DE L’ORIGINE AFRICAINE DES VIRUS ET ANTIVIRUS

0 38

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Jadis dans notre Afrique, certaines pratiques étaient très prisées. Tester par exemple la puissance d’un individu faisait partie des celles-ci. Le but était de connaître le niveau de protection des uns et des autres. On cherchait toujours à savoir qui était le plus fort mystiquement ou spirituellement.  Ce jeu de positionnement à amener les uns à se doter de boucliers et les autres à trouver des anti-boucliers ou antidotes. Il en est de même pour le système des virus et antivirus.

Notre Afrique avait encore ses secrets, sa force, sa capacité à inventer de nouvelles formes de connaissances où faits spirituels et sociétaux se croisent et s’entremêlent. Les gens ne tardaient pas à lancer un sort à un individu juste pour le mettre à l’épreuve ou pour le comparer à un autre supposé être le maître en la matière. Cela se passait quand un étranger arrivait pour la première fois dans un village ou lors de cérémonies d’initiation ou de danses traditionnelles.

Le processus est très simple. Quand un individu arrive pour la première fois dans un endroit, les plus anciens des lieux tentent de savoir à quel type de personne ils ont affaire en lui lançant un sort. Cela peut être une simple toux qui va le fatiguer jusqu’à ce qu’un des membres du groupe décide de lui venir en aide en proposant une plante médicinale pour le soigner. La plupart du temps, la guérison est automatique. L’objectif ici n’est pas de nuire mais très souvent de savoir si le nouvel arrivant détient un quelconque pouvoir et peut être une menace ou pas. Si le sort ne l’affecte pas, c’est qu’il est protégé. Dans le cas contraire, l’on conclurait qu’il est soit protégé par les dieux, soit initié aux choses mystiques et donc qu’il faut s’en méfier. Parfois, on essaie plusieurs sorts.

Les lanceurs de sort ne s’avouent vaincus et n’abdiquent que lorsque malgré tout, leurs tentatives restent vaines. À partir de ce moment, ils concluent que ce dernier est le plus fort et lui vouent le respect dû à son rang. Il peut arriver aussi que la personne cible riposte lorsqu’elle n’est pas un profane ou ne réponde pas quand elle considère que ces attaques ne sont pas une menace pour elle. Dans ce cas, elle ne s’en préoccupe pas et, le plus souvent, voit le lanceur de sort comme un plaisantin.

LA SCIENCE D’ACCORD, MAIS LA NATURE D’ABORD

C’est un peu comme un ordinateur ou un système doté ou non d’un antivirus. L’ordinateur dépourvu d’antivirus reste entièrement exposé à sa destruction par n’importe quel virus. Il y a aussi des ordinateurs dotés d’antivirus mais qui ne peuvent résister à certains virus. Dans les deux cas, de même que l’individu non protégé ou peu protégé est vulnérable aux attaques, l’ordinateur dépourvu d’antivirus ou dont l’antivirus est inefficace est exposé et peut être détruit dès la première attaque.

Comme on le dit en Afrique : « fer coupe fer ». Quand l’individu n’est pas protégé, il est semblable à un ordinateur sans système de défense, sans protection, sans antivirus. Et peut succomber si le lanceur de sort est mauvais. Dans la société traditionnelle, le babazrou, connu aujourd’hui sous l’appellation de Sida, était régulièrement transmis de façon mystique à un individu qui avait cette propension à coucher avec toutes les femmes ou avec les femmes des autres. S’il n’avouait pas son forfait après avoir couché avec la femme d’autrui, il risquait la mort, car dans ce cas, le responsable de la transmission du sort ne cherchait pas à le délivrer, mais le maintenait dans la maladie jusqu’à ce qu’elle l’emporte.

En général, le mari qui ne faisait pas confiance à sa femme plaçait le médicament sur elle, d’une manière ou d’une autre, sans qu’elle-même ne le sache. Et les hommes infidèles et indélicats qui aimaient avoir des relations avec les femmes des autres attrapaient la maladie. Certaines fois, quand celui qui détenait l’antidote était connu, le malade s’en sortait. Dans le cas contraire il mourait. Beaucoup d’infidèles candidats au suicide sont passés de vie à trépas, car ils ne pouvaient résister à la tentation d’avoir des relations avec les femmes mariées dans le village.

Ce procédé met en lumière la frontière, si frontière il y a, entre le virtuel et le spirituel. Ces deux réalités ne sont-elles pas d’ailleurs les deux faces d’une même médaille ? Beaucoup parlent de sorcellerie quand il s’agit de l’Africain et de génie, voire de génie créateur quand il s’agit des autres. Et pourtant, il n’existe en réalité aucune frontière entre les deux mondes, le virtuel étant le fils spirituel du Spirituel, du Mystique.

C’est ce système qui est utilisé dans le cadre des TIC où des individus développent des virus pour attaquer un système et par la même occasion, proposent des antivirus pour les éliminer, tout comme l’antidote pour en finir avec la maladie transmise ou le sort lancé. Si en Afrique cette stratégie servait uniquement à tester les puissances spirituelles et mystiques, à protéger et à défendre, en Occident, la création de l’antivirus obéit aux objectifs suivants : commercialiser, s’enrichir, se prémunir contre la concurrence et le vol de données industrielles.

Par Dr. YAPI Michel

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :