COTE D’IVOIRE : QUELS ELECTEURS POUR LES SENATORIALES DU 24 MARS 2018 ?

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En Côte d’Ivoire, le paysage électoral a été profondément bouleversé par la présidentielle de 2010. Lors de ce sprint électoral, qui a opposé Messieurs Bédié, Ouattara et Gbagbo, les Ivoiriens se sont prononcés à plus de 85% à cause des enjeux. Chaque parti politique voulait faire une démonstration de force dans cette élection « armée ». Le duel qui a opposé par la suite Messieurs Ouattara et Gbagbo a fait plus de 3.000 morts, officiellement.

En 2015, les électeurs appelés à se prononcer pour le renouvellement de leur classe dirigeante n’ont pas jugé utile de se prononcer en grand nombre. La présidentielle n’a pas drainé beaucoup d’électeurs. Les partisans de Monsieur Gbagbo n’avaient pas fini de digérer l’emprisonnement de leur mentor depuis 2011. Les militants du Pdci n’avaient pas fini de comprendre le bien fondé de l’appel de Daoukro et se perdaient encore en conjecture. Aux législatives qui ont suivi la présidentielle, le Fpi a appelé ses militants à boycotter le scrutin. Le taux de participation très bas, moins de 35% et qui traduisait l’exaspération de la population, a enthousiasmé le Fpi qui a vite crié victoire.

Le 24 mars 2018 prochain, le gouvernement invite cette même population à opérer des choix pour les sénatoriales alors même que le moral semble être à son plus bas niveau. La population croule sous le poids de la misère, de la cherté de la vie comme conséquences d’une politique sociale qui ne cadre pas avec la réalité du moment.

Les paysans ne pédalent plus dans le même sens que le gouvernement, car, la campagne agricole de 2017 a vu la mévente de leurs produits. En 2018, les prix sont encore moins reluisants que ceux pratiqués en 2017 et ont fini par désenchanter les plus optimistes. Le cacao s’achète aujourd’hui à 500 FCFA le kilogramme et le café à 300 Fcfa le kilogramme. La noix de cajou n’a pas connu une situation plus heureuse. Il en est de même pour l’hévéa. Les jeunes font face à un chômage dont le taux refuse de décroitre malgré l’autosatisfaction du gouvernement qui annonce le chiffre de 25%. La réalité est toute autre ; l’on n’a pas besoin d’être un expert averti pour la comprendre.

Lors de l’appel à candidature pour les forces spéciales, nous avons pu observer des centaines de jeunes patienter sous le chaud soleil dans l’espoir d’être présélectionnés. Les moins diplômés parmi ces candidats ont au moins le Bts en poche. Grace aux bienfaits du chômage, notre pays, la Côte d’Ivoire va se doter très bientôt d’une force spéciale d’intellectuels.

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C’est cette population frustrée et aigrie, qui peine à sentir les effets de la forte croissance économique brandie dans toutes les médias, que notre riche et arrogante classe dirigeante veut consulter le 24 mars 2018 pour le choix des sénateurs. Va-t-elle entendre cet appel ?

C’est à cette interrogation que certains analystes tentent de répondre en scrutant le cocktail politique actuel en Côte d’Ivoire. Pour certains, si 25% des électeurs concernés se déplacent ce 24 mars, alors le gouvernement pourra crier victoire. Sinon, les plus alarmistes annoncent un taux de participation qui avoisine 15%. En tant que simple observateur, seuls les résultats de ce petit scrutin pourront nous donner plus de précisions sur la santé morale de la population. Wait and see !

Siméon Yao, économiste en développement

 

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