AU NOM DE QUELLE MORALE ET DE QUELLES NORMES OSEZ-VOUS ?

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Ne prenons pas la conséquence pour la cause pour nous donner bonne conscience. Soyons honnêtes pour une fois afin de faire un diagnostic juste de l’état moral de notre société dans l’ultime objectif de lui trouver les remèdes idoines.

Ceux qui ont la responsabilité officielle d’offrir à la société les conditions indiquées de vie sont là. Ils reçoivent un traitement particulier de la part du contribuable pour cette mission. Depuis combien de temps notre société est-elle à la dérive ? Depuis combien de temps nous rejetons-nous mutuellement la responsabilité et la culpabilité de nos échecs répétés? Il est trop jeune pour porter le lourd fardeau de nos incapacités et incompétences. Il est une idole de la jeunesse. Mais, de quelle jeunesse ? Simplement de celle que nous avons détruite dans nos conflits et démissions d’adultes et de parents.

Les zougloumen nous ont pendant longtemps interpellés sur la voie de la perdition et de la perversion que nous donnions à notre société. Nous avons fait la sourde oreille et l’autruche face aux nombreux risques de chaos que nous préparions par notre comportement collectif et individuel.

DJ ARAFAT N’ÉTAIT-IL PAS DÉJÀ MORT ?

MOTO1

DJ Arafat a déposé devant nous, par sa musique et à travers tout son art ce que nous avons fait de notre progéniture. Pendant environ une quinzaine d’années il nous a exposé les conséquences de nos erreurs, de nos fautes, de notre égoïsme et de notre égocentrisme. Il en a été un des produits, une des victimes. Et c’est tout à fait logique que les nombreuses victimes que nous faisons chaque jour se reconnaissent en lui jusqu’à le porter en triomphe. Il n’est pas la cause. Il est l’une des réponses que les jeunes ont trouvées à leur mal-vivre, à leur mal-être dans une société en déliquescence, en totale déconfiture. Nous l’avons tous censuré sur les média publics et dans nos foyers sans vergogne, parce que nous lui attribuons les résultats malheureux de nos choix irresponsables. Alors que nous savons tous en notre for intérieur que le malaise profond qui assombrit notre société vient de nous, bien avant son apparition sur la scène publique. Nous voulions le récupérer pour faire de lui le faire-valoir idéal. Nous voulions lui imposer de porter l’image contre laquelle il se bat dans sa musique. Nous lui avons exigé de se tuer pour nous, pour ce que nous sommes. Il a dit NON. Il a préféré mourir en étant ce qu’il est et pour ce qu’il est: notre mauvaise conscience. Il a su se sublimer à travers son art. Il ne nous donnera jamais l’occasion de nous sublimer à travers sa personne. Et nous avons continué à l’accabler pour tout. Il en a eu assez et il nous a abandonné notre société pour rejoindre les cieux. ADIEU L’ARTISTE !

Par Le Prince de Laboll

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