BOCANDA ET LE SYNDROME DU TITANIC

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Nicolas Hulot, écologiste réputé, ardent défenseur d’une gestion responsable de notre planète, a réalisé un film intitulé « Le Syndrome du Titanic ». Il y compare l’attitude des hommes, concernant le devenir de la terre, à celle du personnel et des passagers lors du naufrage du Titanic. Plusieurs personnes ayant vu ce film ont avoué se sentir totalement impuissantes devant la situation de notre terre et désespérées devant son évolution prévue : à vue humaine, il n’y a pas de solution.

Et c’était bien le cas pour les passagers du Titanic en cette nuit tragique du 14 au 15 avril 1912. Il y a eu un moment où l’architecte, le constructeur et le capitaine du navire ont pris conscience que le problème était sans solution et, par conséquent, la situation désespérée. Le navire allait inexorablement sombrer, entrainant la mort de 1500 personnes.

Le parallèle avec la situation actuelle de Bocanda ne manque pas de solennité. Le désordre organisé, la destruction de l’environnement par l’exploitation clandestine du bois, du charbon et de l’or avec la complicité maladive de notre administration locale, certains cadres, élus, et présidents de mutuelles, présidents de jeunesse et certaines familles. Tous ces fléaux et leur lot de pollution de l’air, de rivières, d’injustices sociales qui s’aggravent, le rejet de toutes les règles morales, la dévotion au dieu « argent » vont, à plus ou moins long terme, conduire notre région à la catastrophe. C’est ce que Nicolas Hulot appelle le syndrome du Titanic.

En effet, Bocanda est une « sous-préfecture de première classe », pour emprunter les termes de mon ex-professeur d’Histoire-géographie de 1ère au Lycée Moderne de Dimbokro. Mais depuis les indépendances jusqu’à ce jour, il n’y a pas encore eu une politique sérieuse de développement. Aucune banque, un lycée digne d’un pays d’une ville enclavée avec une route devenue piste etc…

En réalité, et cela est ma conviction, aucun politique ne viendra développer notre région à notre place. Ce qu’il faut pour sortir du sous-développement mental dans lequel se sont réfugiés toutes les forces vives de notre région, et j’en suis également fortement convaincu, il faut une prise de conscience individuelle et collective.

Malheureusement, le véritable cancer qui ronge Bocanda, ce sont des comportements égoïstes, méchants et pervers comme conséquences d’une division entretenue par certains cadres qui, à mon sens, ne veulent pas voir la ville et ses occupants bénéficier du bien-être moral, matériel dont tout individu en a droit. Bocanda est malade de ses cadres, plus préoccupés à entretenir une jeunesse qui nage entre mendicité, soucis moraux et sociaux et un avenir en pointillé. Cette jeunesse malheureusement se refuse à voir la valeur intrinsèque qu’incarnent certains leaders et se sont littéralement braqués Je note par-ci et par-là, des positions qui ne cadrent pas réellement avec les valeurs morales et sociales qui doivent régir toute société humaine et cela me rappelle fort curieusement le texte « los motivos del lobo », du célèbre poète nicaraguayen de Rubén Darío dont je vous livre une partie :
(…)

« Hermano Francisco, no te acerques mucho…
Yo estaba tranquilo allá en el convento, al pueblo salía, y si algo me daban estaba contento y manso comía.
Mas empecé a ver que en todas las casas estaban la Envidia, la Saña, la Ira,
Y en todos los rostros ardían las brasas de odio, de lujuria, de infamia y mentira.
Hermanos a hermanos hacían la guerra, perdían los débiles, ganaban los malos, hembra y macho eran como perro y perra, y un buen día, todos me dieron de palos.
Me vieron humilde, lamía las manos y los pies.
Seguía tus sagradas leyes, todas las criaturas eran mis hermanos: los hermanos hombres, los hermanos bueyes, hermanas estrellas y hermanos gusanos.
Y así, me apalearon y me echaron fuera.
Y su risa fue como el agua hirviente, y entre mis entrañas revivió la fiera, y me sentí lobo malo de repente;
Mas siempre mejor que esa mala gente.
Y recomencé a luchar aquí, a me defender y a me alimentar.
Como el oso hace, como el jabalí, que para vivir tienen que matar.
Déjame en el monte, déjame en el risco, déjame existir en mi libertad, vete a tu convento, hermano Francisco, sigue tu camino y tu sanidad.
El santo de Asís no le dijo nada.
Le miro con una profunda mirada, y partió con lágrimas y con desconsuelos, y habló al Dios eterno con su corazón.
El viento del bosque llevo su oración, que era: Padre nuestro, que estás en los cielos… »

Par Blessing

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