AUX SOURCES DU « TOUKPÊ »

0 334

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Le « toukpê » signifie en baoulé « promotionnaire ». C’est un synonyme du mot « mangouh ». Chez les Baoulé, les personnes d’âges voisins (au plus un an d’écart) sont dites « mangouh » ou « toukpê ».

Ces personnes peuvent alors plaisanter entre elles par des taquineries, des injures non humiliantes. On dit « be sou di toukpê » ou encore, « be sou di mangouh ». Dans cette disposition d’esprit, personne ne doit se fâcher. Si une personne se fâche, tout le monde l’interpelle en lui rappelant qu’il s’agit du « toukpê » et donc qu’elle ne doit pas se fâcher. Ainsi donc, seuls des promotionnaires peuvent plaisanter de cette façon (« toukpê dilè »).

Pour éviter de s’attaquer ou de s’affronter, deux peuples voisins immédiats ou éloignés vont se mettre dans une position d’égalité (promotionnaires), donc de « toukpê », afin de banaliser toute situation (homicide, adultère, viol, vol…) pouvant créer un conflit entre eux.

Étant donné que ces deux peuples ne sont pas réellement « toukpê », pour rendre cette disposition d’esprit réelle, ils vont sceller un pacte de non-agression par du sang humain et/ou animal en prononçant des paroles de malédiction à l’encontre de toute personne qui violerait l’alliance.

Désormais, les deux peuples sont sur un pied d’égalité (vu d’esprit). Ils peuvent alors jouir du « toukpê », c’est-à-dire se taquiner, plaisanter sans se fâcher. D’où le « toukpê » Baoulé-Agni, Baoulé-Abron et j’en passe.

Mais aujourd’hui, par ignorance ou du fait du modernisme, le « toukpê » est violé entre ces ethnies, d’où les conflits çà et là dans notre pays. Qu’incessamment nos chefs traditionnels réveillent le sens noble de ces alliances interethniques pour ramener la paix dans notre nation.

Par Jean Martial KOFFI

NB: Le titre est de notre rédaction

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :