«C’EST TON CALEÇON QUI EST GROS, SINON Y’A RIEN DEDANS»: VIENS FOUILLER DEDANS POUR VOIR!

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Il y a quelques années, en 2016, les «Kamikaz du Zouglou» ont créé (?) et rendu populaire ce proverbe: «c’est ton caleçon qui est gros, sinon y’a rien dedans». L’image est si forte que le sens s’en dégage aisément. L’adage sert à faire descendre de son piédestal artificiel une personne qui prétend être ce qu’elle n’est pas, s’attribue des pouvoirs qu’elle n’exerce pas réellement. L’intérêt en y consacrant cet écrit est donc plutôt d’en éclairer le substrat socio-culturel.

Tel que formulé, le proverbe semble être taillé sur mesure pour les hommes dans une société encore profondément machiste, et où seul l’homme est censé porter la culotte ou le pantalon. Il est vrai, de plus en plus de femmes portent la culotte ou le pantalon, à la fois au sens propre et au sens figuré; et on peut même défier une femme dans les mêmes termes, mais le proverbe aura difficilement la même résonance.

Selon le site cnews.fr, dans l’expression «porter la culotte», qui signifie exercer une forte autorité sur son compagnon pour une femme, allusion est faite à un vêtement porté par les hommes au XVIIIe siècle, un pantalon court s’arrêtant au genou et accompagné de bas. Mais en évoquant la culotte, ce qui est mis en avant ce n’est pas tant le vêtement que ce qu’il cache, ce qu’il y a en dessous, en l’occurrence le pénis.

Ainsi, «c’est ton caleçon qui est gros, sinon y’a rien dedans» revient en réalité à dire, «c’est ton pantalon qui est gros, sinon y’a rien dedans» ou «c’est ta culotte qui est grosse, sinon y’a rien dedans»; il n’y a rien en bas. Une façon de ramener l’homme, qui prétend avoir quelque chose dans la culotte ou le caleçon qui fait de lui «le sexe fort», à sa plus simple expression; et pas forcément ou uniquement dans un quelconque rapport avec l’autre sexe.

C’est à la lumière de cet antécédent conceptuel consacré par la longue tradition patriarcale et établi dans la pensée collective que le proverbe donne toute la mesure de sa sémanticité. Il n’a tout son sens qu’appliqué à l’homme. La femme, qui n’a jamais prétendu avoir «quelque chose» dans le caleçon, ne s’y reconnaîtrait que partiellement. En outre, parler du caleçon de la femme est très déplacé dans notre société où tout ce qui se rapporte à la sexualité féminine est frappée de tabou, drapée d’une couche de sacralité qui résiste encore aux assauts du féminisme de la terre brûlée.

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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