DE L’OUA À L’UA, UN MIMÉTISME PUÉRIL

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On est passé de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) à l’UA (Union Africaine) comme un enfant qui décide de courir alors qu’il n’a pas encore appris à marcher. Si l’objectif de ce coup de folie partagé était tout juste de passer de trois lettres à deux comme les Européens, on peut dire qu’il a été atteint malgré le manque criard de vision qui l’entoure.

Mais nous savons tous que de la CEE (Communauté Économique Européenne) à l’UE (Union Européenne), l’Europe n’a pas fait que jouer des lettres et des points.

Elle a surtout fait un bond quantitatif et qualitatif, en affermissant les bases d’une Communauté désormais Union, grâce à une organisation économique et politique plus élaborée, soldée en 1999 par la création d’une monnaie unique et sa mise en circulation en 2002 et, plus récemment, par l’instauration d’une présidence stable parallèlement à la traditionnelle présidence tournante.

Contrairement à l’UE où n’entre pas qui veut et comme il veut, la Turquie en sait quelque chose, l’UA est un fourre-tout, un véritable magasin institutionnel où dictateurs, putschistes, pseudo-démocrates et de rares démocrates, hommage au passage au Ghana et au Bénin, se rencontrent périodiquement pour ne prendre aucune décision ou pour en prendre qui ne seront presque jamais appliquées.

Comment veut-on que ça marche sans des critères clairs d’adhésion, de participation et de fonctionnement?

Et qui définira ces critères si personne n’est réellement bien placé pour faire la leçon aux autres? Qui écoute qui dans ce panier à crabes? Quelles décisions sérieuses peuvent prendre pour le continent des hommes et des femmes qui gouvernent leurs États respectifs à main levée?

Il existe un sigle (UA) qui signifie (Union Africaine) et qui ressemble bien à un autre sigle (UE) qui veut dire Union Européenne. Mais il n’existe pas, en tout cas pas encore, une union africaine. C’est tout à l’image de certains États qui n’existent que de nom sur ce continent que les dieux semblent avoir livré aux démons.

WILAAZAN KAWISSIÉLO, Extrait de Négrivice 1, 2009, Inédit.

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