CHAMPIONNAT IVOIRIEN : VERS UNE MORT IMMINENTE ?

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Le goût du Championnat ivoirien, aujourd’hui, a presque disparu de la bouche, des yeux et des oreilles des Ivoiriens. La responsabilité en incombe à tous, sans exception. Le constat est loin de se dérober à nos regards, car en matière de football, toute la Côte d’Ivoire trouve son plaisir ailleurs. Il suffit que la League des Champions en Europe fasse parler d’elle et, déjà ici en Côte d’Ivoire, l’ambiance est exubérante. Il suffit que la Liga en Espagne batte son plein, et tout de suite, on dresse les palmarès de Lionel Messi ou de Cristiano Ronaldo. Il suffit qu’en France la League 1 débute, et on aperçoit çà et là les fans du PSG et du Marseille.

Mais jamais tu ne verras les Ivoiriens te conter leur propre championnat. C’est à se demander si le Championnat ivoirien existe encore. Cette question n’enfante qu’une seule réponse : notre championnat existe bel et bien, mais il est éclipsé par un manque réel d’engagement de la part des politiques, des encadreurs et des citoyens.

L’Asec Mimosa, l’Africa Sport, le Séwé Sport de San-Pedro et bien d’autres, qui autrefois donnaient aux Ivoiriens le goût du football, ont tous quasiment cessé de remplir les stades et cette fonction. Tous les joueurs convoitent ardemment la cour des pros, le regard tourné vers la France ou l’Espagne, car selon eux « jouer en Côte d’Ivoire est dorénavant une véritable perte de temps ».

La convoitise de ces jeunes joueurs a fini par arracher aux Ivoiriens la passion pour le football ivoirien. Ils préfèrent qu’on leur diffuse les championnats européens qu’ils jugent « chauds », remplis de passion. La responsabilité des Ivoiriens dans la situation d’agonie de leur championnat réside dans cette propension à n’apprécier le talent que lorsqu’il est en Europe. L’ivoirien est prêt à investir toute sa fortune dans l’achat des T-shirts du Real Madrid ou du FC Barcelone ; de Ronaldo, Messi ou Neymar.

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Quand les équipes locales disputent des matchs, les spectateurs se comptent au bout des doigts dans les tribunes. Les stades sont déserts à faire pâlir de jalousie le  Sahara. Pourtant, au soir de la finale de la League Européenne des Champions, les Ivoiriens sont scotchés à leurs petits et grands écrans. Ils envahissent même les rues pour laisser éclater leur joie quand leur équipe favorite est sacrée championne. Comment alors s’étonner du fait que notre championnat se retrouve dans une telle léthargie ?

Les dirigeants des clubs locaux sont devenus plus des « mangeurs » que des encadreurs. Comme dans presque tous les domaines dans ce pays émergent.

Les équipements, les quotas mis aux services des jeunes joueurs qui laissent sur l’aire de jeu sueur et souffle, sont utilisés à des fins personnelles. Certains encadreurs les mettent au profit de leur centre de formation, et d’autres les vendent pour se renflouer les poches. L’égoïsme des dirigeants ouvrent très souvent des brèches au sein des clubs, qui créent des blessures incurables. Les joueurs sans rétribution livrent par conséquent des matchs à main levée. Les supporteurs spoliés et déçus refusent de s’acquitter de leurs cotisations et d’acheter les produits pour la bonne marche des clubs.

Les autorités devraient agir pour sauver le football ivoirien des eaux. Le Championnat ivoirien ne se meurt pas à cause d’un quelconque manque de talents, car les talents la Côte d’Ivoire en fabrique jour et nuit. Notre championnat souffre d’un véritable problème d’organisation et d’engagement  de toutes les couches sociales. Il faut donc sauver le Championnat ivoirien et les talents qui se meurent dans le silence en mettant en place une vraie politique de gestion de notre football. Ou alors qu’on arrête de prolonger son agonie !

Par Ismaël GNONGBO

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