CES NOMS PASSÉS DANS NOTRE PARLER QUOTIDIEN EN CÔTE D’IVOIRE (4ème Partie)

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3. DANS LE DOMAINE FINANCIER

Deux noms méritent d’être retenus dans cette catégorie : Vincent Pierre Lokrou et Niangoran François Kouadio. Qui sont ces deux hommes et comment leurs patronymes sont ainsi passés à l’histoire?

3.1. Vincent Pierre Lokrou ou la métaphore de l’avarice

Vincent Pierre Lokrou, dont nous n’avons encore pu trouver une photo, fut ministre de l’agriculture et des eaux et forêts sous le président Félix Houphouët-Boigny du 16 octobre 1989 au 30 novembre 1990.

Dans les années 1990, « être un Vincent Pierre Lokrou » ou « faire en Vincent Pierre Lokrou » voulait dire être avare, ne pas délier facilement la bourse, avoir la main dure, etc.

Cette construction sémantique en nouchi est bâtie autour du prénom « Pierre » et du patronyme « Lokrou ». En nouchi, en effet, « le pierre » ou « le piar » est l’un des nombreux noms donnés à l’argent. En plus, il y a dans « Lokrou » ce mot « krou » qui signifie en nouchi « cacher, camoufler ».

Il y a donc dans le nom du bon monsieur Vincent Pierre Lokrou, par simple coïncidence de syllabes à une époque qui n’attendait que ça, l’idée que « Vincent krou le pierre ». Or quiconque  « krou » ainsi « le pierre » est un avare. Ceci explique cela.

CES NOMS PASSÉS DANS NOTRE PARLER QUOTIDIEN EN CÔTE D’IVOIRE (3ème Partie)

3.2. Niangoran François Kouadio et la bourse des étudiants

Niangoran François Kouadio (voir photo d’illustration) fut comptable payeur au Centre national universitaire d’Abidjan (CNOU), responsable de la paye des bourses d’étudiants de l’Université de Cocody pendant des dizaines d’années. L’homme, décédé le 29 avril 2007, était originaire d’Alépé selon l’une de ses anciennes collaboratrices encore en service, avec qui nous avons échangé le 8 juillet 2019 dans les locaux du CROUA.

M. Kouadio était très gentil et à l’écoute des étudiants, ce qui est sans doute pour quelque chose dans le fait que ces derniers aient attribué son nom à leurs bourses. Aujourd’hui encore, sur les campus d’Abidjan, on dit « le Kouadio est tombé » pour dire que « les bourses sont payées » (Yacouba Konaté, 2002).

Lorsque le Zouglou fait son apparition au début des années 1990, le titre « Campus » de Big Sat et l’Orchestre de Université d’Abidjan commence par cette phrase pleine de témoignage à ce propos : « Au campus, il y avait presque 1000 étudiants dès l’annonce du Kouadio mourant… ». Presque trois décennies plus tard, le Kouadjo est mort et enterré pour la plupart des étudiants ivoiriens. Hélas!

Suite: CES NOMS PASSÉS DANS NOTRE PARLER QUOTIDIEN EN CÔTE D’IVOIRE (5ème Partie)

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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