« AWFWȆ » OU  « BIN » : L’ÉTRANGER

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« Salut ô Terre d’espérance/Pays de l’hospitalité… » Telles sont les premières paroles de l’Abidjanaise, l’hymne national de Côte d’Ivoire. Plutôt qu’une incitation à l’accueil et à l’ouverture aux autres, ces paroles ne font en réalité que traduire une tradition de l’accueil fortement ancrée chez les Ivoiriens, et qui peut s’expliquer par le sens même du mot « étranger » dans certaines de nos langues.

L’étranger est celui qui vient de loin. Il est donc fragile et vulnérable par nature. En Baoulé, le terme « awfwê » par lequel on le désigne signifie littéralement « celui qui a faim » ou à qui il manque quelque chose. Ce qui manque à l’étranger et qui le rend fragile et vulnérable, ce sont, entre autres, un toit, une famille, un repère, de la nourriture, des ressources, etc. Dès lors, accueillir l’étranger c’est faire acte de charité, de fraternité. C’est lui ouvrir sa maison et son cœur, afin qu’il y trouve un toit et une famille.

En Gouro, on dit « bin ». Il y a de forte chance, malgré la différence de ton, que ce mot dérive du verbe « bintchi » qui signifie « attendre ». Le « bin » ou « étranger » est par conséquent « celui qu’on attend» , et puisqu’on ne sait jamais quand il peut arriver, on prépare en principe toujours un peu plus pour avoir de la nourriture en réserve au cas où. Ce qui est ainsi réservé est désigné par le terme « binla ». Tant et si bien que lorsque le Gouro voyage, il se dit qu’il part à « binfla », le village, le lieu où on attend.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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