« DADOUHO » OU « TAÏ » : « BIENVENUE » CHEZ LES BÉTÉ

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L’Afrique n’est pas seulement le berceau de l’humanité. Elle l’est aussi de la convivialité, de la chaleur réservée à celui qui arrive, cette chaleur que ses fils et filles se réservent entre eux.

Dans la culture africaine, en parlant ici notamment des Bété du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, l’accueil occupe une place de choix. Il incarne notre xénophilie, notre sociabilité et notre hospitalité. Accueillir une personne en pays bété, c’est lui démontrer notre amour infini. En réalité, le peuple bété est de nature hospitalier.

Ainsi en langue bété, au moins dans la variété dialectale de Buyo que je parle, les termes « dadouho » et « taï » traduisent à la fois « sois le/la bienvenu(e) ». Ailleurs, notamment chez les Guéré, les Kouzié et les Gnaboua, on dit « dadouho » et « taï » à une personne de sexe masculin, mais « adadouho » et « ataï » quand il s’agit d’une personne de sexe féminin.

Il est bien de noter que cette règle visant à opérer des changements morphologiques en fonction du genre n’existe pas chez les Bété. Qu’il s’agisse donc d’un homme ou d’une femme, les Bété disent « dadouho » ou « taï ».

En revanche, « taï » est utilisé lorsqu’on s’adresse à une personne familière revenant d’une absence momentanée. Par exemple, à un père qui revient des champs, son épouse, ses enfants ou ses amis lui diront « Taï ! » : « Sois le bienvenu ! » ou « Bonne arrivée ! ». Mais « dadouho » est employé quand nous avons à faire à une autorité ou une personne revenant d’un long séjour.

Toutefois, les termes « adadouho » et « ataï » s’emploient également en Bété, le morphème « a- » marquant ici plutôt le nombre que le genre. Ainsi, quand on s’adresse à plus d’une personne le morphème « a- » indique le pluriel. On dira donc à un directeur d’école et son compagnon « Adadouho ! » ; à un père et son fils qui reviennent des travaux champêtres « Ataï ! ».

Par Ismaël GNONGBO

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