BOCANDA : REQUIEM POUR LA PAIX SOCIALE

0 172

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Dans l’existence d’un peuple, il arrive des moments où le désordre s’installe, s’enracine et devient une plaie béante qui crée un déséquilibre social et compromet son devenir. Le désordre peut être inconsciemment préparé. Il peut aussi l’être savamment ou méthodiquement. Dans le premier cas, c’est souvent l’ignorance par le peuple des règles qui régissent le fonctionnement des structures à charge de réguler le fonctionnement de la société qui en est la cause. Dans ce cas, naît une forme d’exploitation de ce peuple, une spoliation de ses biens qui aboutit quelques fois à des heurts irréparables. L’on a assisté à divers endroits du monde, à des cas qui ont fini par pourrir la vie de toute une société entière. Ainsi, pour ce qui est de notre pays, l’ouest de la Côte d’Ivoire est le théâtre d’un désordre qui suscite depuis des décennies des débats sans fin. Dans le second cas, ce sont les structures à charge d’appliquer les règles et sachant l’ignorance du peuple qui entoure les textes qui s’adonnent à toutes sortes d’abus et à la désorganisation sociale en foulant au pied, les règles élémentaires de leur application. Aussi, dans le cas de l’application des textes, ce sont les législateurs qui ne font pas leur travail, en n’expliquant pas aux populations, leurs contenus. Dans les deux cas, le problème est le même : vol, pillage, spoliation, désorganisation et déséquilibre social. Le cas de Bocanda devient de plus en plus inquiétant.

Du refus de nos législateurs de jouer leur rôle

Depuis les années 1980, date des premières élections pour la gestion de la décentralisation, Bocanda a expérimenté des hommes politiques. Ils étaient censés apporter le développement à cette cité aux potentialités connues de tous : économique, sociales, culturelles, touristiques etc. Malheureusement, nous avons assisté à un échec des plus élémentaires. Des députés censés défendre des projets de développement pour notre région, se sont en définitive transformés, comme des mannequins figurant aux entrées des magasins, des figurants à l’hémicycle. En effet, les lois votées à l’hémicycle, qui devaient être expliquées à nos populations n’ont jamais été portées à leur connaissance. Comme toujours, sur le terrain, ils ont brillé par leur absence. Les populations qui leur ont accordé leur confiance se sont retrouvées donc orphelines. Les projets de lois votés à l’Assemblée Nationale n’ont jamais été porté à la connaissance de nos populations. Nos législateurs ont préféré s’adonner à un jeu de cache-cache pendant toute la période de leurs mandats respectifs. Qu’est-ce qui explique cette attitude ? Pourquoi ces lois qui engagent la vie et le devenir de nos populations n’ont jamais été portées à leur connaissance? Pourquoi n’ont-ils jamais réussi à convaincre les décideurs à se pencher sur le développement de notre région, Bocanda ? Telles sont les préoccupations qui m’amènent à remettre en cause, un certain nombre de personnalités de ma région quant à leurs véritables capacités à être au-devant de la scène politique. Je m’attarderai sur le cas des députés, puisque leur rôle de législateur est sujet à polémique et à arnaque ?

Rappel : les différents rôles du députe en circonscription : un agent du développement.

On entend çà et là, que le député n’est pas un agent du développement. Cette conception sort aussi bien de nos élus locaux que de ceux qui ignorent ou feignent d’ignorer le rôle fondamental du député.

En effet, en plus de distinctions théoriques sur le rôle du député au sens large, le rôle de celui-ci peut aussi varier à l’échelle de sa circonscription. Son rôle peut évoluer dans le temps et selon le parcours politique de chacun. Différents styles peuvent donc être perçus. Ainsi, nous pouvons identifier sept fonctions jouées par les députés qui se déclinent de la façon suivante :

  1. Soupape de sûreté,
  2. Agent d’information,
  3. Dignitaire local,
  4. Porte-étendard,
  5. Bienfaiteur,
  6. Ami influent,
  7. Promoteur des intérêts de la circonscription.

D’abord, le contact avec un député permet aux citoyens, donc à nos populations d’exprimer leur point de vue sur les politiques publiques. Le député peut ainsi servir de courroie de transmission entre la population et la haute sphère politique. À l’inverse, un député peut servir d’agent d’information sur les programmes et les services gouvernementaux. Par ailleurs, le député est appelé à agir comme dignitaire local pour souligner les évènements importants à survenir dans sa circonscription. Qu’il soit invité à prendre la parole ou non, représenté par un membre de son équipe ou présent en personne, cela confère une importance accrue à l’événement. Le député peut aussi être appelé à jouer le rôle de porte-étendard d’une cause ou d’un évènement. Ce cas s’est présenté avec l’honorable Éliane N’ZI N’da quand elle fut saisie par les populations de Menou et de Proukro dans le problème d’orpaillage clandestin dans lequel la préfecture de Bocanda et le sous-préfet de Kouadioblékro se sont rendus complices des orpailleurs clandestins.

Cela implique un appui, un engagement personnel qui peut prendre différentes formes. Le rôle de bienfaiteur, quoiqu’en déclin, mérite cependant d’être précisé. Il s’agit d’aider un individu ou un groupe, sans pour autant que celui-ci rencontre un problème avec l’administration. À l’inverse, lorsqu’un député agit comme un ami puissant, il intervient en faveur d’un commettant ou d’un groupe auprès d’un tiers.

Enfin, un député peut agir en défendant ce qu’il conçoit être l’intérêt général de sa circonscription. Il peut alors se voir comme un réel agent de développement, voire comme le lobbyiste de sa circonscription. Le projet 1 Agba = 1 hectare de manioc lancé par l’actuel député de Bocanda, Mme Éliane N’zi en est un exemple. Elle a donc pris l’engagement de participer hâtivement au développement de tout le Conseil régional du N’zi, allant même au-delà de sa circonscription. Ainsi, la pose de la première pierre des trois unités de transformation de manioc à Dimbokro, Bocanda et Kouassi-Kouassikro et la remise de Broyeuses, d’Essoreuses, de Semouleurs-Défibreurs et de Cuiseurs, constituant la chaîne de transformation du manioc aux populations de la région du N’zi vient résoudre en partie le problème économique et ses conséquences sociales sur les populations du N’zi. Ces différents rôles sont concurrents, sans pour autant être mutuellement exclusifs. Ils occupent une place différente selon le style adopté par un député, selon ses intérêts et ses aptitudes personnels. Trois types de députés de circonscription peuvent apparaître ainsi : le travailleur social, l’agent de développement local et le député hybride qui remplit ces deux fonctions. Le cas de l’actuel député se présente alors comme un cas d’école à copier et à appliquer.

Etre un acteur de développement n’est pas forcément l’apanage des postes à budgets. Dire le contraire relève d’une méconnaissance du rôle véritable du député, d’une mauvaise foi ou même de la logique de tourner en bourrique nos populations. Un tel argument, infondé, fait partie des stratégies de fuite en avant des défenseurs de cette thèse et ceux qui le savent, y compris les concernés eux-mêmes pataugent dans la boue du mensonge grotesque.

Du refus de jouer son rôle à la fissuration du mur : quand le spectre de l’ouest plane sur notre région

Colonisation des terres, orpaillage clandestin constituent les principaux maux qui minent Bocanda depuis près d’une décennie. Le mutisme de certains de nos hommes politiques, des cadres et élus, la complicité maladive de certains chefs de village, certains présidents de mutuelle, de nombreux jeunes constituent le lot de misères qui frappent notre région et à terme, créera le plus grand fléau jamais vécu par Bocanda.

La question de l’orpaillage

ORPAILLAGE CLANDESTIN A PROUKRO Atoungblan.net
ORPAILLAGE CLANDESTIN A PROUKRO

Cette question concerne, la quasi-totalité de tous les villages de Bocanda et de Dimbokro. Ainsi, à l’heure actuelle, Ndamien est devenu un eldorado pour tous les orpailleurs clandestins indésirables dans les villages où la tentative de corruption en complicité avec le sous-préfet de Kouadioblékro et le préfet de Bocanda n’a pas prospéré : Proukro et Menou. Les cas de Proukro et Menou ont été réglé grâce à la vigilance et à la promptitude du chef de village de Proukro, de nos députés, du maire de Bocanda et un groupe de cadres ayant décidé de prendre au sérieux cette question de l’orpaillage clandestin. A vrai dire, la question de l’orpaillage clandestin est une véritable épine plantée dans la moelle épinière de Bocanda et capable de la paralyser à tout moment. Les dérives liées à cette pratique, les acteurs impliqués : certains présidents de mutuelles, chefs de villages, cadres, jeunes etc. et la complicité de certains de nos autorités administratives en l’occurrence le sous-préfet de Kouadioblékro et le préfet de Bocanda constituent le lot de misères vécues par nos populations et constitueront dans l’avenir, le théâtre et la source de tous les conflits que l’ouest de la Côte d’Ivoire vit actuellement. Une implication de tous les fils lucides de la région s’impose afin de mettre fin à cette saignée. Nous avons besoin de former un bloc autour de cette question pour situer les responsabilités et punir les coupables, quel que soit leur rang social. La tranquillité et la paix sociale ont un coût.

La colonisation des terres

Tout comme dans les pays d’Amérique latine, la colonisation des terres devient au fil du temps, un phénomène inquiétant. Depuis près d’une décennie, des sociétés agro-forestières investissent des zones entières. Nous avons par exemple le groupe SOLEA qui opère à Proukro, et dont les employés se sont rendus coupables de nombreux forfaits : dettes impayées, querelles entre eux et entre eux et certains villageois, malhonnêteté de toutes natures. Actuellement, un problème en cours, et qui mobilise tous les fils de Kanoukro, dans la sous-préfecture de Bocanda en dit long quant à une véritable prise de conscience des fils et fille de Bocanda. En effet, selon un courrier adressé au préfet de Bocanda en date du 12 mai 2017 par les familles KONAN Kouamé, KOUADIO Kouakou et l’ensemble des dix familles formant le village de Kanoukro, dont ampliation a été faite au Président du Conseil Régional du N’zi, le maire et le député de de la ville, il est question d’un dénonciation d’une mutation de certificat foncier d’une parcelle située à Kanoukro au sieur OKOU Eugène. Ce courrier, signé par le SG de l’association de Kanoukro, M. KOFFI Kouassi Séraphin, retrace tout le parcourt fais par les fils et filles du village pour dénoncer une forfaiture de monsieur MISSA Alexis, infirmier au CHR de Dimbokro et son neveu KOUKOU Albert, qui se sont rendus coupables de vente de parcelles depuis 2013 et qui aboutit à l’expropriation de ces parcelles aux propriétaires et une « descente musclée de la gendarmerie à Kanoukro le 27 décembre 2015 ». Une plainte formulée devant le tribunal militaire d’Abidjan, enregistrée sous le numéro 264/du 12/12/16/TM est restée jusqu’à présent sans suite. Ce cas singulier fait partie d’un vaste ensemble de vente de terres avec des complicités internes et externes dans le département de Bocanda, chose qui doit mobiliser tous les fils et filles pour faire barrage à une méthode qui risque de détruire notre région.

La question de la coupe de bois

Cette autre question, hautement sensible et dégradante menace notre région. Des coupes de bois en désordre, sans le consentement des propriétaires fonciers fait rage actuellement dans la sous-préfecture de Kouadioblékro : Aboutoukro, récemment, Attanou-Kouadiokro actuellement, il s’agit de faits qui accablent plus d’un. Nous y reviendrons dans nos prochaines publications sur ce dossier de l’exploitation frauduleuse et abusive de la fôret en jouant sur l’ignorance des population rurales.

Le cas singulier de l’honorable Éliane N’ZI N’da : un modèle de député qui sied à Bocanda ?

Je ne cesserai de parler de ce projet car, je crois qu’il mérite d’être promu dans le cadre du développement de proximité. En effet, presque méconnue de la population de Bocanda, l’honorable Éliane N’ZI N’da est apparue en tant que promotrice du projet « Un Agba = un hectare de manioc« , lequel projet revêt une importance capitale et un aspect rassembleur en termes de superficie (région du N’zi), de son caractère unique (le seul projet d’envergure conduit par un ressortissant de la région à ce jour en plus d’être une femme), de sa popularité (des sections installées jusque dans les zones les plus reculées de notre région), de son aspect salvateur (à terme, ce projet pourra relancer notre région et la repositionner comme une zone économique incontournable au plan national, et surtout de la polémique qui entoure ce projet (sa réussite mettra à nue certains membres de la classe politique de Bocanda quant à leur comportement qui, au lieu de rassembler, divise la population dans le seul but de les voir émerger seuls, eux et leurs proches).

attoungblan.net un agba un hectare-d-agba
Projet 1 Agba = 1 Hectare d’agba: Les machines remise par le Député de Bocanda

L’une des conséquences logiques qui découle, c’est que Mme le député est devenue populaire en si peu de temps. Non seulement elle a investi le terrain (elle parcourt hameaux, villages, sous-préfectures) pour visiter les différents champs en cours de réalisation, mais en plus, depuis son élection, elle mène des actions continues sur le terrain (le règlement du problème d’orpaillage en compagnie de son homologue, leurs suppléants et le maire de Bocanda) si je ne peux citer que cette action. Elle n’a jamais cessé de mener des actions sociales sur le terrain depuis son admission à l’hémicycle. En effet, ses bras tendus, pour soutenir nos populations relèvent plus d’un cœur de femme prête à tout mettre en œuvre pour venir en aide aux populations à la recherche d’un repère. Qui peut objectivement remettre en cause cette action ?

Notre région à tous est le théâtre d’un jeu d’intérêts qui divise ses filles et fils. Pourtant, nous sommes condamnés à vivre ensemble, car personne ne peut changer de région ; ce qui choque, c’est le comportement de certains membres de la classe politique de notre région, lequel comportement n’a rien à avoir avec le discours officiel. Nous avons besoin d’un pacte nouveau, réapprendre à vivre ensemble dans notre diversité, opinions contraires mais orientés vers de nouveaux défis dans le cadre de notre décollage économique, politique, social, structurel, culturel.

Bocanda a besoin de tous ses fils et filles, toutes sensibilités confondues dans un élan de rassemblement, de solidarité et de cohésion.

Le nouveau pacte proposé l’honorable Eliane N’ZI N’Da, et contenu dans ce projet mérite d’être promu. Ce pacte qui se résume en la recherche du développement et la résolution du chômage s’inscrit dans la vision du Père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, à savoir mettre les idées ensemble pour impacter positivement le développement social et le progrès qui profite à tous. Nous avons donc besoin d’une union autour de ce projet. La remise du matériel à Bocanda au mois de juin est un signe révélateur de cet esprit qui est l’aboutissement d’une action mûrie, réfléchie, pensée et finalement mise en route dans le cadre d’une orientation stratégique de l’avenir de Bocanda. Ne nous trompons donc pas de combat, de vision et d’objectif en cautionnant les divisions et en combattant un projet qui, au finish profitera à tous nos parents.

Conclusion

Nous sommes devant un cas d’une extrême gravité au regard des faits en cours et donc une prise de conscience et des actions vigoureuses, administratives et politiques doivent déterminer ou situer les responsabilités et sanctionner les coupables. Le requiem de Bocanda qui a commencé à être dit s’intensifiera si tous les fils réunis ne mènent pas ces actions afin d’arrêter l’hémorragie en cours.

Par YAPI Michel

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :