« COUPER LE CŒUR DE QUELQU’UN »

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Dans sa thèse en espagnol sur « les constructions verbales fixes en français de Côte d’Ivoire », Anoy N’guessan (2013: 401) constate, comme beaucoup d’autres avant lui, que la réalité linguistique locale a un poids considérable dans le français ivoirien.

Selon lui, environ 45% de la phraséologie de l’ivoirien est tributaire de l’idiosyncrasie des locuteurs des langues maternelles. Au nombre de ces nombreuses constructions verbales fixes telles que:

  • « chercher femme »,
  • « mettre affaire sur la tête de quelqu’un »,
  • « demander la route », etc.

il y a « couper le cœur de quelqu’un ».

Toutes ces constructions se doivent à la traduction littérale de nos ethnies. En gouro, comme dans toutes les autres langues concernées, « couper le cœur de quelqu’un » veut dire l’effrayer, lui faire très peur (Bohui, 2015 : 70).

Chez les Gouro, « An zrou tchinhin » (« Mon cœur est coupé ») appelle une autre expression dont Diallo et Djandué (2017 : 210-211) constatent avec raison qu’elle est la conséquence logique de la première : « Gninhin zin andi », c’est-à-dire « le sang s’est répandu en moi ».

Le cœur est l’agent principal de la circulation du sang dans l’organisme, rien de plus naturel donc que la sensation d’avoir le cœur coupé corresponde aussi à celle de sentir le sang inonder ses entrailles.

Par Paul-Bathesty DJANDUÉ

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