CARNET DE VOYAGE 67 : D’ABOBO À GRENADE, DE LA CHALEUR À LA MAGIE DU FROID (1ère Partie)

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C’est une joie incoercible que de se voir écrire ces lignes comme bien d’autres prédécesseurs de cette inébranlable tradition. C’est émotif, j’avoue, de m’imaginer à mon tour charger cette page blanche de mots d’un vécu passé sous le ciel des Blancs : L’E-U-R-O-P-E. L’Europe le paradis idéalisé, l’Europe et ses merveilles de grandeurs, l’Europe et ses mystères illuminés, l’Europe la vagabonde de talents, l’Europe de la couleur indexée, l’Europe des couleurs multiples, la métamorphose de l’humanité véritable.

En écrivant ces quelques lignes, je confesse être encore frappé par la douce beauté de cette Europe disciplinée dans mes yeux, et le dégout de toutes nos onéreuses richesses africaines dilapidées sur les étagères européennes à de vils prix, nos richesses vilipendées sous les braises de nos politiques, ce manque accru de solidarité qui sèche sous l’orgueil noir de l’individualité, de la méchanceté opaque ; à bien y penser,  je rumine de rage pour tout ce qu’on possède et qu’on n’arrive malheureusement pas à faire profiter à tous, je dis bien à tous.

La souffrance, en effet, a le goût de l’enfer sur ces terres noires où on nous ronge l’espoir d’un avenir meilleur sous des guerres partisanes. La crispation de l’expression libre au risque des sanctions punitives des hautes inquisitions politiques, de ces inquisiteurs aux « bics » chargés et aiguisés de soumission, et qui détiennent les clés sonores de nos entrées dans les lys de la connaissance du sacré ; les élites érudites, quant à elles, sont des fuyants fantômes de défense qui baignent dans le silence, un silence récompensé par des masses de papiers argentés sous des nominations abusivement sectorielles comme récompenses de la haute et bonne fidélité au pouvoir, de leur si grande gestion de sadisme contre ce peuple qui a juste besoin de souffle, de paix, d’avenir; et ainsi va le monde africain dans sa démarche clopin-clopant vers une émergence bancale, soit à la remorque de l’incertitude, soit sur un continuel volcan de réserve.

Pouvons-nous être plus royaliste que le roi ? Je m’interroge souvent. Ne désirant pas dévier le sujet qui nous importe ici, je me dois d’avouer que j’ai toujours égrené le pieu désir de découvrir ce que cachait cette fameuse « Europe » pour qu’elle soit tant prisée par nos esprits et nos yeux. En fait, c’était un rêve que je devais coûte que coûte découvrir pour ne pas dire accomplir, et cela incombait à ma curiosité fatiguée de la monotonie de l’Afrique chargée d’incompris, même si, je reconnais mon amour pour elle et que je ne me refuse d’ailleurs pas l’exclusion de ses racines fougères de ma carte d’identité.

Je me souviens encore fraîchement des mots de ma mère, celle qui supporte mes fougueux caprices de grandeur-lorsqu’elle me disait lors de nos douces conversations nocturnes que : « l’Europe façonne les mentalités et ouvre la vie de l’homme vers le chemin de la sagesse ». Je lui souris, et pensai sous une réflexion profonde saisie d’étonnement : comment ma mère qui n’a pas ouvert ces sacrés livres de philosophie de style hermétique pouvait-elle être aussi sage de paroles ?

Suite: CARNET DE VOYAGE 67 : D’ABOBO À GRENADE, DE LA CHALEUR À LA MAGIE DU FROID (2ème Partie)

Par KEFFA Droh Joël Arnauld

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