CARNET DE VOYAGE 57 : ALÉPÉ-GRAND-BASSAM: VOYAGE AU CŒUR DU PAYS GWA (1ère Partie)

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06h03, mercredi 11 septembre 2019, départ d’Abobo en face de la Pharmacie Belle-Ville, temps semi-nuageux, lampadaires toujours allumés. La Création s’éveille avec nous par le lent lever du soleil. À une vitesse moyenne de 60 km/h, nous franchissons la Mé à 06h34. À 06h56, Alépé pointe à l’horizon. Il est 07h, nous sommes à Alépé. À cette heure, quelques commerces ont ouvert. Petit déjeuner au kiosque habituel en attendant que le Centre d’Éducation Sanitaire des Sœurs Dorothée ouvre aussi ses portes aux patients. Aujourd’hui il y a du pain de bonne qualité. Le petit déjeuner nous occupe jusqu’à 07h36.

Pendant que les femmes vont prendre leur position dans le rang, les hommes s’apprêtent à arpenter les rues d’Alépé. Cette fois-ci du côté où se trouvent l’église Vase d’honneur, l’église Foursquare et, plus loin, l’église catholique, belle et majestueuse. Notre randonnée nous fait découvrir une ville avec un paysage verdoyant, des collines, des vallées et des bas-fonds. Alépé est situé dans une cuvette avec, un peu partout, des extensions sur des collines boisées.

PIRIGEOIRE RENVERSE

07h50 et le soleil sort déjà le grand jeu, le grand feu. Voici l’hôtel l’Auberge qui promet «Sécurité-Confort-Tranquillité» pour attirer la clientèle. Une jeune femme est en train de faire la lessive non loin de là. Nous sommes dans un bas-fond. Chants de grenouille et roucoulements de pigeons sauvages créent une ambiance digne d’une réserve naturelle. Selon ce que nous a dit la jeune femme, c’est le quartier Auberge, du nom de l’hôtel du coin. Nous avançons entre pentes et fentes, entre montées et descentes, dans une ville au relief capricieux et imprévisible. La vie prend progressivement ses couleurs habituelles, celles du train-train quotidien.

Le quartier Auberge beigne dans du vert végétal et un contraste architectural si saisissant que les antennes paraboliques fixées sur certains toits ressemblent à des cheveux sur la soupe. 08h08, des fumeuses de poissons laissent se propager dans l’atmosphère fragile une forte odeur et cette fumée qui fait changer de visage aux passants pendant quelques secondes. Nous sommes désormais au quartier Château, contournant quasiment l’église catholique. À 08h16, voici le château qui donne son nom au quartier comme c’est le cas un peu partout en Côte d’Ivoire. Une forme atypique de « pirigeoire » renversé. Champs de manioc et de banane font partie du paysage urbain.

Bientôt 08h30. Nous foulons la cour de la paroisse Christ-Roi, la seule d’Alépé à ce jour. Une bonne partie de la clôture est formée par les bâtiments de l’école primaire Saint François d’Assises… Notre pèlerinage prend fin à 08h40. Sur le chemin qui débouche sur l’artère principale, en pente descendante, le cadre de l’Église Pentecôte Internationale de Côte d’Ivoire contraste violemment avec son nom écrit en grandes lettres rouges sur un fond orange. Juste après, l’Église méthodiste unie de Côte d’Ivoire complète le tableau. Alépé rassemble ainsi au même endroit ses principaux lieux de culte chrétien : l’œcuménisme en action. Et nous revoilà sur cette voie principale par laquelle l’on accède à la ville en venant d’Abidjan.

agence CIE Alepe

Nous sommes à présent de l’autre côté de cette voie principale. Devant nous, l’agence CIE se distingue par une couleur orange vif énergétique, comme mille ampoules allumées. Il tombe de fines gouttes. D’épais nuages ont couvert le ciel, réduisant au silence le soleil qui avait commencé à hurler très tôt ce matin. 08h51, l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Comme partout, en lettres blanches sur fond noir. Une bifurcation à droite conduit au service d’Assiette des impôts. Dieu sait qui mange ici dans cette assiette argentée. En continuant, on voit le Centre d’Information et d’Orientation (CIO) rattaché au ministère de l’Éducation nationale. Le bruit de moteur d’une petite scierie en bordure d’une forêt de tecks nous en met plein les oreilles.

Ici c’est le quartier SODEFOR, une zone marécageuse. Palmiers, orangers, manguiers, hévéas, cocotiers, etc. composent le paysage. Le quartier suivant s’appelle Boribana, ce qui signifie littéralement «La course est terminée», en langue dioula. Mais pas pour nous. Des installations parallèles assurent la distribution du courant pour forcer la main au bonheur en faveur des laissés-pour-compte. Ces installations de fortune donnent par endroits l’impression d’être dans un champ d’igname. Pentes et bas-fonds a n’en point finir, au grand malheur des chevilles…

À 09h09, une école primaire est sur notre route. C’est le groupe scolaire EPP Akokoi. M. Koné attend les parents d’élèves qui ne sont visiblement pas pressés cette année. Peut-être ne savent-il pas que la rentrée 2019-2020 a été fixée au 09 septembre. À 09h18 nous sommes en face de l’Église du christianisme céleste avec sa clôture végétale et écologique. Nous laissons prudemment passer un camion transportant du sable tiré des profondeurs du fleuve Comoé dont on peut sentir d’ici l’haleine fraîche. Il est 09h26. Au Lycée moderne d’Alépé, la rentrée scolaire attend patiemment les élèves. Ils finiront bien par arriver. Une dizaine de minutes plus tard, nous sommes de retour à l’hôpital des Sœurs. Le soleil a repris le dessus dans son bras de fer avec les nuages, mais pour peu de temps.

Suite: CARNET DE VOYAGE 57 : ALÉPÉ-GRAND-BASSAM: VOYAGE AU CŒUR DU PAYS GWA (2ème Partie)

Par DJANDUÉ Bi Drombé et YAO N’goran Olivier

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