CARNET DE VOYAGE 67 : D’ABOBO À GRENADE, DE LA CHALEUR À LA MAGIE DU FROID (2ème Partie)

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Tous ces mots avaient pourtant un sens, il me fallait saisir leur portée, et les adapter à ma marche vers le temps. C’est ainsi que je tentai mes longues aventures pour une fuite intellectuelle vers l’Europe, jusqu’à ce que l’Espagne dans sa majestueuse générosité puisse m’ouvrir grandement ses portes du savoir pour goûter aux délices d’un monde dans le futur, et ses luxuriants avantages universitaires pleins de connaissances encyclopédiques. Coup du destin ou coup de force ? Sommes-nous sujets ou objets de nos destins ? Je ne saurais le dire textuellement, car le destin aime aussi les violents qui insistent et persistent dans leur violence légitimée.

Aujourd’hui il m’est cher, après avoir été à cheval sur les principes d’écrire mon cahier de voyage comme ceux qui ont eu la chance de voyager, de raconter l’histoire de mon voyage aussi, une histoire que le temps, le courage, et la patience m’ont permis d’entreprendre. Je n’ai pas appris à suivre la vague migratoire des autres hypocrites élèves de la même ardoise que moi, qui ont décollé subitement pensant s’arroger sous leurs aisselles gluantes le secret de la découverte de cette Europe ; ceux qui mendiaient au prix de singulière reconnaissance mes services exonérés de taxes, se permettent aujourd’hui de chasser mon souvenir de leurs calepins mémoriels, pour raison de compétence estudiantine ou à cause d’un statuts social nettement amélioré d’étudiant migrant vers l’Europe. On se connaît et ils savent la pesée de nos balances.

CARNET DE VOYAGE 67 : D’ABOBO À GRENADE, DE LA CHALEUR À LA MAGIE DU FROID (1ère Partie)

J’ai juste appris à travailler en silence, durement, et à attendre que le temps reconnaisse mes efforts un bon matin. En effet, ma vie est un résumé de difficultés dont j’ai su me défaire par passion pour un rêve d’enfance. Tout part d’un rêve en réalité, un rêve qu’on féconde par nos pensées, un rêve qu’on émet par le désir de se voir autrement dans le temps, la volonté de se sentir satisfait de son accomplissement grâce aux conditions matérielles. À cet effet, je crois opportun de reconnaître la raison à Karl Max sur le fait des conditions matérielles qui définissent en premier ressort la finalité de nos entreprises. Avant, je l’avais pourtant lu et point compris jusqu’à ce que l’expérience de la vie actuelle me démontre concrètement la valeur de cette maxime.

Voyager est en réalité une riche expérience, c’est une sorte de renaissance. Mais voyager en avion est surtout un luxe et il ne faudrait pas tarir de reconnaissance à cet égard. Le voyage confère un certain crédit surtout dans le cadre des études ; il permet de s’ouvrir au monde, de s’adapter à la philosophie de la vie moderne et culturelle occidentales, aux exigences de la maîtrise de langues étrangères, aux défis de s’améliorer continuellement, à prouver qu’on est «bon», et enfin aux exigences de moyens de subsistance car l’Europe c’est cher. Par contre, d’un point de vue raisonnable, tout voyage a le mérite d’être réalisé si le but est nécessaire à une construction personnelle. Dans notre cas, l’intention était de parfaire certaines flasques déficiences académiques et actualiser à fond nos données de recherches et connaissances. Il est toujours important de se mettre à jour, surtout quand on aspire vivement un jour à courtiser la magistrature de l’enseignement académique.

En outre, il faut souligner que pour moi, voyager suscitait beaucoup d’enthousiasme, c’était un désir prononcé de voir ce qui se passait de l’autre extrême de la mer, cette vie que nous retransmettaient les feuilletons espagnols assaisonnés d’amour fou, là-bas d’où certains revenaient avec un parler « toubabouesque » roulant quasiment les mots dans leurs gargotes avec un air opulent de noir évolué, de noir zélé de supériorité pour s’être vu séjourner ne serait-ce qu’un temps avec le maître blanc. J’en ris presque de cette acculturation inconsciente, une métamorphose du nègre moderne.

Bon bref, chacun à sa doctrine de la vie terrestre, bien que pour moi ait été dans l’optique d’améliorer davantage ma fluidité de la langue espagnole, comme instrument d’étude. C’est pourquoi, je me plais à dire que chacun à son premier temps, et son premier voyage. C’est un peu comme le premier jour de conduite. Crispation et peur de l’inconnu. Le mien a été d’un étonnant voltige. J’espère que vous êtes prêts à démarrer avec moi le résumé de ce palpitant et satisfaisant séjour grenadien ? Je vous y amène donc par l’invitation à ma lecture…

Suite: CARNET DE VOYAGE 67 : D’ABOBO À GRENADE, DE LA CHALEUR À LA MAGIE DU FROID (3ème Partie)

Par KEFFA Droh Joël Arnauld

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