«CHOCO», «TCHAKOTO» ET «CHOCOTO»: QUELS RAPPORTS?

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Le terme «choco» désigne en nouchi et en français populaire ivoirien quelqu’un qui est «élégant, propre, bien habillé, beau et charmeur». Ce peut être un garçon ou une fille, un homme ou une femme. Le dictionnaire en ligne du nouchi lui donne comme synonyme «kpata».

J’y ai toujours vu une allusion in-(directe) au chocolat, d’autant que le mot apparaît clairement comme une apocope de «chocolat». Le chocolat n’est pas étranger aux Ivoiriens puisque leur pays est le premier producteur mondial de cacao. En outre, il faut le reconnaître, «être choco» c’est être aussi bon à regarder, à humer, à toucher, à goûter et à savourer que du chocolat fait avec le cacao de Côte d’Ivoire. Qui va se négliger?

Mais ce qui m’intéresse ici ce n’est pas tellement le chocolat. Je veux plutôt essayer de comprendre comment on est passé de «choco», avec le sens qu’on lui connaît désormais, à «chocoto» qui désigne un caleçon ou un slip d’une certaine qualité. En outre, quel rapprochement sémantique peut-on faire entre les deux concepts.

Si mes calculs linguistiques sont bons, et je pense qu’ils le sont, c’est d’abord le mot «tchakoto» qui assure la transition lexico-sémantique entre «choco» et «chocoto». Nous sommes en effet face à l’équation suivante: choco + tchakoto = chocoto. Heureusement, c’est le genre d’équation que je sais résoudre malgré mes carences légendaires en mathématiques.

Pour aboutir à «chocoto», on a d’abord fait sauter le «tcha-» de «tchakoto» pour ne retenir que «-koto», soit: choco + -koto = chocoto. Ensuite, le «-co» de «choco» et le «-ko-» du «-koto» issu de «tchakoto» ont fusionné en un seul «co» pour qu’il ne reste plus que «chocoto».  Ayant préféré «-co» à «ko» dans le produit final, il faut en déduire que le chocoto est un tchakoto chocolaté. On est passé du caleçon brut, comme le cacao que nous exportons, à un dessous travaillé, transformé à l’image du chocolat, d’où la valeur ajoutée en termes de style et d’image.

Si vous n’êtes pas convaincu(e) de ce que j’écris, la prochaine fois que vous décrochez un rendez-vous galant, et qu’il s’en suit un «repos» bien mérité, présentez-vous en tchakoto. Si après cet affront à la sensualité vous appelez encore la personne qu’elle décroche, laissez-moi un commentaire sous cet article; je vous ferez confectionner d’autres tchakoto sur mesure.

Par Paul-Bathesty DROMBÉ

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