CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (1ère Partie)

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Vendredi 27 juillet 2018, 07h30. Pour certains enseignants et étudiants du Département d’Études Ibériques et Latino-Américaines, l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan est juste un lieu de rassemblement. Des dispositions ont été prises pour permettre à tous ceux et celles qui le désirent de pouvoir se rendre aux obsèques de monsieur Ékou Allou Paul, père de notre collègue le Pr Ékou Williams. Notre papa repose en paix depuis le 07 juin 2018, dans sa soixante-treizième année.

Mais en lieu et place du car de 70 places sollicité auprès du service logistique de l’université, c’est un minicar de moins de 30 places qui nous attend sur l’un des parkings. Les réclamations n’y changeront rien. On fait contre mauvaise fortune bon cœur ; on se serre les coudes, au sens propre de l’expression. Le minicar est plein comme un œuf ; on est obligé de laisser des personnes sur le parking. Nul, à l’impossible, n’étant tenu.

Le véhicule démarre à 08h24. Ce n’est pas le grand confort ; il faut être fort. La climatisation peine à rafraichir l’air pour tous les occupants. Le conducteur fait le plein dans une station Shell et nous repartons à 08h42. Bientôt le feu de Saint-Jean au centre de la commune chic de Cocody. Les rideaux sont bien tirés et c’est à peine si je peux voir dehors. Je peux néanmoins sentir que nous nous éloignons de plus en plus de l’université en nous rapprochant du Plateau.

La levée de corps est prévue pour 09h30 à l’Ivosep de Treichville. À 08h54 nous sommes au Plateau, longeant la Cathédrale Saint Paul et le Stade Félix Houphouët-Boigny. Sur ma gauche, les intersections des rideaux me laissent lécher des yeux des tranches de la Lagune Ébrié. 08h56, le Pont Général De Gaulle nous fait enjamber la lagune pour rejoindre Treichville. Quand j’étire un peu le cou pour voir à quel niveau nous sommes, la gare de Bassam n’est plus très loin. De là on peut déjà voir Ivosep. Nous y sommes à 09h05 précises.

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Le programme des levées de corps affiché à l’entrée de l’établissement indique bien que celle de papa Allou a lieu de 09h30 à 10h30, dans la salle Félix Houphouët-Boigny. Nous en avons pour une heure au moins. Lorsque je foule cette salle à 09h18 après une course rapide dans les parages, ma première impression est qu’elle est aussi imposante que celui dont elle porte le nom. Le silence et la musique qui le soutient vous plongent d’emblée dans le recueillement. Comme si la grandeur de l’Homme ne se déployait réellement qu’à sa mort. Le proverbe ne dit-il pas d’ailleurs que c’est lorsque la grenouille est morte qu’on voit toute sa longueur ? Ceci explique peut-être cela.

Quand le maitre de cérémonie fait difficilement arrêter la musique pour donner des instructions utiles au bon déroulement de la levée, il est exactement 09h30. Or donc nous savons être ponctuels en Côte d’Ivoire ! Dommage que ce soit la mort qui nous rappelle ainsi souvent à l’ordre. Et dommage qu’il faille après attendre le prochain décès pour que nous retrouvions encore, soudain, le sens de certaines valeurs simples.

La présentation des condoléances aux membres de la famille éplorée, première étape de la cérémonie, prend fin à 09h58. Atmosphère lourde, mines graves. Plus de vingt minutes de défilé silencieux qui témoignent de la foule de proches et amis venus exprimer le traditionnel « yako » à la famille Ékou. Puis place à la prière, jusqu’à 10h05. L’adresse du porte-parole de la famille et l’envoi du père Guy Roland marquent la fin de la cérémonie. Il est 10h10.

Suite: CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (2ème Partie)

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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