BÉTI DU CAMEROUN ET BAOULÉ DE CÔTE D’IVOIRE: QUELQUES SIMILITUDES LINGUISTIQUES

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L’Afrique est riche de sa diversité et de ses valeurs culturelles. L’Afrique est riche de ses peuples et de ses hommes et femmes. Mais dans cette diversité, l’Afrique est unique. Il suffit de regarder attentivement les habitudes linguistiques des peuples pour s’en rendre compte.

Il y a 4000 à 5000 ans, nous racontent les anciens, l’émergence de l’agriculture a marqué un tournant décisif dans l’histoire de notre Afrique: ayant maîtrisé la nouvelle technologie qui leur permettait d’investir de nouveaux territoires, les peuples de langues bantoues, jusqu’alors chasseurs-cueilleurs vivant dans une région située entre le Cameroun et le Nigeria, ont progressivement étendu leur zone d’habitat et, suivant un périple de plusieurs millénaires, se sont installés dans toute l’Afrique subsaharienne.

La séparation progressive de ces peuples et leur évolution linguistique, n’a pas totalement affecté ce lien, si bien qu’aujourd’hui, de nombreux liens linguistiques subsistent encore entre eux.

Suite à ma rencontre avec monsieur Essimi, Camerounais vivant en Côte d’Ivoire et nos différentes conversations, il a été étonné de constater que des mots de leur répertoire linguistique se retrouvent chez les Baoulé, d’où ma curiosité d’ouvrir une piste de réflexion qui pourrait être approfondie par les spécialistes de la question, n’étant pas moi-même spécialiste de linguistique.

VOCABLES ET EXPRESSIONS CRÉOLES D’ORIGINE BAOULÉ

Chez les Béti du Cameroun et les Baoulé de Côte d’Ivoire, quelques vocables marquent la ressemblance linguistique. Par exemple, le verbe manger (di) se retrouve chez les deux groupes ethniques avec des variations identiques: di minga (béti)/ di bla (baoulé)=coucher avec une femme. De même, le Béti dit za di (viens manger) et le Baoulé bla di (viens manger). Le verbe mourir en béti se dit awu (awou); les Baoulé disent wu (wou).

La conjugaison à la deuxième personne du singulier et à la troisième personne du singulier et du pluriel sont aussi semblables à quelques nuances près. Ainsi donc, quand le Baoulé dit wa wu (il est mort, passé composé), le Béti dit : wa wu (tu meurs, temps présent). Il en est de même pour la troisième personne du pluriel : le Baoulé dit : be wu (ils vont mourir, subjonctif présent ou futur simple) et le Béti be wu (ils sont morts, passé composé). À la troisième personne du singulier, quand le Baoulé prononce : wa wu (il est mort, passé composé), le Béti fait a wu (il est mort, passé composé).

L’arrivée des Anglais sur le continent africain a participé à l’enrichissement du vocabulaire de certains peuples de sorte que le vocable vélo (bicycle) a subi une influence aussi bien chez les Béti basiko (se prononce basko) que chez les Baoulé: basikè. Notons que le Baoulé utilise aussi le mot kpanngɔ (kpanngô).

Le vocable désignant la maison est plus expressif chez les deux peuples. En effet, chez le Béti dit nda, terme qui se rapproche de la conjugaison du verbe se coucher à la première personne en baoulé (je me couche). N’est-ce pas que la maison est faite pour dormir? Le Baoulé désigne la maison par swa, qui signifie littéralement porter.

Suite: LES BÉTI, LES BAOULÉ ET L’ÂME DU VIN

Par Dr. YAPI Michel

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