CARNET DE VOYAGE 52 : L’AUTRE ALÉPÉ… JUSQU’À MONGA (2ème Partie)

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À 9h presque 30, sans trop hésiter, nous embarquons dans un « Antara » pour aller voir Monga. Le voyage aller-retour est facilement négocié à 1500 F CFA pour nous trois : mon ami le Dr Yapi, mon épouse et moi. Notre conducteur et notre guide pour la circonstance s’appelle Rodrigue. Un petit apprenti l’accompagne. Rodrigue est élève bientôt en classe de Troisième. C’est son job de vacances que de conduire cet « Antara » de couleur jaune à Alépé.

Et il le fait bien. Tellement bien que je suis obligé de l’interpeller de temps en temps pour aller doucement avec nous : « Mon petit, nous avons laissé nos enfants à la maison… ». Surtout que la route rouge est une succession sans fin de crevasses et que les secousses n’arrêtent pas de nous secouer les tripes et les boyaux. Chaque jour, Rodrigue doit verser 6 000 F CFA de recette au propriétaire de l’engin, à l’exception du jeudi, jour de marché, où les enchères montent à 10 000 F. Mais les dimanches, tout ce qu’il gagne est à lui.

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Monga est le plus grand village gwa avec plus de huit quartiers dont: Paris, Italie, Komikro, Otchouohon, Ogbohou, Assadjoumlin, Ogbahéchia et Jérusalem. C’est aussi le deuxième plus gros village du département d’Alépé. La localité est habitée en grande partie par les autochtones Gwa et quelques Attié. À ceux-là, il faut ajouter les allochtones Baoulé, Bété, Abron et des Burkinabè, Ghanéens et Togolais.

CARNET DE VOYAGE 52 : L’AUTRE ALÉPÉ… JUSQU’À MONGA (1ère Partie)

À 09h34, un panneau annonce la bonne nouvelle : nous sommes déjà à Monga ! Le village nous sourit à 09h38 : le logement des maîtres, la Paroisse notre Dame de l’Assomption de Monga. Descendus momentanément du tricycle, nous voulons faire le tour de l’église. C’est ainsi que, ô surprise, nous tombons sur une stèle dédiée au Cardinal Bernard Agré. Nous sommes sur la terre qui a vu naître l’illustre homme d’église. Revenus dans l’« Antara » de Rodrigue, 09h43 nous trouve devant l’orphelinat Jean Emanuela.

À quelques pas de là, c’est la gare. Un véhicule attend les passagers pour faire son plein. J’ai vu en passant une petite boulangerie à la façade blanche. Nous voulons aller voir le terrain de football. Rodrigue nous raconte qu’il y a ici une équipe de football entièrement constituée de sourds-muets, depuis l’entraîneur jusqu’au ramasseur de balle. Mais nous ne les verrons pas aujourd’hui. Le stade situé à la lisière du village est désert à cette heure-ci. C’est aussi là que prend fin notre visite.

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Monga est si beau et si propre que nous en sommes littéralement tombés amoureux. À 10h15, la photo de famille avec nos guides et transporteurs du jour met fin au voyage improvisé dans ce grand village gwa et, avec lui, aux émotions d’une toute première expérience en « Abouba ».

L’épouse du docteur Yapi et sa fille ont fini entre-temps à l’hôpital des Sœurs. C’est du moins ce qu’il a cru entendre au téléphone. Nous constatons en arrivant, à notre grand désarroi, que c’était un malentendu : elles sont les dernières dans un rang de seize personnes. Nous n’en avons pas fini avec Alépé. C’est jour de marché. En voiture, on se fraie péniblement un chemin sur la bretelle qui, depuis la voie principale, conduit tout droit au Foyer de Jeunes Filles. Alors nous laissons le véhicule. À 10h24 nous sommes devant la Pharmacie d’Alépé au cœur du centre-ville. Objectif : toucher des yeux toute la partie de la ville qui s’étend du côté de l’Hôpital général qu’on aperçoit d’ici. 

Suite: CARNET DE VOYAGE 52 : L’AUTRE ALÉPÉ… JUSQU’À MONGA (3ème Partie)

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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