« BLÔLÔ » OU L’AU-DELÀ : LE PARADIS ET L’ENFER CHEZ LES BAOULÉ (2ème Partie)

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L’ENFER N’EXISTAIT PAS POUR LES BAOULÉ AVANT L’ARRIVÉE DES OCCIDENTAUX

Dans la phrase « be blô kè lô nti ô ! », blôlô peut être également interprété comme le lieu de châtiment extrême : l’enfer. En effet, chez le Baoulé, la prudence est de mise. Quand on ne connait pas un endroit, quand les gens en parlent, mais que personne n’y a jamais mis les pieds pour témoigner de la véracité de l’existence de ce lieu, il y a une certaine prudence qu’il faut adopter.

L’enfer pourrait donc être ce lieu de punition de tous les méchants qui empestent la vie des autres dans la société. Les expressions « blôlô sin » (le feu de l’au-delà), « be blô kè sin dan koun wo lô » (les gens affirment qu’il y a un grand feu là-bas), revient à faire cette interprétation: « be n’ga ba souman Gnanmien su, be diè ne hué » (ce sera la fin de tous ceux qui n’auront pas cru en Dieu). Si donc le bien existe, c’est que son opposé, le mal, existe aussi. L’enfer, lieu de punition sévère pour ceux qui s’adonneraient gratuitement au mal au sein de la communauté ne peut être une création de Dieu qui est Amour, Miséricorde, Pardon.

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N’est-ce pas pour cela que les dix commandements se résument à l’Amour? En effet, son Amour étant infini, Dieu ne saurait accepter que dans son Royaume il existe un quelconque enfer, diamétralement opposé à sa vision : le beau ne peut côtoyer le laid. Le Baoulé croit que le paradis existe, raison pour laquelle blôlô fait partie de son vocabulaire et de son imaginaire. Les expressions « blôlô sin » (le feu de l’enfer), « be blô kè sin dan koun wo lô » (les gens affirment qu’il y a un grand feu là-bas), « be n’ga ba souman Gnanmien su, be diè ne hué » (ce sera la fin de tous ceux qui n’auront pas cru en Dieu), sont une pure invention judéo-chrétienne.

L’univers baoulé était étranger à ce langage avant le matraquage de l’esprit des Africains, c’est-à-dire avant l’intromission de la religion révélée sur leurs terres. Si les victimes attendent en chemin le faiseur de mal pour le corriger avant d’atteindre le blôlô, c’est parce que ces derniers constituent un rempart pour éviter de souiller le royaume céleste, la demeure de Dieu. Cela ressemble étrangement à une pratique ancienne en pays baoulé où l’on bannissait celui qui est coupable de fautes graves afin que son mauvais sang ne contamine pas le reste de la communauté, à travers le mariage par exemple.

Suite: « BLÔLÔ » OU L’AU-DELÀ : LE PARADIS ET L’ENFER CHEZ LES BAOULÉ (3ème Partie et Fin)

Par YAPI Michel

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