CARNET DE VOYAGE 50 : ENTRE GRAND-ALÉPÉ ET MONTÉZO

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13H50. En quittant Biabou (Abobo) ce mercredi 10 juillet 2019, Alépé est à 40 Km seulement. Mais nous n’irons pas jusque là-bas aujourd’hui. Un ami nous attend à Grand-Alépé pour faire visiter son champ de cacao à Xenia et à Aitana, deux jeunes femmes espagnoles de passage en Côte d’Ivoire et désireuses de voir à quoi ressemble le cacao à l’état naturel.

Ahoué se présente à nous à 14h00, Sipo à 14h09 et Ahoutoué à 14h14. Les autochtones de ce village l’ont surnommé le « village lumière ». De là, il ne nous a fallu que cinq minutes pour arriver à Grand-Alépé. Il faut traverser le village jusqu’au dernier carrefour et bifurquer à gauche : voici M. Oboué qui nous attend avec sa machette à la main, prêt donc pour le service. Il nous rejoint aussitôt dans la voiture pour indiquer comment arriver dans sa plantation.

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Il est 14h30. Nous avons garé quelque part à équidistance entre Grand-Alépé et Montézo. Un chemin broussailleux nous introduit dans le vert humide de la végétation en cette saison des pluies. Au bout de quelques minutes de marche, nous sommes dans la plantation de M. Oboué : les plants sont vieux mais encore en production. Un peu partout des cabosses de différentes couleurs pendent jusque sur les troncs des cacaoyers, ce qui laisse presque sans voix nos amies Espagnoles qui touchent pour la première fois du doigt cette réalité.

Je retrouve avec émotion les parfums caractéristiques des champs de cacao et le goût puissant, à la fois aigre et sucré, des fèves fraîches qui vous sourient chaque fois que vous avez fait l’effort d’ouvrir une cabosse. Je revois dans les feuillages les perpétuels gourmands, ces plantes parasites capables de tuer à petit feu un cacaoyer. Nous avons marché sous les cacaoyers jusqu’à 14h52. C’est la limite du champ : 1 hectare et demi.

M. Oboué Ernest est professeur de Français au Collège Saint Sauveur de Memni. Mais on lui dit aussi ici « Bèa oh ! ». C’est la formule de salutation en Akyié adressée à celui qui va au champ ou qui en vient. On y répond « Aho ! ». Ernest est originaire de Grand-Alépé, c’est d’ici que tout est parti, m’explique-t-il avant de renchérir, en parlant de la sous-préfecture qu’est paradoxalement le petit Alépé : « C’est notre campement ; il a été préféré par les colons à cause de la proximité du fleuve Comoé. »

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À 15h17, retour à la voiture. Nous avons une petite course à faire à Montézo avant de retourner à Abidjan. Montézo se trouve à un jet de pierre de Grand-Alépé. Lorsque nous y arrivons, ce grand village moderne a fière allure. Le temps pour l’un des nôtres de déposer des affaires personnelles et pour nous de faire quelques photos que nous avions ratées la veille ; et nous nous lançons en direction d’Abidjan. Mais il faut déposer le bon monsieur Oboué devant chez lui. Non sans le remercier encore de cette visite merveilleuse et des cabosses qu’il nous a généreusement offertes.

Plutôt que de faire marche-arrière pour revenir au goudron, un petit détour dans le village nous permet de découvrir quelques beautés de Grand-Alépé. Par une voie qui semble attendre d’être bitumée très prochainement. La paroisse sainte Anne avec son architecture sortie tout droit de la mémoire du temps. Juste en face se dresse la Place Hobi Gossan Aké. Et ce beau monument d’un homme faisant parler le tambour parleur. Notre journée se termine à la Palmeraie d’Abobo autour d’un repas bien arrosé, mais un peu trop épicé au goût de nos belles étrangères. C’est aussi cela la saveur d’un voyage en Afrique. Pour que la langue et le palais aussi s’en souviennent.        

Par DJANDUÉ Bi Drombé

CARNET DE VOYAGE 51 : SÉJOUR ET VOYAGES EN ESPAGNE (1ère Partie)

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