CRISE IVOIRIENNE : LES AVEUX D’UN REBELLE REPENTI (4ème Partie)

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6.- LES COMMANDITAIRES DU COUP

Il y a essentiellement trois commanditaires : Alassane Dramane Ouattara ; Guéi Robert ; Blaise Compaoré.

Alassane Ouattara a offert tous les moyens de communication dont dispose le MPCI. Il a également corrompu tous les correspondants-Afrique de tous les médias français à qui une mission précise a été confiée. J’y reviendrai dans le point 10. C’est M. Alassane qui s’est chargé de la rémunération de tous les chefs rebelles de Tuo Fozié à Dacoury-Tabley en passant par Soro Guillaume. Même au niveau de la rébellion, on ignore où Alassane Ouattara a tiré tout l’argent qu’il a investi dans cette guerre et c’est sans doute ce qui constitue le plus grand danger pour la Côte d’Ivoire.

Le rôle de Guéi a consisté à créer au sein de l’armée, un environnement de suspicion propice à un soulèvement général de l’armée. Mais il a échoué dans sa tâche car en dehors des Bayefouè et des Zinzins et de quelques officiers dont Gueu Michel, pas grand monde n’a mordu à son hameçon et c’est l’une des raisons qui explique l’échec de la prise d’Abidjan. Blaise Compaoré est ce qu’il convient d’appeler le plus grand danger pour la Côte d’Ivoire. Ce Monsieur a juré que tant qu’Alassane ne sera pas à la tête de la Côte d’Ivoire, ce pays ne connaîtra jamais la paix.

CRISE IVOIRIENNE : LES AVEUX D’UN REBELLE REPENTI (3ème Partie)

Blaise Compaoré a fourni à lui seul et cela grâce à ses propres réseaux de trafic d’armes dont les sièges se trouvent en Libye et au Liberia, toutes les armes dont dispose actuellement le MPCI. C’est lui qui a fourni tous les instructeurs, c’est également lui qui a fourni 125 soldats burkinabè dont 38 officiers qui sont répartis comme suit : 13 à Korhogo, 15 à Bouaké et 10 à Odienné. Ce sont eux qui forment actuellement sur le terrain, toutes les recrues. Blaise Compaoré a investi au bas mot, plus de 4 milliards dans cette guerre, de l’argent qu’il compte récupérer une fois que les Burkinabè résidant en Côte d’Ivoire et Alassane seront parvenus au pouvoir.

7.- LES COMPLICITÉS INTERNES ET EXTERNES

Tous les dirigeants du RDR, des plus modérés aux plus durs, savaient plus ou moins que leur mentor préparait un coup fumant. Certains comme Ali Coulibaly, Gon Coulibaly, Ali Kéita, ont parcouru nuitamment pendant des semaines les villes du Nord avec des photos du charnier de Yopougon. Je dois avouer qu’ils ont fait un travail remarquable, car aujourd’hui, pour convaincre un jeune du Nord de tuer un gendarme et de boire son sang, il suffit de lui montrer une de ces photos et de lui dire que c’est le sort que Gbagbo et ses gendarmes lui réservent s’il ne réagit pas.

Alassane lui-même leur avait expliqué cela pendant sa tournée d’avant les élections des conseils généraux. Au niveau interne, il faut souligner que même dans l’entourage du Chef de l’État, certaines personnes étaient au courant du coup. Aujourd’hui, un travail a été fait pour éloigner ces traitres qui mangeaient avec le Président et qui savaient pourtant qu’on allait le tuer. Au niveau interne toujours, il faut dire que dans toutes les villes occupées et non occupées, se trouve quelqu’un qui est chargé d’organiser avec l’aide de quelques personnes, la chute de la ville et à dresser la liste des personnes qu’il fallait systématiquement exécuter à notre arrivée.

Ainsi par exemple à Bouaké, le maire a joué ce rôle, à Béoumi, le chef de canton a aidé à la prise de la ville. La liste complète de tous ces gens qui tapis dans l’ombre aident les rebelles est actuellement au domicile du préfet de Bouaké qui est la maison de Soro Guillaume. La plupart des gens qui sont sur cette liste sont des Burkinabè qui connaissent très bien les villes dans lesquelles ils vivent. Ainsi à Agboville, il y a un certain Ouédraogo Binaté, à Divo, un certain Sampoudou Dramane, à Tiassalé, un certain Savadogo Ladji dit « Sabari Kagni », ce dernier est actuellement à Bouaké et joue un grand rôle dans le rapatriement des corps des gendarmes exécutés au Burkina Faso par le biais de gros camions qui semblent lui appartenir. J’y reviendrai dans le point 8. A Daloa, Kafando Compaoré (tué par les loyalistes pendant la libération de la ville, à Sakassou, Boureïma Sylla, à Bouna, IIboudo Assimi (c’est lui qui a exigé et obtenu l’exécution du commandant de brigade de Bouna devant sa femme et ses enfants). Il y a donc actuellement, dans presque toutes les villes de Côte d’Ivoire, des gens dont le rôle est de préparer l’arrivée des rebelles en donnant journellement des informations précises sur les mouvements des gendarmes.

Suite: CRISE IVOIRIENNE : LES AVEUX D’UN REBELLE REPENTI (5ème Partie)

Par PADJOFÊ Ibrahim, ancien rebelle

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