DE L’INCONSCIENCE À LA PEUR ET L’ÉTERNELLE QUERELLE DE CHIFFONNIERS

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CI/CORONAVIRUS : DE L’INCONSCIENCE A LA PEUR ?

17h30mn. Yopougon, périmètre BAE toits rouges. Cet après-midi, après quelques jours en confinement, je sors pour des unités dans la cabine d’à côté. Sur le chemin du retour, j’intercepte une conversation entre trois adolescents. L’un, ‘’le sachant’’, maintenait fermement sous son audition enflammée les deux autres. Sûr de son fait, il analysait avec emphase les réelles causes de la progression du mortel coronavirus dans le monde. Selon lui, ‘’ l’Italie se noie par sa négligence, la France se meurt par son indiscipline et la Côte d’Ivoire va se perdre par son inconscience’’.

J’en ai souri. Ce qu’il peut être pertinent et cohérent ce gamin; toutefois, s’agissant de la Côte d’Ivoire, il aurait été plus à propos en affirmant que la Côte d’Ivoire va se perdre pour les trois raisons: sa négligence, son indiscipline, son inconscience, un hat trick parfait comme on dirait en football. Mais touchons du bois car Dieu est au contrôle et il semble qu’il commence à mettre la peur dans le cœur de beaucoup de concitoyens. Cet après-midi donc, la rue est envahie de têtes à cache-nez. Chose inhabituelle. Et surtout, ce silence solennel.

À 23h00. Je me penche à mon balcon pour jauger l’atmosphère du dehors. Personne. Pas même un chat. Les tonitruantes voix qui transpercent comme à l’accoutumée ce quartier se sont évanouies. Les maquis et autres petits commerces hermétiquement fermés. On aurait dit un couvre-feu. Apparemment, il semble que les cascades ininterrompues de morts en Europe et la progression alarmante de cas confirmés en Afrique et en Côte d’Ivoire aient mis du bémol dans les désinvoltures de ces héros idiots d’hier. Seuls les imbéciles ne changent pas et c’est déjà prometteur que l’inconscience se transforme en peur, la vraie qualité du héros. Progressivement, nous vaincrons. Respectons le confinement. Que Dieu nous sauve.

LE BAISER MORTEL DU CORONAVIRUS: UNE OCCASION DE RACHAT? (1ère Partie)

L’ÉTERNELLE QUERELLE DE CHIFFONNIERS

En janvier 2001, un scientifique ivoirien, le docteur Zegbeh N’guessan, a présenté au monde scientifique une molécule de son invention qu’il a baptisé du nom de ‘’Thérastim’’ qui, selon lui, permettait de traiter le VIH/SIDA. Sans même le mettre à l’épreuve, il fut l’objet d’une violente levée de boucliers de la part de ses pairs. Pour ces derniers, il était inconcevable que leur collègue parlât de médicament car sa démarche scientifique n’aurait pas respecté le protocole exigé. Elle serait douteuse. Ridicule comme réaction. Comme si au football, l’arbitre devait invalider un but parce qu’il aurait été marqué par le nez. Le lynchage était tel que le pauvre docteur dût revoir sa copie et se dédire pour parler désormais d’alicament et non de médicament. Je me souviens très bien de ce débat dans ses moindres détails.

Dans un article de presse datant de 2008 auquel j’ai eu accès, le docteur Zegbeh y affirmait ne pas avoir démordu et qu’il aurait, avec ‘’Thérastim’’, traité depuis lors plus de 1200 patients efficacement. Ce genre de controverse qui tourne en querelle de chiffonniers est bien connu dans le milieu scientifique. Le cas ‘’nanan Brobo’’ est encore vivace dans nos mémoires.

Le monde est aujourd’hui dans les serres du coronavirus. Les chercheurs du monde se battent comme ils peuvent et voilà qu’un homme, le professeur Didier Raoult, bien connu pour ses travaux sur des virus, donne de l’espoir quant à l’efficacité de la chloroquine contre le coronavirus. Et voilà, l’homme croule, comme hier docteur Zegbeh, sous le feu des critiques. D’abord l’OMS par la voix de son directeur, l’éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, un monsieur avec ce nom si péniblement vocalisable; toujours dans la censure, jamais dans des propositions concrètes. Il a réussi à inoculer un autre virus, celui du désespoir à la France où le ministre Olivier Veran, lâchement, refuse et accepte le remède à la chloroquine.‘’Le Haut conseil de santé publique recommande de ne pas l’utiliser, sauf pour des formes graves’’; comment peut-on comprendre un tel communiqué aussi loufoque qu’ambigu? En fait, ‘’c’est pas bon mais c’est bon’’.

Si la chloroquine peut traiter les formes graves du coronavirus, réjouissons-nous pour les formes non sévères qui devraient être, à mon sens, bientôt des souvenirs car qui peut le plus, peut le moins. Je parle certainement comme un profane mais il faut quand même avouer qu’il y a là anguille sous roche; voudrait-on banaliser l’efficacité de la chloroquine et la faire refleurir plus tard dans des mains bien plus indiquées? Ce type d’intrigue est bien notoire dans les couloirs des recherches scientifiques en rapport avec les intérêts géostratégiques.

Dans tous les cas, pour nous Africains, le message n’est pas du tout codé. La chloroquine est chez nous, à portée de main et de bourse. Mon homonyme Frédéric Béda en avait déjà parlé. Ce sont ces ‘’vulgaires’’ feuilles de Neem que nous connaissons tous. La balle doit être désormais dans le camp des autres chercheurs du monde et d’Afrique, qu’ils recentrent aussi leur attention sur cette plante, très loin du vicieux débat des chiffonniers occidentaux.

Par Frédéric GNÉZÉ

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