ALIÉNATION CULTURELLE : UN CADEAU DE NOËL EMPOISONNÉ

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L’une des raisons profondes de la perte de repères chez le Noir en général et l’Ivoirien en particulier, c’est sa propension à absorber, sans modération aucune, tout ce qui provient de l’extérieur.

Il le fait bien et progressivement au détriment de ce qui lui appartient en propre. La perte de repères de l’Ivoirien est également liée à son degré d’aliénation culturelle suite à la découverte d’autres cultures, comme conséquence d’une mondialisation taillée sur mesure. Dans cette perspective, la culture occidentale est très vorace, car elle a fini par apprivoiser la nôtre et la rendre malléable à souhait. Depuis donc l’apparition de la croix, comme conséquence d’une défaite millénaire, et envahies par l’émotion, les âmes sensibles noires se sont rendues vulnérables aux assauts des religions dites révélées, qui balaient sur leur passage tout ce qui n’est pas conforme à leur vision comme pour dire, si tu n’es pas avec moi, c’est que tu es contre moi.

Parmi les éléments qui ornent cette perte, les fêtes religieuses occupent une grande place et le Noël se présente comme un élément central. Quelle est l’origine de cette célébration devenue populaire dans notre pays ? Avons-nous des liens avec tous les symboles qui meublent son contenu : réveillon, sapins, Papa Noël, cadeaux, neige ? Quel est le sens de la transe qui anime l’Ivoirien à l’approche et pendant cette célébration ?

L’objectif de cette publication n’est pas une remise en cause de la foi et la croyance d’un individu. Elle voudrait interroger notre conscience quant à notre obsession à copier une pratique sociale et religieuse venue d’ailleurs et qui s’est imposée comme une valeur culturelle incontournable mais qui ne colle pas réellement avec notre environnement socioculturel. Dans quel état d’esprit donc devons-nous appréhender cette célébration ? Trois éléments importants guideront notre réflexion : les saisons, la religion et les faits historiques.

Papa Noël

Origine de la fête de noël :

Au commencement, c’était la célébration le 25 décembre à Rome, pour le solstice d’hiver, du culte de Mithra, la fête de la divinité perse de la lumière. Mithra était pour les Perses, le soleil invaincu. Cette célébration se déroulait déjà au premier siècle avant Jésus-Christ, à travers le sacrifice d’un jeune taureau. D’origine perse, cette célébration fut importée à Rome par les légionnaires romains. Aujourd’hui, la fête de Noël a envahi toute la planète par la force du christianisme.

Fêter un anniversaire de naissance ne faisait pas partie des traditions juives, car ces pratiques n’étaient pas d’origine juive. Les premiers chrétiens les ont rejetées jusqu’au IVe siècle de notre ère. La fête de Noël n’existait donc pas au début du christianisme.

C’est seulement à partir du IIe siècle que l’Église a cherché à déterminer dans l’année le jour de la naissance de Jésus sur lequel les évangiles ne disent rien. Différentes dates furent ainsi proposées : 6 janvier, 25 mars, 10 avril. Plus tard, Vers 330 ou 354, c’est l’empereur Constantin qui décidera de fixer la date de Noël au 25 décembre. En 354, le pape Libère instaura la fête du 25 décembre qui acquiert une valeur symbolique et marque le début de l’année liturgique.

DE LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE A L’ALIÉNATION : LES SIGNES VISIBLES DE L’ALIÉNATION RELIGIEUSE ET LEURS AUTEURS

Pour ce qui est de la fête de Noël, apparaissent nombreux signes visibles de notre aliénation : décorations de sapins dans toutes les artères de nos villes et dans pratiquement tous les salons. Au départ, les sapins ne représentaient que de simples arbres, qui rappelaient certes le paysage européen, mais en l’absence de la neige qui les couvrait, l’aliénation était voilée à moitié. Avec le temps, et suivant toujours les Occidentaux, qui ont réussi à agrémenter la célébration de leur culture en la collant mieux à leur réalité saisonnière, est apparue alors la neige sur les sapins. Automatiquement, nous avons vu apparaitre sous nos tropiques, une reproduction crue de cette réalité. Une nouvelle race de sapins apparait dans le décor de Noël sous nos tropiques où la chaleur fait son effet.

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Des sapins virtuellement enneigés dans un pays tropical chaud, et où la température oscille entre 30 et 50 degrés. Il est vrai que la période de Noël correspond à un temps où il fait beaucoup frais à certains endroits de notre pays ; mais cela ne justifie pas l’acte qui consiste à représenter l’hiver en pleine sécheresse dans un pays qui a pour compagnon fidèle, le soleil en cette période de l’année. D’ailleurs, quels climats de notre pays peuvent aller avec un sapin enneigé ? En Europe, nous avons affaire à l’hiver, à la neige et à tous les autres éléments qui embellissent cette célébration.

Les premiers esclaves de l’aliénation et leurs actions néfastes

Cette aliénation a été importée en premier par les nantis qui se payaient le luxe des voyages à l’extérieur et qui ont été les premiers à entrer en contact avec le monde occidental et sa culture. A leur retour d’Europe, ils n’ont pas tardé à reproduire ce pan de la culture occidentale qui bat en brèche depuis lors, notre propre culture.

Le relais institutionnel de l’aliénation : nos dirigeants

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Nos dirigeants ont accompagné la chute brusque de notre culture au lieu de constituer un bouclier.

Ils organisent officiellement et publiquement, en complicité avec les médias, des arbres de Noël dans toutes les artères de nos villes avec l’argent du contribuable pour approfondir son aliénation. Aujourd’hui, on peut voir dans le hall de tous les ministères ivoiriens, de géants sapins couverts de neige et ornés de toutes les décorations qui nous conduisent tout droit dans les villes occidentales.

Le relais médiatique de l’aliénation.

La force des médias aujourd’hui et son influence détruisent la mentalité des gens. Les médias sont une sorte de matraque utilisée pour amener psychologiquement l’homme à accepter tout. Toutes les publicités autour de la fête de Noël ont une visée marketing. Ces publicités ont une influence négative sur toutes les prévisions de fin d’année et l’économie des parents. Pendant qu’ils vantent les méritent de cette célébration, dans le but d’écouler leurs produits, les poches maigrissent.

Notre liberté s’est atrophiée car les médias ont réussi à imposer des choix en présentant et en vantant, dans un one man show, les mérites et prouesses de jeux de plus en plus variés pour le bonheur des Occidentaux et leurs descendants.

Aujourd’hui, l’individu se retrouve seul face à la pieuvre de la mondialisation qui lui ouvre toutes les possibilités sur les écrans. Les structures familiales, nationales ou religieuses qui sont des matrices où s’élaborent les orientations, éclatent dans ce gigantesque hypermarché. Ces médias appliquent un marketing agressif et disproportionnel pour fouetter la mentalité des populations et leur faire accepter un produit made in Europe, for Europe : films importés pour vanter les mérites d’une fête religieuse du point de vue occidentale, débats et émissions autour de la chose avec tout l’habillage que cela suppose.

Les commerçants et les parents : une affaire de business

Viennent ajouter leur grain de sel, les commerçants et les parents. Les premiers cités, les commerçants, ayant trouvé un créneau pour engranger de l’argent et renflouer leurs comptes, ceux-ci ne se rendent pas compte qu’ils sont en pleine aliénation culturelle : podium, caravanes, etc. Les parents qui subissent une pression du monde extérieur et se croient obligés de dépenser inutilement leur argent dans cette aliénation semblent aussi ne pas se rendre compte qu’ils sont devenus d’éternels aliénés.

Décembre est devenu pour chaque foyer, le mois par excellence de notre aliénation car les ornements qu’offrent les parents à leurs progénitures comportent ces signes qui nous sont imposés outre atlantique.

La démocratie et le libéralisme : le paradoxe de la liberté

Nos démocraties sont basées sur la liberté de choix. Le citoyen opte pour telle politique ou pour telle manière de vivre. Mais, cette liberté et ce choix sont imposés à la base. L’ultralibéralisme a multiplié les micros choix au point de noyer les véritables enjeux de nos sociétés. Du coup, nous sommes sommés de choisir entre différents types de cadeaux de plus en plus chers, mais fabriqués pour ne pas résister au temps. Nous sommes sommés au point d’en être assommés. Cette démocratie et ce libéralisme ont tué l’authentique liberté en parasitant nos esprits et en imposant leurs lois dans un contexte où l’Ivoirien est perturbé par un environnement truffé de confusions.

L’illusion de la liberté et le dépérissement culturel : l’âne de Buridan

Au Moyen-Âge, la célèbre histoire de l’âne attribuée à Jean Buridan soulignait le paradoxe du libre-arbitre : placé devant un seau d’eau et une ration d’avoine, l’âne finit par dépérir, faute d’être capable de se déterminer. Certes, nous ne sommes pas encore des ânes mais notre système et notre complicité qui ont fait exploser les possibilités de choix ne nous poussent-t-ils pas à ressembler au spécimen de Buridan ? Sans repères précis, l’esprit encombré de choix que nous peinons à hiérarchiser, nous risquons bel et bien de mourir de soif dans un désert de non-sens. La liberté perd alors toute signification. Sans être canalisée, elle s’écoule dans toutes les directions et finit par s’assécher.

CONCLUSION

Au total, nous avons tous contribué à mettre en place les conditions de notre aliénation culturelle, détruisant au passage notre belle et authentique culture pour la perte de notre propre repère et celui de nos progénitures. Nous sous sommes progressivement abandonnés au complexe d’infériorité. Et pour masquer notre état, nous avons décidé volontairement de nous occidentaliser et d’agir avec dédain envers notre culture, jadis modèle. Si le Réveillons ne nous réveille pas, par quel autre moyen sortirons-nous de notre profond sommeil ?

Par Mienrassou

 

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