DATE ANNIVERSAIRE DU 19/09/2002 : FAUT-IL CRAINDRE POUR DEMAIN ?

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Hier était la date anniversaire de l’événement qui a bouleversé profondément la vie de notre pays. Et comme tout fait humain, cette date est diversement appréciée, selon qu’on soit d’un côté ou de l’autre. C’est normal. Et c’est simplement humain. Quel que soit ce qui arrive à notre vie, il y a toujours des personnes qui en tirent bénéfice. À titre d’exemple, Il y a des français qui n’ont jamais souhaité le départ des occupants allemands, parce qu’ils récoltaient de nombreux avantages de la situation de guerre. Et comme l’égoïsme est un trait de caractère de l’être humain, on comprend aisément la position que peut adopter un individu ou un groupe d’individus par rapport à une situation donnée.

Mais, cette année, au risque de me tromper, j’ai noté que les forces nouvelles n’ont pas été très enthousiastes à la célébration de la date anniversaire du 19/09/2002. Je n’en connais pas les raisons profondes. Donc, certainement que je vais en faire une lecture qui ne reflétera pas la leur. Pour moi, le temps a fait son effet et les forces nouvelles ne jugent plus cette page de notre jeune histoire par rapport à un seul groupe, mais, plutôt par rapport à son impact sur l’ensemble de tous les ivoiriens. Une telle lecture laisse de côté l’euphorie pour faire un état des lieux plus objectif de la rébellion. Parce qu’après une quinzaine d’années, on voit mieux les conséquences de l’acte posé pour en apprécier la justesse.

Par ailleurs, les nouvelles relations entre les forces nouvelles et leurs alliés d’hier, montrent que les raisons évoquées hier pour justifier ce drame, ce parricide, cachaient beaucoup de Non-dits que le temps a permis de découvrir. Mais, le plus important est de faire une croix sur cet épisode douloureux de notre histoire pour envisager les jours à venir. Malheureusement, eu égard à ce qui se lit dans les propos des uns et des autres, la plaie est encore béante entre les différents camps, sans compter les conséquences de la rupture entre les alliés d’hier. La récente sortie de Bensouda et les commentaires qu’elle provoque, montre que nous sommes loin d’espérer une côte d’ivoire plus fraternelle, plus humaine. À cela il faut ajouter Les propos tenus pendant les précampagnes en vue des élections de 2020.

Le feu est encore ardent sous la cendre. Il suffit d’un petit vent, d’un coup d’air insignifiant, pour que tout s’embrase de nouveau. Les populations des régions où les atrocités ont été récurrentes, sont aux abois, à mesure que l’échéance de 2020 approche. Les travailleurs qui y exercent se battent pour être mutés avant la tenue des élections présidentielles de 2020. Leur réaction est normale. « Quand on a été une fois victime des assauts du buffle, on craint l’inoffensive termitière. » Malheureusement, les hommes politiques semblent ignorer les impacts de leurs agissements sur les populations. Obnubilés par la recherche ou la conservation du pouvoir politique, ils minimisent les angoisses de plus en plus perceptibles sur le visage du peuple ; ce peuple au nom duquel et pour le bien-être duquel ils prétendent tous se battre.

Faut-il craindre pour demain ?

Il y a des raisons évidentes qui justifient que l’on ait une grande crainte des jours à venir. Sur les réseaux sociaux la virulence et la méchanceté des propos suffisent pour se convaincre de ce que la tragédie du 19/09/2002, n’a pas servi de leçon aux différents groupes et à nos différents dirigeants. Les slogans de la haine et de la division se multiplient. Ceux qui sont convaincus de détenir la vérité et les moyens de la conserver, se tapent la poitrine et affirment détenir les clés de l’avenir. En face, il y a une levée de boucliers pour dénoncer une mainmise totale sur l’appareil d’État par un seul groupe et réclamer plus d’ouverture et de liberté pour rendre les compétitions politiques à venir plus transparentes, libres et ouvertes à tous.

Quand on vit dans cet environnement de tensions, il y a lieu d’avoir peur pour demain.
Le seul brin d’espoir est que tout le monde a en mémoire 2002 et 2010-11. Des périodes qui ont meurtri de nombreuses familles et qui ont étalé les limites des politiques d’affrontements fratricides. De ce fait, même si la mauvaise herbe ne meurt presque jamais, ils sont nombreux les jeunes, fer de lance de tous les camps dans les conflits, à ne pas vouloir se laisser de nouveau embarquer dans ces aventures qui ne profitent qu’à une petite minorité et leurs proches, au lieu de leur offrir des opportunités de vie meilleure. Cette position est-elle assez forte pour ramener tous les camps à la raison ? Demain est un autre jour.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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