CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (3ème Partie)

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L’ambiance n’est plus la même dans le minicar. En donnant du grain à moudre aux estomacs, on a mis de la joie aux cœurs et du sourire aux lèvres. Ô que la chair est faible ! 13h48, Kodjan. Ma voisine, originaire de Bongouanou, et donc de la région, m’explique que nous allons rallier Arrah par Bonahouin ; ce qui nous fait gagner sept kilomètres par rapport à qui ferait le détour par Abongoua et Kotobi. 13h53, Bécoufin ou Bécouéfin selon les panneaux. C’est sans doute l’un des deux. 14h01, Soribadougou, 40 km d’Abengourou, comme un cheveu sur la soupe, ne serait-ce que par la toponymie à consonance malinké, un signe palpable de notre intégration ivoirienne. Voici Bonahouin trois minutes après.

CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (2ème Partie)

On tourne à gauche pour prendre la dernière ligne droite vers Arrah, notre destination finale. C’est à 25 km d’ici. Nous dépassons le convoi du grand car qui observe une pause pipi, à en juger par la gestuelle de ceux qui en sont descendus momentanément. La voie est bitumée mais dégradée par endroits. Le voyage n’en perd que légèrement sa fluidité de depuis que nous sommes sortis d’Abidjan. 14h14, Étilékro et Kouadiokro, deux campements voisins, presque l’un dans l’autre. 14h16, Mbrakro ; Arrah n’est plus qu’à 15 km. Le tronçon est parsemé de plantations de tecks. Il est 14h18. Voici le troisième grumier qui nous dépasse chargé de billes de bois centenaires arrachés à ce qu’il nous reste de forêt en Côte d’Ivoire.

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14h36, « Vous êtes à Arrah ». Le cortège est stoppé net. Un quatrième grumier nous dépasse. Le conducteur arrête le moteur. Nous sommes à l’entrée de la ville. Sans doute une question de protocole. On est en pays agni où rien, à ces moments importants de l’existence humaine, ne se fait au hasard. Le rituel terminé, le cortège s’ébranle à nouveau. Son de fanfare. Le cinquième grumier a le temps de passer, puis le sixième. Ma sérénité s’en trouve à chaque fois perturbée un peu ; l’une des chaînes métalliques qui relient parfois sommairement ces gros troncs d’arbres pourrait céder juste à notre niveau et bonjour les dégâts. Quelqu’un m’avait déjà raconté une histoire tragique dans ce scenario. Alors je touche du bois.

La fanfare précède le corbillard. Nous avançons lentement. Très lentement. Parce que les voitures marchent au rythme et au son de la fanfare. Il fait chaud. De petits groupes de personnes regardent le cortège passer, arrêtés à l’ombre des maisons qui longent l’artère principale de la ville. Ce sont surtout des femmes et des enfants, mais aussi des jeunes. Carrefour gendarmerie, au niveau de la Pharmacie Arrah nous prenons à droite. Je peux voir la modeste brigade de gendarmerie. À côté, ce qu’il reste de la poste. Vestige d’un passé glorieux. Nostalgique.

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15h07, il fait soudain plus chaud parce que, le véhicule immobilisé, l’air aussi a cessé de circuler. On est littéralement en train de cuir. On referme les fenêtres pour remettre la climatisation. Il était temps! Maquis-resto Facebook, théoriquement interdit au moins de 18 ans. On est bien dans l’air du temps. La Coopec d’Arrah est tout juste à côté sur le même alignement. On n’entend plus la fanfare, qui continue pourtant de jouer. 15h15, nous sommes devant la mairie. Les bâches dressées et les chaises installées en dessous indiquent que la veillée aura lieu sur cette place. Il est 15h18 quand tout le monde descend.

La fanfare fait place aux tambours. Changement radical de décor et d’accords. Un homme exécute seul une danse dont les pas et les gestes, très significatifs à ce qu’on me dit, laissent deviner que ne la pratique pas qui veut. 15h37, on est tous installés sous les bâches ou à l’ombre généreuse des arbres autour de la place de la mairie. Le protocole traditionnel peut débuter. Naturellement, la langue locale agni est de mise. On demande et on donne les nouvelles ; on offre de l’eau aux délégations venues d’Abidjan et d’ailleurs. Puis le protocole suit son cours.

Suite: CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (4ème Partie)

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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