APPRENDRE À VIVRE SOUS LE COVID-19: LES FAUX PAS D’UN NOUVEAU «DANSEUR DE MASQUE»

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La menace grandissante du Coronavirus alias Covid-19, et les mesures prises pour juguler partout le mal, obligent chaque citoyen à changer de comportement, à adopter de nouveaux gestes pour s’adapter à la situation qui prévaut. Le défi est d’autant plus important qu’il s’agit, au fond, de réapprendre à vivre, d’acquérir de nouveaux réflexes en un temps record. Même pour des gestes aussi banals que se saluer, se laver les mains ou porter des masques.

Ah les masques! En temps normal, chez nous, n’est pas danseur de Zaouli ou de Goly qui veut; encore moins des vilains masques du nord et de l’ouest de notre pays qui rivalisent de laideur pour effrayer les enfants. L’allié interethnique que je suis pour tous les peuples de là-bas peut se permettre d’écrire haut et fort cette vérité sans risquer d’être amendé. Mais voilà que, foulant au pied toutes ces normes sociales, le Covid-29 vide nos coutumes et traditions de leur substance.

Tout le monde doit porter un masque, sans distinction d’âge, de sexe ni de lignée, pour danser sans musique en cherchant à éviter les pièges invisibles tendus par un ennemi mystérieux. Le combat en est presque mystique, perdu d’avance pour le commun des mortels qui, sous nos cieux, constituent habituellement des proies faciles pour la mort. Après une semaine de confinement léger, et au moment où le gouvernement ivoirien vient de corser les mesures de lutte contre la pandémie mondiale, je dois accompagner mon ami et frère, le Dr. Yapi Michel, à Bocanda pour les funérailles de son grand-frère décédé. À la faveur de ce voyage, je décide de me procurer un masque de protection et m’associer à l’élan planétaire pour stopper la propagation du virus.

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Dans une pharmacie de la commune d’Abobo (Abidjan) qui m’accueille, le vigile à la porte porte un masque. Il vous met une dose calculée de gel hydro-alcoolique dans la main avant de vous laisser franchir le seuil. Dedans, la caissière porte également un masque, tout comme celle à qui je m’adresse pour savoir s’il y a des masques en vente: «C’est 500 francs», me répond-elle directement pour gagner du temps. L’inflation est passée par là. Mais ai-je le choix? J’en prends deux et la caissière m’arrache 1000 francs CFA. Je laisse pour moi à Dieu…

À peine je sors de l’officine que je porte mon masque; je l’ai bien acheté pour cela. Le voyage a maintenant commencé. Assis sur l’un des sièges arrière de la Peugeot 406 qui nous transporte, je sirote du gnanmankoudji (jus de gingembre) dans une bouteille en plastique pour garder ma gorge toujours humide. C’est une recommandation des spécialistes pour prévenir le Coronavirus. Pas le jus de gingembre, mais le fait de ne pas laisser sa gorge trop sécher. Une première fois, je me suis oublié et, ayant tenté de boire un peu de mon jus, je me suis rendu compte que le masque refermait le trou de ma bouche. J’ai dû l’enlever avant de boire.

Mais en parlant de faux pas ou de maladresses, de réflexes mal ou pas du tout encore acquis, le meilleur était à venir. À Dimbokro où nous arrivons autour de 14h, je ressens une forte envie d’aller me soulager la vessie. En m’approchant de la broussaille à proximité, moi qui aie tendance à le faire comme une femme enceinte selon mon épouse, je ne peux m’empêcher de cracher. Ce n’est qu’après coup que je constate que j’avais encore le nez et la bouche masqués. Je venais donc de cracher dans mon propre masque. Je vous épargne le reste.

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

 

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