CARNET DE VOYAGE: RÉCIT D’UN RETOUR AU VILLAGE NATAL

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Des amis et moi avons séjourné dans une partie de la Marahoué du jeudi 1er au samedi 03 mars 2018.  Il s’agit du Département de Sinfra, le benjamin des trois départements, du point de vue de la superficie, qui forment cette région de la Côte d’Ivoire, les deux autres étant Bouaflé (Chef-lieu de région) et Zuénoula. La Région de la Marahoué, dans le Centre-Ouest ivoirien, constitue le trait d’union entre la zone de forêt et la zone des savanes. Les populations autochtones en sont principalement les Gouro, les Baoulé Ayaou et les Yaourè.

Je partais voir ma mère Gouzan Lou Gonézié Antoinette, komian de son état pour, avec elle, remercier et honorer les mannes des ancêtres. Le moment était donc bien choisi pour que des amis et collègues aillent connaître les miens et le village qui me vit naître et grandir. Pour l’occasion, nous avons loué un véhicule de sept places de marque OPEL afin d’être le plus autonomes possible pour nos déplacements pendant ces trois jours de visite en pays gouro. Nous étions six personnes à bord avec le conducteur, le jeune Jean-Luc Kouassi.

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Depuis une station où nous faisons le plein de carburant quelque part sur l’autoroute conduisant à Yopougon (Abidjan), une pancarte perdue dans la brousse peine à dévoiler au passant l’information selon laquelle la réserve forestière du Banco a été érigée en parc national le 30 octobre 1953. Devant Sicomex à Yopougon Siporex, nous devions prendre deux personnes : les docteurs Assemien Viviane et Lalékou Laurent. J’ai le temps d’apprécier le Boulevard Alassane Ouattara, non loin de là où un monument érigé par l’ex président Gbagbo avait été détruit en 2011. Un peu comme du « Ôte-toi de là que je m’y mette ». À 09h10 tout le monde est là. Décollage !

À l’aller comme au retour, le voyage a été d’une fluidité exemplaire. Géniale, l’idée de prendre un véhicule en location. À 11h35 Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, nous ouvre ses bras. On respire à plein poumons dans ses grandes artères où l’air circule à flot. Yamoussoukro est une ville si vaste qu’on a l’impression qu’elle est vide, surtout quand on sort du tumulte d’Abidjan, la capitale économique où tout le monde va chercher l’argent que très peu trouvent vraiment.

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L’objectif depuis le départ étant d’arriver au village en début de soirée, nous avions prévu de prendre tout notre temps à Yamoussoukro. D’abord pour déjeuner. Ça se passe à 11h50 au Chococha (chez choco Charlotte) au quartier Thérèse. Nous y prendrons surtout de la boisson car, pour la nourriture, Viviane avait pris le soin d’emporter suffisamment d’attiéké et de poissons. Partis de là à 13h13, cap sur la Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, sans doute l’héritage le plus emblématique du président Félix Houphouët-Boigny à son pays et au monde. La majorité d’entre nous, moi y compris, n’avait jamais visité ce joyau ; l’occasion était bonne pour corriger cette erreur de jeunesse.

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Après quelques formalités administratives, la visite à proprement parler commence à 14h20. Notre guide du jour se nomme Loa Yann, un vrai professionnel. De lui nous apprendrons beaucoup sur l’historique, les caractéristiques techniques et la symbolique des lieux. Entre autres, que la Basilique de Yamoussoukro a été construite de juillet 1986 à septembre 1989 et consacrée le 10 septembre 1990 par le pape Jean-Paul II en personne. La Basilique de Yamoussoukro, c’est 72 hectares bâtis sur les 130 disponibles, 60 colonnes, 4 coupoles dédiées aux 4 évangélistes, etc. Nous montons par des escaliers en colimaçon de 196 marches ; un sport qui ne dit pas son nom.

Lorsque nous descendons par les mêmes escaliers, nous avons l’occasion d’apprécier le dispositif de la climatisation personnalisée à l’intérieur de l’édifice et de nous asseoir un peu à la place où, nous a-t-on confié, le président Houphouët-Boigny avait l’habitude de s’asseoir quand il était de passage dans sa Basilique, histoire de se laisser contaminer par la grandeur de l’homme. Émotion. Il y a là aussi Notre Dame de Tout le Monde, cette Vierge africaine sculptée en 1992 par M. Touré Kolo, un prisonnier musulman gracié et converti ensuite au christianisme.

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Notre visite prend fin à 15h35 et, en même temps que la Basilique, nous quittons Yamoussoukro à 16h15. Avec cette petite curiosité en bonus. Les premières lettres des principaux joyaux architecturaux de la ville de Yamoussoukro correspondent aux initiales du Président Félix Houphouët-Boigny (PFHB). Il s’agit du Palais (P), de la Fondation (F), de l’Hôtel Président (H) et de la Basilique (B). Après avoir visité l’INPH il y a de cela quelques années, j’ai commencé à penser qu’ Houphouët-Boigny était en avance sur son temps et qu’avec ce premier président de son histoire, la Côte d’Ivoire avait déjà atteint l’émergence. Voir la Basilique de Yamoussoukro n’a fait que me conforter dans cette conviction.

À 19h05 nous sommes à Kononfla, mon village natal. C’est la plus grande et la plus belle sous-préfecture sur l’axe Yamoussoukro-Sinfra. On nous attendait depuis plusieurs jours ; alors pas de cérémonie particulière. La nuit sera courte. Toute la journée du vendredi est consacrée au rituel bossoniste dont le temps fort (le sacrifice de bœuf), dure de 10h à presque 11h. À 12h10, un petit tour dans le village nous conduit jusqu’au Lycée Municipal. Un clin d’œil au passage à l’école primaire où je formai mes premières lettres et mes premiers mots et au quartier de mon enfance joyeuse.

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Mission accomplie. Les esprits ont agréé le sacrifice. La deuxième nuit à Kononfla sera encore plus courte que la première. La preuve, 06h le samedi matin nous trouve à Sinfra, à 34 km de là. À partir du premier grand carrefour, l’artère centrale conduit au cœur administratif de la ville où se côtoient la préfecture, la sous-préfecture, la mairie et la gendarmerie. À mi-parcours de cette artère, dont il ne reste du bitume que des vestiges, se trouve la maison de M. Massé Bamba qui fut mon tuteur de 1990 à 1997. J’eus un peu de peine à reconnaître la maison, tant l’aspect des lieux a changé, tout comme moi-même aussi d’ailleurs.

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Mais tout le monde semblait coucher encore à cette heure. Je n’insiste pas. Un tour au quartier Mosquée où nous marquons une pause pour prendre le petit déjeuner dans un kiosque à café. Il est 07h passées lorsque nous retournons chez mon ancien tuteur. Une partie de la famille est réunie au salon. Depuis combien d’années que je n’avais plus revu ce bon M. Massé Bamba. Retrouvailles chaleureuses passée la surprise de voir réapparaître soudain le petit protégé d’il y a un peu plus de vingt ans. Émotions et bénédictions sur bénédictions. Mes amis ont l’occasion de voir la maison où j’habitais lorsque j’étais élève au Lycée Moderne de Sinfra.

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Le détour à Sinfra c’était aussi pour rencontrer Trazié Valérie, une jeune entrepreneuse agricole de la place dont nous avons pris plaisir à visiter le champ de manioc et d’autres projets en gestation.  Il est exactement 11h quand nous quittons Sinfra par là où nous y sommes entrés très tôt ce matin. Yamoussoukro nous accueille à nouveau à 12h15, cette fois chez maman July au quartier Habitat. Un déjeuner copieux nous redonne des forces pour reprendre la route autour de 14h. Jusqu’à 18h chacun de nous avait retrouvé sa petite famille après cette virée dans la Marahoué. Tout est bien qui finit bien!

Par DJANDUÉ Bi Drombé

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