CÔTE D’IVOIRE : CHRONIQUE DE L’IVOIRIEN NOUVEAU

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Dès son élection pour le premier mandat comme Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a décidé de s’attaquer à la pauvreté et à la précarité dans laquelle vivaient ses concitoyens. Il a vite compris que cela devait passer par la restauration de l’autorité de l’État à travers des institutions solides animées par des hommes compétents. Ses efforts se sont avérés payants, puisque trois ans après son élection, il a pu redresser l’économie du pays et donner des signaux rassurants aux investisseurs.

En moins de cinq ans de pouvoir, Alassane Ouattara a boosté l’économie ivoirienne avec un taux de croissance avoisinant les 9%.

Aujourd’hui elle fait partie des économies les plus performantes d’Afrique noire et le pays est devenu l’un des plus crédibles sur les marchés financiers internationaux.

Malgré ces belles performances, la Côte d’Ivoire, ou du moins le Gouvernement Ouattara, n’a pas trouvé de  solutions à un problème social et sociétal qui nuit à tous les efforts entrepris pour atteindre l’émergence. Il s’agit de la tendance grandissante des Ivoiriens aux violences meurtrières.

Sentant la menace venir, Alassane Ouattara, à l’entame de son deuxième mandat, a présenté le portrait de l’Ivoirien indispensable pour le développement harmonieux de son pays et pour la préservation de la paix. Il l’a appelé « Ivoirien nouveau ». En  réalité, c’est un cri de douleur et un aveu d’impuissance face à des ivoiriens de moins en moins travailleurs, et de plus en plus indisciplinés, violents et qui n’ont plus peur de verser le sang pour faire fortune. Des Ivoiriens de plus en plus irrespectueux des mesures de la puissance ou de la chose publique. Des Ivoiriens encore corrompus et friands  de la gabegie.

Alassane Ouattara espère changer la tendance en fouettant l’orgueil des Ivoiriens par la recherche d’un autre type d’Ivoirien, « l’Ivoirien nouveau ».

Mais comment en est-on arrivé là ?

Le 24 décembre 1999, les Ivoiriens ont été réveillés par un coup d’État aussi surprenant que stupide qui a renversé Bédié au pouvoir depuis 1993 suite au décès du Président Houphouët Boigny. Ce coup d’État va donner lieu quelques mois plus tard à des élections. Le général Guéi qui a pris le pouvoir par la force, va éliminer par des artifices juridiques tous ses adversaires de taille, pour ne garder que Laurent Gbagbo et d’autres petits concurrents. Cette élection présidentielle  s’est terminée dans un bain de sang et Gbagbo va profiter du cafouillage pour s’emparer du pouvoir. Pendant ce temps, des militaires favorables à Alassane Ouattara qui ont pris la fuite vers le Burkina Faso sous le règne du général Guéi se préparaient activement pour une contre-attaque.

Le 11 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est attaquée par  des militaires venus de la partie nord du pays.

Il s’en suit des affrontements meurtriers et la partition du pays. La moitié sud est contrôlée par le pouvoir Gbagbo et la moitié nord par Soro Guillaume, un jeune étudiant à la réputation sulfureuse dans les milieux scolaire et universitaire. Le pillage des ressources est bien organisé  dans chaque camp. De nouveaux riches très arrogants font leur apparition. Ils sont enviés par tous les  désœuvrés qui croupissent dans la misère et qui rêvent aussi de devenir riches rapidement sans travailler. Ils sont prêts à attaquer et piller et prient pour que la plus  petite occasion se présente. Les jeunes filles étaient heureuses car la prostitution était devenue très rentable. La morale avait foutu le camp. Le pouvoir  Gbagbo n’avait plus d’autorité.

En 2010, suite à de nombreuses négociations sous l’égide de la communauté internationale, une nouvelle élection présidentielle  a lieu.

Cette élection fut plus violente et plus meurtrière que celle de 2000. Il s’en suit une guerre civile qui fait plus de 3000 morts, de nombreux blessés, veuves et orphelins. Des groupes d’auto-défense et des milices vont voir le jour. Après des jours de bataille, Alassane Ouattara, appuyé par la communauté internationale, s’installe au palais de la présidence. Malgré les contestations et la défiance des partisans de Laurent Gbagbo, il arrive à asseoir son pouvoir.

La somme de toutes ces épreuves qui ont duré de 1999 à 2010 a rendu les Ivoiriens indisciplinés, violents et meurtriers.

Les Ivoiriens n’ont plus peur de verser le sang pour se venger, pour une quête de pouvoir ou de puissance financière. Les attaques et les braquages parfois spectaculaires ou meurtriers se multiplient. L’« Ivoirien nouveau » est donc né dans le sang. Espérons que l’« Ivoirien nouveau » que recherche le président Ouattara soit tout autre, et que sa quête aboutisse vite pour le bonheur du  peuple de Côte d’Ivoire.

 

Siméon N’dri

 

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