DE L’HISTOIRE ET DE SES DOULOUREUX HOQUETS : DEUX CORPS DAMES DE MÊME CORPULENCE

0 96

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Voici en toute beauté Dame Saartjie BAARTMAN, une de nos ancêtres négro-africaines au teint ébène, née aux environs de 1789 sur le territoire de l’actuel Afrique du Sud. En 1810 elle est amenée comme esclave à Londres par « son maître ». Dans cette ville cosmopolite aux mœurs très basses elle deviendra une attraction zoologique lors des foires. Son seul et unique tord a été d’avoir une morphologie exceptionnelle. Notre ancêtre Saartjie dite « la Venus Hottentote » avait des fesses trop bombées au goût du public européen. Cette particularité anatomique lui vaudra toues les atrocités (du viol aux dissections de ses parties intimes)…

Après plusieurs années d’exposition dans les foires de Grande Bretagne et de la Hollande, elle est amenée en France comme curiosité scientifique qui doit servir à confirmer certaines thèses (Celle de la similitude du nègre avec le singe). En 1815, les travaux du professeur français de zoologie Geoffroy Saint-Hilaire, après plusieurs séries d’examens, concluent officiellement qu’elle est de la race des orangs-outangs (bien qu’elle maîtrise plusieurs langues européennes que lui-même ignore). Abusée sexuellement avec une fréquence infernale, prostituée à prix « familiers » par le montreur d’animaux exotiques Réaux, la Vénus sombra définitivement dans l’alcool.

Après sa mort en 1815 son corps sera disséqué au nom de l’État et de la science par Curvier (un scientifique qui servait le Roi). Son corps et son squelette finiront dans un moulage en plâtre qui sera exposé à Paris au musée de l’homme jusqu’en 1974. L’ensemble servira de preuves à la supériorité de la race blanche sur celle noire. Les débats étaient houleux sur la noirceur des peaux des anciens égyptiens, bâtisseurs de la plus grande civilisation humaine. Il fallait plusieurs alibis fantasmagoriques pour calmer la fureur du roi depuis son expédition en Égypte…

Quelqu’un peut-il dire à la sœur ivoirienne Eudoxie Yao d’arrêter de remuer le couteau dans la plaie malodorante de notre histoire ? ! Chacune de ses sulfureuses sorties est un douloureux hoquet qui remonte depuis les tripes constipées de notre Histoire. Chère sœur ton ancêtre Saartjie BAARTMAN te regarde, tourmentée!

Par Modibo FAKOLI DOUMBIA

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :