DE « TRARÊ » À « TRALÊ » : ATTENTION AU FROID !

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Depuis le début de cette aventure exaltante sur les traces de mots et expressions de nos langues pour les entendre aussi nous parler, nous qui avons pris la mauvaise habitude de les parler sans les écouter ; je n’ai eu cesse d’interroger, lorsque je devais travailler sur le Baoulé qui n’est pas ma langue maternelle, tous les Baoulé de mon entourage, à commencer par mon épouse et ma belle-mère.

De passage à Bouaflé pour chercher la petite famille qui s’y trouve en vacances depuis un mois, ma belle-mère partage avec moi cette réflexion au détour d’une conversation sur l’origine du mot blôfoué qui désigne l’homme blanc en baoulé. Dame Paul Berthe Thérèse, qui est originaire de Sakassou, me dit plus ou moins ceci : « le mot tralê (habit en baoulé) ne signifie rien pour moi. Ce doit être en réalité une déformation de trarê, combinaison du verbe tra- (attraper) et du subtantif -arê (le froid) ».

L’hypothèse ne manque pas de logique. Autrefois en effet, même si l’esthétique n’était pas le dernier des soucis de nos ancêtres, on s’habillait avant tout pour se protéger des intempéries. L’habillement avait donc prioritairement un caractère utilitaire. Et le froid était sans doute l’un des phénomènes les plus redoutés à un moment où le réchauffement climatique relevait encore de la science-fiction. Les Baoulé font peut-être partie des peuples ayant laissé des traces de cette réalité dans leur langue en appelant les vêtements « trarê » (attrape-froid, ou plutôt coupe-froid), devenu « tralê » pour les besoins de la prononciation.

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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