdes, les complications consistent avant tout en la survenue de novo ou en l’aggravation de dermatoses infectieuses préexistantes. Le risque infectieux est directement proportionnel à la puissance de l’activité et à la quantité cumulée de dermocorticoïdes appliqués, donc fonction de la durée d’utilisation et de la surface d’application. Ces affections sont souvent de sévérité inhabituelle.

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Les infections fongiques

La gale est possible notamment en zone d’endémie élevée.  Les infections cutanées bactériennes sont plus fréquentes et plus graves.  L’évolution vers une cellulite nécrosante est possible; le pityriasis versicolor se présente souvent sous forme profuse pouvant atteindre les membres inférieurs.

D’autres complications cutanées classiques de la corticothérapie locale, liées notamment à des conséquences sur la structure et la vascularisation de la peau, peuvent également survenir dans le cadre de la dépigmentation volontaire : l’acné est particulièrement fréquente (12 à 53% des utilisatrices), induite ou aggravée, parfois sévère, souvent très cortico-dépendante. Elle génère fréquemment des taches pigmentées au niveau du visage.

L’apparition de vergetures irréversibles (7 à 44% des utilisatrices) est également fréquente. L’atrophie cutanée est fréquente et responsable d’une fragilité anormale de la peau qui s’exprime lors de traumatismes minimes, ou par un retard et/ou par des complications de cicatrisation ; des cas d’hyperpilosité ont également été observés.

L’arrêt de tout produit dépigmentant est primordial. Il doit être associé au traitement spécifique de chaque dermatose.

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Complications systémiques

TCHATCHO

Les effets systémiques consécutifs à l’application prolongée de quantités importantes de dermocorticoïdes peuvent correspondre à ceux d’une corticothérapie générale. Les quantités de propionate de clobétasol utilisées dépassent en effet souvent la dose de 30g par mois, dose qui par voie transcutanée, est susceptible d’avoir un retentissement sur l’axe hypothalamo-hypophysaire. Ainsi, dans le cadre de la dépigmentation volontaire, les dermocorticoïdes peuvent induire un hypercorticisme (syndrome de Cushing) et un freinage de la sécrétion endogène de cortisol au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire avec risque d’insuffisance surrénalienne aiguë en cas d’arrêt brutal. Ils favorisent par ailleurs l’hypertension artérielle et le diabète.

Le retentissement possible sur la gestation en cas d’application prolongée de produits à base de propionate de clobétasol se traduisant par un petit poids des nouveau-nés à la naissance.

Autres complications

Quatre cas de carcinome épidermoïde (type de cancer) ont été décrits chez des patients qui utilisaient des produits dépigmentant à base de dermocorticoïdes et/ou d’hydroquinone. Deux de ces patients utilisaient ces produits depuis plus de 10 ans. Les carcinomes se sont développés soit au niveau de la région cervicale, soit au niveau de lésions d’ochronose exogène préexistantes.

Des affections sous-jacentes graves à expression cutanée, telle que la lèpre, ont pu être masquées par la dépigmentation volontaire. La sémiologie s’est trouvée considérablement modifiée, avec comme conséquence un retard diagnostic important et la survenue de séquelles neurologiques graves.

Par Hortense KOUOA

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