CARNET DE VOYAGE: D’ABIDJAN À YAKASSÉ-ATTOBROU

0 360

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Ne dit-on pas que le plus long voyage commence par un pas ? En faisant le pas de chez moi à Abobo Belle-ville (Abidjan) ce jour du lundi 02 juillet 2018, ma destination était Yakassé-Attobrou dans la région de la Mé dont le chef-lieu est la ville d’Adzopé. Nous sommes au sud de la Côte d’Ivoire. La localité de Yakassé-Attobrou est un chef-lieu de commune, de sous-préfecture et de département. 132 kilomètres d’Abidjan. Les Akyé y sont la seule ethnie autochtone.

Dès 06h, je mets le nez dehors, emportant avec moi tout ce qui pouvait m’être utile. Arrivé au bord de la grande voie, le nombre de personnes massées attendant un véhicule me fait tiquer. Mais je fais comme tout le monde. Au fil du temps, l’impatience s’empare de chacun, et dès qu’un véhicule se présente, c’est la ruée vers l’or. Il faut user des biceps pour se faire une place. Quand enfin je me trouve cette précieuse place, il est 06h45. Mais une autre difficulté se présente, celle liée à la monnaie. L’apprenti nous avait bien prévenu : « 1000 F, 500 F, y ‘a pas monnaie ». Nous avons dû nous associer pour passer cet obstacle. J’arrive à la gare d’Abobo à 07h. Y règne un véritable cafouillage. Les piétons, les véhicules et les commerçants se disputent les trottoirs et la chaussée.

abobo2

Nous avançons lentement jusqu’à la brigade de gendarmerie d’Abobo aux environs de laquelle se trouve la gare d’Adzopé. C’est par cette ville que je dois transiter pour rallier Yakassé-Attobrou. Je prends mon ticket à 07h20. Il est 10h quand tout est prêt pour le départ. Un passager se plaint. Il réclame sa monnaie, mais on le considère comme clandestin car ayant payé son ticket avec un autre « syndicat ». Il est sommé de descendre avec ses bagages. Son cas divise les « syndicats ». Les voix s’élèvent et les menacent fusent. Tout cela complique notre situation déjà précaire. Comment faire pour quitter les lieux. Le chauffeur parvient à le faire remplacer par une dame. Nous pouvons enfin décoller. Il est 10h30.

Nous passons par Anyama. Sans accroc. Pour rattraper le temps perdu, le chauffeur appuie sur l’accélérateur. Nous marquons notre premier arrêt à Agou pour décharger du poisson. Agou est un gros bourg tranquille dont l’accès n’est pas très aisé. Le chauffeur use de son expérience pour passer ce cap. Quant à moi,  je suis déjà exténué. Quelques minutes plus tard, nous voilà à Adzopé. L’aspect de la ville témoigne de son statut de chef-lieu de région de la Mé. À l’entrée, une gigantesque image de Didier Drogba installée par une maison de téléphonie mobile nous souhaite le traditionnel Akwaba. Face à mon inquiétude de rejoindre rapidement Yakassé-Attobrou, le chauffeur me rassure en me proposant de me déposer à la nouvelle gare, ce qui est fait.

À la gare de Yakassé-Attobrou, les tickets s’arrachent comme des petits pains. Curieux tout de même ! J’ai dû user de fermeté pour m’attraper un ticket. Cette étape franchie, je me dirige vers le véhicule pour y prendre place. Lorsque j’arrive près du véhicule, je constate qu’il y a une seule entrée pour plus de trente places, et pire, un siège a été improvisé sur le passage pour mieux profiter de la forte demande. Après tout cela, nous fonçons directement vers Yakassé-Attobrou sur un bitume neuf. Trente minutes plus tard, nous y voilà.

pix_1487679700e122140_1

À la vue de la ville, un sentiment de joie m’anime, surtout que je tends vers mon objectif. Seulement, je ne vois point de gare après plus de dix minutes à rouler dans la ville. Mon esprit se trouble en pensant que nous ne sommes peut-être pas encore arrivés. Enfin, dans un grincement de pneus, le véhicule s’immobilise. Un à un, et en rang, nous descendons. Mon premier constat, c’est le nombre impressionnant de motos à cette gare. On se croirait dans une ville du Burkina Faso où j’ai séjourné à une période de ma vie. Renseignement pris, ces motos relient diverses localités. Cerise sur le gâteau, ce sont des motos tricycles transformées en motos-taxis.

Ces taxis d’un autre genre rallient les villages de la commune. Je comprends dès lors qu’ici les motos sont reines. Avec l’estomac au talon, je recherche Salam, celui qui devait me conduire à Alloukro. Il m’avait donné rendez-vous devant la pharmacie. J’ai longtemps cherché cette pharmacie, car aucun écriteau n’indique sa présence, or elle se trouve là en pleine gare. Après avoir rencontré Salam, nous prenons la route d’Alloukro où un paysage de verdure essentiellement composé de champs de cacao, de café et d’hévéa va nous accueillir. Pour un séjour fructueux.

Par YAO N’goran Olivier

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :