AMANTANKPAN : DE L’ORIGINE DE LA SURVEILLANCE ASSISTEE A LA SECURISATION DES BIENS

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L’Afrique, notre Afrique, l’Afrique ancestrale, et non la colonisée, celle de nos aïeux, la vraie Afrique, était en avance sur la technologie.

Même dans sa forme la plus évoluée actuellement, ni la caméra, encore moins le satellite n’égalent cette technologie millénaire qui existait bien avant l’arrivée des religions révélées, c’est-à-dire le christianisme et l’islam.

Cette merveille que possédait le continent africain a été perdu sous leurs influences. L’une des formes les plus achevées de cette technologie ancestrale est le Amantankpan. En quoi consistait-elle ? Pourquoi a-t-elle disparu et pourquoi doit-elle refaire surface ?

 

DEFINITION ET EFFETS

Amantankpan, du baoulé « ô mantan« , « qui colle », et « kpan« , une onomatopée, exprime la force d’adhésion, d’attraction ou la force avec laquelle une chose se colle à une autre. En outre on pourrait aller un peu plus loin pour dire « wa mantan kpan« , « ça bien pris, ça bien collé, il est fortement collé ». En d’autres termes, le Amantankpan est une sorte de « cadenas mystique » qui permet « d’enchaîner » le voleur à la chose volée.

C’était un système de sécurisation de biens qui permettait d’immobiliser le voleur et de le maintenir jusqu’à l’arrivée du propriétaire de l’objet volé.

Cependant, il faut reconnaitre que le Amatankpan n’a pas servi qu’à sécuriser des biens, mais aussi des personnes, comme ce fut le cas avec les femmes soupçonnées d’infidélité. Le Amatankpan était appliquée à ces femmes, en ce sens que l’acte sexuel dans le cas de l’adultère était assimilé au vol. Il permettait donc de prendre la femme sur les faits. Ainsi, on pouvait retrouver la femme infidèle et l’homme coulés après les rapports sexuels. L’exemple fut le couple collé à l’hôtel La Paix à Abobo.

Dans l’Afrique d’avant la colonisation, à défaut d’un système organisationnel de sécurité (police, gendarmerie, armée), le Amantankpan, par son incroyable efficacité permettait de régler le problème de vol.

Sans bruit ni bavure et de façon discrète, il agissait en douceur. Il ne tuait et ne blessait point, mais il permettait de prendre le voleur la main dans le sac. D’ailleurs, nous croyons que l’expression « prendre le voleur la main dans le sac » vient de là. L’auteur du vol, de façon inexpliquée, voire mystique perdait son chemin ou restait immobilisé. Quand il ne l’immobilisait pas, il tournait sur lui-même, en attendant le propriétaire, seule personne habilitée à le délivrer. Ce dernier, par un geste anodin que seuls les initiés et lui détenaient, pouvait le remettre en liberté.

LE AMANTANKPAN ET LES EFFETS PERVERS DE LA COLONISATION OCCIDENTALE

Durant toute l’étape de pénétration occidentale sur nos terres : exploration, conquête et évangélisation, et enfin, colonisation, les missionnaires sont arrivés avec leur croix, leur feu, leur miroir, leur pacotille, etc. et ont réussi cette prouesse de soumettre toute l’Afrique. Les explorateurs ont parcouru l’Afrique afin de recueillir des informations sur nos sociétés, leurs organisations, leurs cultures et croyances. Ces informations ont facilité la tâche aux missionnaires et colonisateurs car l’une des règles de la conquête qu’elle soit religieuse, culturelle ou territoriale, est que pour prendre un territoire, il faut comprendre son fonctionnement. C’est en cela que l’exploration fut importante.

Quant aux missionnaires, leur rôle dans la perte des valeurs culturelles africaines fut important, en ce sens qu’en tablant sur les faiblesses de nos cultures ils ont réussi non seulement à nous faire accepter la leur, mais aussi à opposer christianisme et tradition africaine. Il fallait donc faire table rase de ce que l’on est culturellement, pour être un bon chrétien.

Vidés de toute substance, nous ne pouvions être qu’une proie facile pour le colonisateur. Nos ancêtres, garants des valeurs millénaires ont donc été pris au piège du mensonge qui a détruit cette belle œuvre acquise gracieusement de Gnanmien Kpli (Le Dieu suprême). Cette corruption cultuelle, culturelle et spirituelle de nos ancêtres a fait s’effondrer ou disparaitre de l’histoire et de la mentalité collective, la grande contribution de l’Afrique dans les archives des grandes découvertes.

POURQUOI PARLER DE AMANTANKPAN ?

Parler de Amantankpan, c’est se souvenir de tout l’arsenal scientifique que l’Afrique, berceau de l’humanité, a légué à toute la planète terre.

Une étude en cours actuellement et en collaboration avec Monsieur N’dri Yao, Analyste en économie de développement sur l’origine africaine de l’économie verte, fait ressortir clairement que la science africaine était des milliers d’années en avance sur celle des pays dits développés actuellement à l’image de la technologie maya d’Amérique latine. Une similitude pourrait s’établir avec ce vaillant peuple d’Amérique latine tout aussi victime que les peuples africains dans leur ensemble.

L’Afrique avait prédit, il y a des milliers d’années le chao climatique actuel. De la métallurgie à l’agriculture en passant par la pêche, la chasse et le commerce nos ancêtres avaient insisté sur les comportements rationnels des différents peuples dans le but de perpétuer l’activité économique afin de la transmettre aux générations futures.

Malheureusement l’Afrique qui a inventé l’écriture, des siècles avant Jésus-Christ n’a pas pu résister à la corruption et au vol de ses valeurs scientifiques et culturelles. Nous y reviendrons.

YAPI Michel

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