AFRICA SPORTS D’ABIDJAN: AUTOPSIE D’UNE DESCENTE AUX ENFERS

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À l’origine, l’équipe s’appelait le CSB (Club Sportif Bété). Pour supprimer la discrimination ethnique et régionale au sein du club qui commençait à avoir des fans de tous bords, Séry Mogador, Pierre Gokou et autres décident de changer le nom du club. C’est en cela que le 27 Avril 1947, le Club Sportif Bété devient officiellement l’Africa Sports.

La première personne qui me vantait les mérites de l’Africa Sports était un Baoulé qui maîtrisait parfaitement l’histoire du club. J’étais devenu un fan des «Vert et Rouge» alors que dans ma famille, la majorité supportait les «Jaune et Noir». Dans les années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, des joueurs de classe mondiale ont revêtu la tunique «OYÉ». Serges Maguy, Thompson Oliah, Rashidi Yekini, Arsène Obou, Guédé Gba, Alain Gouaméné, Gabriel Okoloshi, Amani Yao ont fait chaviré de grands navires africains.

Comme chef d’orchestre, un grand homme. Un ancien journaliste sportif qui a parcouru de grands stades. Il a une passion: le football. Il a une obsession: l’Africa Sports d’Abidjan. Simplice Zinsou ne lésinait pas sur les moyens pour porter l’Africa Sports dans les hautes sphères du football africain. Ahmed Ouattara témoigne: «Ma vie a changé le jour où mon chemin a croisé celui de Simplice Zinsou». Plusieurs footballeurs ne diront pas le contraire.

Au milieu des années 1990, une rébellion éclate au sein du club. Il y avait de la grogne de part et d’autre. Des sympathisants et des dirigeants commencent à contester la gestion du président Zinsou. Le seul péché de ZS était de vouloir appliquer une gestion comme celui de grands clubs. Il est la cible de critiques et injures venant du comité féminin (les Amazones). Le président finit par abdiquer. À sa suite, Doré Lassina fera un travail remarquable avec un double titre en 1999 (Championnat et Coupe des vainqueurs de Coupes). Excédé par des querelles internes, il jettera l’éponge après quelques années avant de déclarer en 2019: «J’ai fait de la place à ceux qui juraient pouvoir faire mieux que moi ou le président Zinsou. Aujourd’hui, je constate malheureusement que le club est à la traîne…».

L’après Doré et Zinsou est laborieux. L’Africa est devenu un club quelconque. Un club amateur est mieux organisé que l’Africa Sports. Avec cette gestion approximative, il est impossible d’attirer des partenaires. La dernière sortie d’un ex-joueur donne froid dans le dos: «Certains joueurs sont payés à 50 000 F ou 80 000 F CFA. J’ai le plus gros salaire de l’équipe: 300 000 F CFA». Aucune équipe ne peut produire des résultats satisfaisants avec de tels salaires. Ajouté à la gestion financière désastreuse, il faut faire un malheureux constat. La fibre ethnique et régionale a eu raison de l’équipe, or Séry Mogador et ses amis avaient changé le nom du club pour éviter le joug tribaliste.

Peut-on sauver l’Africa Sports d’Abidjan? Oui! À condition de laisser l’équipe à du sang neuf. On ne doit pas avoir honte de regarder chez le voisin. À l’Asec Mimosas, c’est la stabilité et le professionnalisme, avec à sa tête, Maître Roger Ouégnin. Depuis 1989, la joie qu’il procure aux actionnaires est intense. Le club «OYÉ» n’appartient pas un groupe ethnique. Il faut bannir l’exclusion dénoncée par l’ex-président Doré Lassina. L’Africa Sports d’Abidjan est à reconstruire!

Par Denco KOFFI

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