CAUSERIE AUTOUR D’UN KOKOTCHA

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Les Ébrié ou Tchaman sont un peuple qu’on rencontre dans la ville d’Abidjan et dans presque tous les villages qui l’entourent. Ce peuple est dépositaire d’une culture très riche alimentée par les fêtes de générations et leur danse guerrière, les sorties de maternité, les sorties de tambours parleurs (fatchwè), sans oublier son côté gastronomique. Nous nous attarderons sur ce pan de la culture tchaman, plus précisément la préparation du foufou que les Ébrié appellent kokotcha

Chez nous les Ébrié, il y a une diversité de recettes telles que l’attiéké à l’huile rouge connu sous le nom d’attieke ministre, mais ayinon en langue autochtone, avec la sauce claire chargée de gros poissons: capitaine, brochet, silure, requin, etc. Le requin chez nous s’appelle agbakou. Il y’a aussi l’attiéké à la sauce graine qui se cuisine en général tous les dimanches. Soulignons aussi la présence du foutou avec la sauce n’tro. C’est parmi tous ces mets que se situe le kokotcha, un plat révélateur en pays ébrié qui ne se déguste qu’en des occasions spéciales.

Dans la dénomination de la recette, «koko» signifie «banane plantain» et «tcha» veut dire «écraser», d’où «kokotcha» (banane écrasée). Le kokotcha ne se cuisine pas de manière simple, c’est-à-dire que sa préparation nécessite ou demande une méthode, des étapes qui font sa spécificité et révèlent son goût si délicieux.

FOUFOU DANS FOUTOU OU FOUTOU DANS FOUFOU? (1ère Partie)

Pour réaliser du kokotcha avec la sauce claire, il faut de la banane plantain mûre, de l’huile rouge, de l’akpi, un peu de piment sec et du sel.  Il faut faire bouillir les bananes au moins 30 minutes jusqu’à ce qu’elle cuisse bien. Après la cuisson, les faire passer au mortier pour les écraser. Le mortier dans lequel les bananes sont écrasées s’appelle en ébrié agbanmli. Ensuite, faire brûler le piment sec avec l’akpi, les piler en rajoutant l’huile rouge, ce qui servira de maquillage ou de décor au kokotcha. La décoration particulière du kokotcha révèle la valeur ou la notoriété culturelle de la cérémonie pour laquelle il est préparé; elle n’est pas la même pour les fêtes de générations que pour les sorties de maternité ou les mariages. 

En ce qui concerne la cuisson de la sauce claire du kokotcha, il faut  de gros poissons de l’une ou l’autre des espèces citées plus haut au préalable, de la tomate fraîche et de la tomate pâte, de l’oignon, du piment frais et un peu de sec, de l’ail et des ingrédients spéciaux tels que le kablê ou mankoutin et l’épinard sauvage ou mangbê. Ils donnent de la senteur à la sauce et un goût succulent.

Le kokotcha en pays ébrié a une valeur culturelle spécifique. Il est servi à un étranger en guise de remerciement, de gratitude. Ainsi, nous vous invitons à prendre part à l’une de nos festivités afin de déguster un somptueux kokotcha à la sauce claire.

Par Edith-Patricia et Jean-Marc AKOHOULÉ

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