CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (5ème Partie et Fin)

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Il est 06h18 ce samedi 28 juillet 2018. La nuit a été riche en sommeil et en causeries. Difficile pour nous de veiller après une journée si longue. Mais c’est le corps qui a dormi, faible qu’il est à l’image de la chair ; l’esprit, toujours disposé, était bien à la veillée. 06h51, une petite partie de « gbêlê » (boisson alcoolisée de fabrication artisanale) pour ouvrir l’appétit ; suivi d’un petit déjeuner à main levée : du pain au pâté de thon. Un vrai régal. Puis une visite à nos amis et collègues logés à l’Hôtel Le Résidentiel Impérial, une propriété de monsieur Ange Kessy. On s’y offre une partie de babyfoot : 4 buts à 1 contre nos malheureux adversaires du jour, deux véritables débutants. Nous apprendrons que le groupe Sothéca a fait une prestation de 02h du matin à l’aube. Hélas, on ne peut tout (a)voir dans la vie.

CARNET DE VOYAGE: «A» COMME ABIDJAN-ARRAH (4ème Partie)

foret sacree

À 08h04 nous sommes dans les environs du Centre culturel Henri Konan Bédié, une incursion dans le quartier Kôkô. Le plus gros de notre délégation y prendra le petit déjeuner dans une famille. 09h07, quartier Akongounou (Tèwakro) où se trouve l’une des deux forêts sacrées  d’Arrah, l’autre, la plus grande, étant située derrière le stade, nous informe le Dr Kumon. Destination : chez Attien, un restaurant traditionnel. Au menu, du foutou igname avec de la sauce claire à la viande de brousse (biche, agouti, chat sauvage, etc.). Pour une petite partie de notre délégation. Mais je serai dans le rôle de spectateur, ayant déjà fait mes preuves ce matin au quartier Lycée.

09h04, place de la mairie. Pour la cérémonie du « bessèbè » (littéralement, je te dresse la natte), servant à recueillir et à enregistrer les dons des parents proches et des amis. C’est un peu l’équivalent du « nziè », à la différence qu’ici, en temps normal, le « nziè » a lieu après l’enterrement et implique un plus large public. Il est 10h36. La cérémonie, boycottée de temps en temps par les groupes musicaux (fanfare et tambours), continue tant bien que mal. Ce qui nous laisse le temps de retrouver au Maquis le Bonheur, non loin de là, un vieil ami professeur d’espagnol à Arrah. Il est presque 11h quand le « bessèbè » prend fin. Tous à la messe de requiem. C’est à la Paroisse Sacré Cœur. Pendant ce temps, à 11h15, nous sommes au domicile de l’artiste Appiah Moro, l’une des anciennes gloires de la musique ivoirienne en langue agni.

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L’interview terminée avant midi, nous sortons du domicile de l’artiste par l’ancien cimetière pour accéder à l’église catholique. On peut entendre en passant la messe de requiem. La chorale chante en agni. En face de la Paroisse Sacré Cœur, par la route qui donne sur l’entrée principale de l’édifice religieux, les maquis Espace Choco et Le Prestige VIP se côtoient. En s’éloignant un peu plus de l’église, le Kompressor (Maquis-resto) dresse son enseigne majestueuse dans un angle à gauche.

12h25, le Dr Kumon se propose de nous faire voir la Pierre sacrée au quartier Bel Air (N’goa). 12h27, la voilà sous nos yeux, comme une pierre banale abandonnée par les eaux de ruissèlement. Mais attention, il s’agit bel et bien du « Yobouô bô bê ndia sou », c’est-à-dire, « la Pierre sur laquelle on ne marche pas ». Quiconque s’y hasarde doit offrir un poulet pour faire le sacrifice qui lui évitera de perdre le nord. 12h28, nous sommes sur la Place de la fête des ignames, à quelques encablures du domicile du chef de la tribu Ahuanou, celui-là qui ne peut consommer la nouvelle igname avant la cérémonie de la fête des ignames.

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12h38, la messe de requiem est terminée. L’illustre défunt va être maintenant accompagné à sa dernière demeure, nous devançant là où nous nous acheminons tous en ce bas monde. 12h56, le cortège longe la clôture de la sous-préfecture sur la voie non bitumée qui la sépare de l’hôpital général. À la lisière de la ville, nous nous enfonçons de quelques mètres dans la végétation environnante. Le cimetière est là. Des coups de fusil sont tirés pour accompagner le défunt. Papa Allou était un chef, en effet. Et un chef, dit-on en Côte d’Ivoire désormais, n’est pas un chiffon. Il est 13h11. On a terminé autour de 13h20. Cette vie-ci continue pour nous, l’autre commence pour papa Allou. On sait bien en Afrique que les morts ne sont pas morts. Ainsi va la vie.

13h49, nous revoilà au domicile de dame Adèle Bottien, cousine du défunt qui est à nos petits soins depuis hier. Tout le monde est installé à 14h. Prêts à en découdre avant le retour à Abidjan. Le menu est varié : foutou, foufou, tchep, attiéké, etc. Il est presque 15h30 quand notre convoi reprend la route en direction d’Abidjan. Vous connaissez déjà le chemin puisque nous sommes partis par là où nous sommes venus hier. Quand je sonne au portail pour qu’on m’ouvre, il est 19h34. Une page vient d’être tournée dans l’histoire de l’humanité.

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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